Affichage des articles dont le libellé est Aveugle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Aveugle. Afficher tous les articles

lundi 21 septembre 2026

Je suis aveugle, pas en examen permanent !

Cet été, je suis parti trois semaines en croisière entre la Corse et l’île d’Elbe, à bord de Pegasus, un superbe ketch d’environ 11 mètres et 9 tonnes. Trois semaines de bateau, de navigation, de ports, de mouillages, de manœuvres et, heureusement, de vent. Mais aussi trois semaines pendant lesquelles j’ai parfois eu une drôle d’impression : celle de passer un examen auquel je ne me souvenais absolument pas m’être inscrit. Autonomie : peut mieux faire. Sport : insuffisant. Téléphone : beaucoup trop. Activités : pas assez intéressantes. Demandes d’aide : trop nombreuses. Mobilité à bord : moins bonne qu’avant. Bon sang de bonsoir ! À quel moment m’avait-on distribué le règlement de l’examen ? Alors oui, cet article va probablement secouer quelques plumes. Certaines risquent même de tomber en route. C’est parfaitement assumé. Parce qu’à un moment donné, il faut aussi appeler un chat un chat. Commençons par ce qui est vrai Je pourrais faire davantage de sport. Voilà, c’est dit. Je passe beaucoup de temps assis. Je suis beaucoup devant mon ordinateur ou sur mon téléphone. Je travaille également moins que je le souhaiterais dans mon cabinet de massothérapie. Je ne vais donc pas prétendre ici être un athlète qui s’entraîne quinze heures par semaine. Je fais tout de même une heure de sport par semaine avec une coach. Six mois me coûtent environ 2 500 francs. Ce n’est pas rien. On pourra toujours me répondre que marcher ne coûte rien. C’est vrai. Sauf qu’il faut aussi aimer ça. Marcher pendant des heures pour marcher pendant des heures, personnellement, je trouve rapidement cela répétitif. D’autres adorent ça et tant mieux pour eux. Moi, mes passions sont ailleurs. Et puis il y a une chose qui commence sérieusement à me courir sur le haricot : reconnaître que je pourrais améliorer quelque chose ne signifie pas que tout ce que je fais actuellement est mauvais. « Tu es moins mobile à bord qu’avant » Celle-là m’a fait mal. Pas physiquement. Moralement. Parce que je ne l’avais absolument pas ressenti. À bord de Pegasus, je me déplaçais comme je l’ai toujours fait : tranquillement. Pegasus n’est pas un voilier moderne aux formes relativement plates. C’est un vieux ketch aux formes plus rondes. Et lorsque l’on ne voit pas où l’on pose les pieds, prendre son temps à bord n’est pas nécessairement un signe de manque d’autonomie. C’est parfois simplement une excellente façon d’éviter de se casser la figure. Je préfère mettre quelques secondes supplémentaires pour savoir où je suis, trouver mon appui et faire correctement ce que j’ai à faire plutôt que courir sur le pont pour prouver que l’aveugle est dynamique. Mon autonomie ne consiste pas à faire les choses à la même vitesse qu’une personne voyante. Elle consiste à les faire à ma manière, correctement et en sécurité. Et puis, lorsque ça naviguait vraiment, je n’étais pas exactement installé dans un fauteuil à attendre l’arrivée. Il fallait wincher ? Je winchais. Il fallait participer aux manœuvres ? Je participais. Et faire avancer 11 mètres et 9 tonnes de bateau quand il y a du vent, ce n’est pas précisément une séance de méditation. Heureusement d’ailleurs que Pegasus n’était pas un ketch à hunier. S’il avait encore fallu m’envoyer dans la mâture pour établir les voiles, j’aurais peut-être définitivement raté l’épreuve de mobilité ! Oui, j’ai galéré à la barre Je ne vais pas non plus raconter que tout était parfait. J’ai eu beaucoup de mal à tenir un cap avec Pegasus. Je lofais trop, puis j’abattais trop, puis je corrigeais à nouveau. Impossible de trouver quelque chose de suffisamment stable. Pourquoi ? Je n’en sais rien avec certitude. J’ai une hypothèse. Le génois actuel est immense alors que l’artimon me paraît relativement petit. Je me demande donc si l’équilibre du plan de voilure n’a pas changé. D’autant que j’avais déjà barré ce même bateau, autrefois équipé de son ancien génois, et que j’en gardais le souvenir d’un bateau agréable à barrer. Mais une hypothèse reste une hypothèse. Peut-être le bateau était-il mal réglé. Peut-être les conditions jouaient-elles. Peut-être étais-je moins bon à la barre cette fois-ci. Peut-être était-ce un mélange de tout cela. Je n’ai aucun problème à dire : j’ai galéré. Ce qui me dérange davantage, c’est lorsqu’une difficulté particulière devient la preuve d’un problème général. J’ai du mal à tenir le cap aujourd’hui, donc je serais moins autonome qu’avant ? Minute, papillon. Entre observer une difficulté et expliquer toute une personne à partir de cette difficulté, il y a quand même quelques milles nautiques. Puis vint la marche… Ah, celle-là ! Nous étions sur l’île d’Elbe, entre Marciana Marina et Marciana. Nous sommes partis avant 9 heures. Nous étions le 11 juillet. Et il faisait déjà, comme diraient nos amis québécois, ben chaud en tabarnak ! La promenade ? Quatre heures. Et quand je dis promenade, je suis gentil. Par endroits, ce n’était même plus vraiment un sentier. C’était du pierrier. J’étais guidé en tenant le sac de la personne devant moi. Dans la caillasse, sans voir précisément où va tomber le prochain pied, avec des pierres qui roulent sous les chaussures, il y avait des moments où j’avais l’impression de faire un pas en avant et huit en arrière. Mes New Balance sont de très bonnes baskets. Dans un pierrier, c’était une autre histoire. Pendant que derrière ça avançait comme une petite chèvre, moi, j’en ai chié. Voilà. Pas « rencontré quelques difficultés ». Pas « ressenti une légère fatigue ». J’en ai chié. Quatre heures sous le chalumeau, dans les cailloux, avec des chaussures pas vraiment prévues pour ça. Et je l’ai faite, cette foutue marche. Je ne demande pas une médaille. Je ne demande pas qu’on dise : « Regardez l’exploit extraordinaire de cet aveugle qui a marché pendant quatre heures ! » Surtout pas. Mais entre me remettre la médaille du mérite et me répondre en substance, lorsque j’arrive avec des cloques : « Tu t’en remettras, arrête de te plaindre », il existe peut-être un petit espace intermédiaire. Un truc tout bête. Reconnaître que, oui, j’en ai bavé. Ce jour-là, c’était en plus l’anniversaire de mon père et le réseau téléphonique était tellement mauvais que je n’arrivais même pas à l’appeler. Journée parfaite. Et derrière, entendre encore que je ne fais pas suffisamment de sport… Oui. Peut-être. Mais faut pas pousser mémère dans les orties non plus ! Demander de l’aide, c’est manquer d’autonomie ? Autre chose qui m’a été reprochée : je demanderais trop d’aide. Alors celle-là mérite qu’on s’y arrête. Pour moi, être autonome ne signifie absolument pas tout faire seul envers et contre tout. Être autonome, c’est savoir se débrouiller. Et savoir demander de l’aide en fait partie. Si je cherche quelque chose que je ne vois pas et qu’une personne à côté de moi peut me dire en dix secondes où ça se trouve, dois-je vraiment passer trois quarts d’heure à chercher pour obtenir mon brevet officiel d’aveugle autonome ? Si je demande qu’on me montre une fois comment quelque chose fonctionne afin de pouvoir ensuite le faire moi-même, est-ce un manque d’autonomie ? Je ne crois pas. L’autonomie, ce n’est pas refuser toute aide. C’est aussi savoir quelle information demander, à quel moment, puis continuer seul. Sinon, on finit par créer une injonction assez formidable : « Sois plus autonome, participe davantage… mais ne demande surtout pas trop d’aide pour pouvoir le faire. » Faudrait savoir ! Et mon téléphone, maintenant Oui, je suis beaucoup sur mon téléphone. Encore une fois : coupable ! Sauf que mon téléphone n’est pas seulement un rectangle sur lequel je fais défiler des âneries pour tuer le temps. Pour une personne aveugle, le numérique est aussi une formidable porte ouverte sur le monde. Je communique. Je lis. Je m’informe. J’écris. Je travaille sur mon blog. Je prépare des articles. Je cherche des informations. Je reste en contact avec des gens. Et oui, parfois je me divertis. Quelle horreur ! Le téléphone est un outil comme un autre. On peut en abuser, bien sûr. Moi le premier. Mais voir quelqu’un assis avec un téléphone dans la main ne permet pas de savoir ce qu’il est en train de faire, et encore moins de résumer sa vie. « Tes activités radio ne sont pas très intéressantes » Celle-là aussi, elle m’est restée en travers. Parce que la radio, j’aime ça. CB, PMR446, communications avec les Amis du Lac… J’écoute, j’échange, je prends des informations, je les entre parfois dans mon ordinateur. Vu de l’extérieur, oui, je peux être assis pendant un moment avec une radio à côté de moi. Et alors ? Un pêcheur peut rester des heures devant son bouchon. Quelqu’un peut passer l’après-midi avec un livre. Un autre va courir vingt kilomètres. Moi, je peux écouter une fréquence en attendant qu’une station se manifeste. Ce n’est peut-être pas intéressant pour vous. Mais c’est intéressant pour moi. Et il y a une énorme différence entre : « La radio ne m’intéresse pas » et : « Tes activités radio ne sont pas très intéressantes. » La première phrase parle de vos goûts. La deuxième juge les miens. D’ailleurs, lors d’un appel VHF avec un port, je me suis retrouvé à écouter attentivement l’échange. Je ne l’aurais pas conduit de la même manière. J’aurais probablement parlé plus lentement, cherché davantage la concision et confirmé clairement une information importante du genre : « Reçu pour place Lima 12, Pegasus. » Est-ce que cela fait de moi le grand maître universel de la VHF marine ? Certainement pas. Je peux moi-même me tromper sur une procédure. Mais des années à pratiquer différentes formes de radio donnent quelques habitudes : écouter, attendre, transmettre une information courte et compréhensible, vérifier ce que l’on a reçu. Je n’irais pas expliquer à une professeure de mathématiques comment enseigner les équations. Alors peut-être peut-on également accepter que derrière mon petit poste radio et mon ordinateur se trouve une activité que je connais et que j’apprécie. Même si elle se pratique assis. Et puis il y avait la vie quotidienne Au début, faire la vaisselle, aucun problème. Deux fois par jour s’il le faut. Je participe à la vie du bord comme les autres. Mais lorsque cela commence à devenir un peu trop systématiquement mon activité, jarnibleu ! Je ne suis quand même pas parti trois semaines en croisière pour décrocher mon certificat professionnel de lave-vaisselle maritime. Même chose avec la nourriture. Pendant trois semaines, j’ai mangé très différemment de mes habitudes. Beaucoup de végétal, du quinoa, des salades de tomates coupées en tout petits dés qui, à mon goût, n’avaient franchement pas inventé la poudre. Très bien. D’autres adorent cette alimentation. Moi, arrivé dans la baie de Cannes avec des bateaux partout autour, j’avais envie d’un burger, d’une entrecôte, d’une glace, d’un cocktail et de trucs qui me faisaient simplement plaisir. Et je ne vois pas pourquoi je devrais m’en excuser. Même histoire avec le soleil. J’avais envie de m’installer un peu au soleil et je demandais simplement un coup de main pour mettre de la crème dans le dos. Réponse : mets plutôt un T-shirt. Parce qu’il y aurait trop de cochonneries dans la crème. Peut-être. Mais j’ai 36 ans. Je peux aussi décider si j’ai envie de mettre de la crème solaire et de profiter un moment du soleil. Conseillez-moi. Expliquez-moi. Mais laissez-moi décider. Même mon T-shirt ! À l’île d’Elbe, je m’achète un T-shirt sur un marché. Il me plaît. J’ai envie de le mettre. Réaction : surtout pas ! Il faudrait d’abord le laver parce qu’il peut contenir toutes sortes de résidus. Et probablement que laver un vêtement neuf avant de le porter est une excellente habitude. Mais arrivé à ce stade de la croisière, j’avoue avoir intérieurement levé les yeux au ciel. Ma mère ne m’a jamais systématiquement lavé chaque T-shirt avant sa première sortie. À l’heure où j’écris ces lignes, j’ai l’immense plaisir de vous annoncer que j’ai survécu. Encore une fois, ce n’est pas le T-shirt. Ce n’est jamais le T-shirt. C’est l’accumulation. Le sport. La mobilité. L’autonomie. Le téléphone. La radio. La nourriture. Le soleil. La manière de demander de l’aide. Et maintenant le T-shirt. Au bout d’un moment : bon sang de bonsoir, laissez-moi respirer ! Quand plus rien ne semble être assez bien C’est probablement ça qui m’a le plus atteint pendant ces trois semaines. Cette impression que ce que je faisais n’était jamais vraiment suffisant. Je participais aux manœuvres. Pas assez mobile. Je faisais la vaisselle. Mais je n’étais pas assez autonome. Je fais du sport une fois par semaine. Pas assez. Je pratique la radio. Pas assez intéressant. Je tiens un blog auquel je consacre énormément de temps. Ce n’est pas un travail rémunéré. Je passe du temps sur mon téléphone. Trop. À force, oui, j’ai fini par davantage me mettre en retrait, notamment vers l’île d’Elbe. Parce que j’étais fatigué. Et parce qu’au bout d’un moment, lorsqu’on a l’impression que ce que l’on fait sera de toute manière insuffisant, une petite voix commence à dire : « Eh bien démerdez-vous. » Ce n’est probablement pas la meilleure réaction. Mais c’est humain. Mon travail aussi est un choix Je travaille comme massothérapeute indépendant. Pas autant que je le voudrais. Je ne vais pas raconter le contraire. Dans une ville comme Pully où l’offre en massothérapie est importante, développer une clientèle n’est pas une promenade de santé. Mais j’ai choisi cette activité. J’ai choisi aussi une certaine liberté. Peut-être qu’avec un autre métier, un patron, des horaires fixes et cinq semaines de vacances annuelles, je travaillerais davantage. Peut-être aussi que je n’aurais jamais pu partir trois semaines sur Pegasus. Les choix ont des avantages et des inconvénients. Ils ne sont pas forcément ceux que ferait quelqu’un d’autre. Et c’est très bien ainsi. Heureusement, il y avait le vent Parce qu’il ne faudrait pas non plus transformer cette croisière en trois semaines d’enfer. Ce serait faux. J’ai aimé naviguer. Et finalement, c’est peut-être pendant les navigations que j’étais le mieux. Quand le vent rentrait, il n’y avait plus grand-chose à discuter. Il fallait faire. Alors je faisais. Je winchais. Je participais aux manœuvres. Je sentais le bateau travailler. Et pendant ce temps-là, je ne pensais ni à mon autonomie, ni à mon téléphone, ni au nombre d’heures de sport que j’aurais dû faire pendant la semaine. J’étais simplement un équipier sur un voilier. Et c’était très bien comme ça. Nos choix sont différents Voilà probablement tout ce que j’aurais aimé faire comprendre. Nos choix sont différents. Je ne prétends pas que les miens sont parfaits. Je devrais probablement bouger davantage. Je pourrais certainement passer moins de temps assis. Je pourrais probablement lâcher quelquefois mon téléphone. Je peux améliorer des choses. Comme tout le monde. Mais ce n’est pas parce que ma vie ne correspond pas à la vôtre qu’elle est mal remplie. Ce n’est pas parce qu’une activité ne vous intéresse pas qu’elle est sans intérêt. Ce n’est pas parce que je demande de l’aide que je manque d’autonomie. Ce n’est pas parce que je prends mon temps pour me déplacer sur un bateau que je suis moins capable. Et ce n’est pas parce que j’en chie pendant quatre heures dans un pierrier sous une chaleur de plomb que toute ma condition physique et mon autonomie peuvent être résumées en une phrase. Je ne demande pas qu’on me trouve formidable. Je ne demande pas une médaille parce que je navigue, parce que je skie, parce que je tiens un blog, parce que je fais de la radio ou parce que j’ai terminé une randonnée difficile. Je demande quelque chose de beaucoup plus simple. Ne transformez pas chaque différence en défaut à corriger. Vous pouvez me conseiller. Vous pouvez me dire lorsque vous pensez que je me trompe. Vous pouvez même me dire des choses que je n’ai pas envie d’entendre. Mais parlez-moi. À moi. Et acceptez aussi qu’après vous avoir écouté, je puisse répondre : « Merci. Mais je vais faire autrement. » Parce que l’autonomie, finalement, c’est peut-être aussi ça. Pouvoir demander de l’aide lorsqu’on en a besoin. Pouvoir écouter un conseil sans être obligé de le suivre. Pouvoir choisir ses activités, même lorsqu’elles se pratiquent assis. Pouvoir manger une entrecôte quand on en a ras le bol du quinoa. Et pouvoir mener une vie qui ne ressemble pas forcément à celle que quelqu’un d’autre aurait choisie pour nous. Je suis aveugle. Pas en examen permanent. Et, bon sang de bonsoir, j’aimerais bien qu’on arrête parfois de confondre les deux. Aveugle mais capable !

vendredi 28 août 2026

Une photo vaut mille mots… sauf quand on ne la voit pas !

Salut à toutes et à tous ! Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un sujet qui paraît banal : les photos. Nous en croisons partout. Sur Facebook, sur les sites Internet, dans nos messageries, sur nos smartphones, dans les articles, sur les réseaux sociaux… Pour quelqu’un qui voit, il suffit généralement de regarder. Pour moi, forcément, ça se passe autrement. Je suis complètement aveugle. Une photo, je ne la vois donc pas. Pourtant, cela ne veut pas dire que je ne peux pas savoir ce qu’elle représente, la comprendre, choisir une photo parmi plusieurs ou même décider laquelle je souhaite publier. Les outils ont énormément évolué et, aujourd’hui, les descriptions automatiques rendent déjà de sacrés services. Mais il reste aussi quelques situations où l’on se dit : « Ah merde… Facebook n’a pas pu décrire l’image ! » Et là, tout devient tout de suite beaucoup moins intéressant. Une description, même courte, change déjà beaucoup de choses Lorsque je parcours Facebook ou que je rencontre une image ailleurs, je n’ai pas nécessairement besoin qu’on me fasse immédiatement une description de vingt lignes. Souvent, quelques informations suffisent pour commencer. Les descriptions proposées par Facebook ou par Apple font d’ailleurs assez bien le travail dans beaucoup de situations. Elles restent parfois sommaires, certes, mais elles me permettent au moins de savoir ce que représente globalement l’image. Et bien souvent, c’est suffisant. Si je parcours rapidement des publications, je n’ai pas forcément envie que VoiceOver me lise pendant trois minutes la position de chaque personne, la couleur de chaque vêtement, ce qu’il y a au premier plan, au deuxième plan, à l’arrière-plan et la perspective de la photo. Parfois, je veux simplement savoir ce qu’il y a dessus et continuer. En revanche, si la photo m’intéresse particulièrement, là, je peux avoir envie d’aller beaucoup plus loin. Et c’est là que d’autres outils entrent en jeu. Quand j’ai envie d’en savoir davantage J’utilise notamment des applications comme Be My Eyes, Seeing AI ou ScribeMe, qui peuvent fournir des descriptions beaucoup plus détaillées. Elles peuvent aller plus loin dans l’analyse d’une scène, parler des différents éléments présents sur l’image, de leur disposition, parfois de la perspective et de nombreux autres détails. Il m’arrive même de vouloir comparer les descriptions données par plusieurs outils. Pourquoi ? Tout simplement parce que chacun peut mettre l’accent sur des éléments différents. En croisant les informations, je peux obtenir une représentation encore plus précise de ce que contient l’image. À ma connaissance, je n’ai pas encore rencontré de cas où deux outils m’auraient donné des descriptions complètement contradictoires. Cela arrivera peut-être un jour. Aucun système n’est infaillible. Mais ce que je trouve surtout intéressant, c’est que la technologie permettant de décrire correctement une image existe déjà. Et c’est là que j’aimerais voir les grands acteurs du numérique aller encore plus loin. Pourquoi devrais-je forcément avoir plusieurs applications sur mon smartphone simplement pour pouvoir demander : « Bon, qu’est-ce qu’il y a vraiment sur cette photo ? » Une description courte d’abord, les détails si je les veux À mon sens, le système idéal serait finalement assez simple. Lorsqu’une image apparaît, mon lecteur d’écran pourrait commencer par me donner une description courte. Si elle me suffit, parfait. Je continue. Si l’image m’intéresse, je pourrais demander une description beaucoup plus détaillée. Parce que l’accessibilité, ce n’est pas forcément recevoir systématiquement le maximum d’informations possible. C’est aussi pouvoir choisir les informations dont on a besoin au moment où on en a besoin. Et selon la situation, mes besoins ne sont pas les mêmes. Si je parcours rapidement Facebook, je veux peut-être simplement identifier la photo. Si je prends le temps de m’y intéresser, alors oui, racontez-moi davantage. « L’image contient peut-être du texte » Et puis il y a les grands moments. Vous tombez sur une image et votre lecteur d’écran vous annonce quelque chose du genre : « L’image contient peut-être du texte. » Merci les gars ! Mais lequel ? Savoir qu’il y a peut-être du texte quelque part sur l’image me fait une belle jambe si c’est justement ce texte que je cherche à connaître. Même chose avec certaines captures d’écran. Si l’on m’annonce : « Image représentant une capture d’écran d’un smartphone. » Bon… Soyons francs : je m’en fiche un peu. Ce que je voudrais savoir, c’est ce qu’il y a sur cette fichue capture d’écran. Est-ce une conversation ? Une publication ? Un message d’erreur ? Un réglage ? Une application ? Et surtout : qu’est-ce qui est écrit ? Une description peut donc être techniquement correcte tout en étant pratiquement inutile. Et ça, c’est une différence importante. Et les affiches photographiées de guingois… Alors là, on entre parfois dans une autre dimension. Une affiche contenant beaucoup de texte peut déjà être compliquée à analyser automatiquement. Mais prenez maintenant cette même affiche, photographiez-la de travers, avec du texte tout petit, éventuellement un élément qui en masque une partie, une mauvaise perspective ou d’autres joyeusetés… Et bonne chance ! Les outils de reconnaissance peuvent faire des choses impressionnantes, mais ils ne font pas de miracles à chaque fois. Et moi, contrairement à quelqu’un qui voit, je ne peux pas simplement regarder l’image, zoomer sur le petit texte dans un coin et remettre mentalement l’affiche dans le bon sens. Alors il existe une solution extrêmement compliquée, nécessitant probablement plusieurs ingénieurs, quelques millions de francs et quinze années de recherche. Non, je plaisante. Écrivez simplement les informations importantes dans le texte de la publication. Vous voulez mettre votre jolie affiche ? Mettez-la ! Je ne demande certainement pas aux gens d’arrêter de publier des images. Mais s’il s’agit d’un événement, ajoutez par exemple dans le texte : la date, l’heure, le lieu, le prix, le moyen de s’inscrire et les informations essentielles. L’affiche reste là pour ceux qui veulent la regarder, et moi, je peux accéder directement aux renseignements importants. Tout le monde y gagne. Faut-il alors décrire absolument toutes les photos ? Pour moi, non. Ou, plus exactement : ça dépend. Les descriptions automatiques font déjà correctement le travail dans beaucoup de situations. Si elles me permettent de savoir suffisamment précisément ce que représente une photo, je n’ai pas nécessairement besoin que son auteur écrive lui-même un roman pour la décrire. En revanche, certaines images méritent davantage d’explications. Parce que l’auteur sait quelque chose qu’une intelligence artificielle ne connaît pas forcément : pourquoi il a choisi cette photo et ce qu’il veut montrer avec elle. Une description humaine peut alors apporter le contexte qui manque. Je ne demande donc pas qu’on me raconte chaque pixel. Je demande simplement d’avoir accès à l’image et à ce qui est important dedans. Parfois quelques mots suffisent. Parfois la description automatique suffit. Et parfois, il faut aller plus loin. Mais comment est-ce que je choisis mes propres photos ? Voilà une question que certaines personnes pourraient se poser. Si je ne vois pas les photos, comment puis-je savoir laquelle je vais publier ? En réalité, c’est assez simple. Je sais quelles sont mes photos les plus récentes. J’ai leur date. Les descriptions automatiques m’indiquent ce qu’elles représentent. En combinant ces informations, je peux généralement savoir exactement quelle photo j’ai devant moi. Et si j’en ai plusieurs qui se ressemblent ? Je demande simplement davantage de détails à une application de description. C’est aussi simple que ça. Je peux comparer les informations données pour différentes images et décider ensuite laquelle je veux utiliser. Et il y a là une distinction qui me paraît importante. Je ne demande pas : « Je suis aveugle, choisissez une photo à ma place. » Je demande : « Donnez-moi suffisamment d’informations sur ces photos pour que je puisse choisir moi-même. » Ce n’est vraiment pas la même chose. Bien sûr, je peux aussi demander l’avis de quelqu’un si j’en ai envie. Mais une personne voyante peut elle aussi montrer deux photos à quelqu’un et demander : « Tu préfères laquelle ? » Ce n’est pas une question de cécité. C’est simplement demander un avis. L’accessibilité ne consiste pas à décider à ma place Et finalement, c’est peut-être là que se trouve le fond de tout ça. Je ne verrai pas davantage la photo parce qu’elle est accessible. Je suis aveugle, et ça ne va pas changer parce qu’un smartphone est capable de me décrire une image. En revanche, l’information contenue dans cette image peut devenir accessible. Et une fois que j’ai cette information, je peux décider ce que je veux en faire. Lire. Comprendre. Comparer. Choisir. Partager. Publier. Ou décider que cette photo ne m’intéresse absolument pas et passer à la suivante. L’accessibilité ne consiste pas forcément à faire les choses à la place d’une personne. Elle consiste à lui donner les moyens de les faire elle-même. Les descriptions automatiques ont déjà énormément progressé. Les outils spécialisés montrent jusqu’où il est possible d’aller. Il reste maintenant à intégrer davantage ces possibilités directement dans les systèmes et les services que nous utilisons tous les jours. Cela éviterait notamment de devoir multiplier les applications simplement pour obtenir une information qui pourrait être accessible dès le départ. Alors oui, continuez à publier vos photos. Continuez à partager vos souvenirs, vos affiches, vos captures d’écran, vos bateaux, vos chevaux, vos paysages et tout ce que vous voulez. Mais de temps en temps, pensez simplement à celui qui tombe dessus avec VoiceOver ou JAWS et qui entend : « L’image contient peut-être du texte. » Parce qu’à ce moment-là, il risque fort de répondre : « C’est formidable… mais lequel ? » Et s’il dispose enfin de l’information nécessaire ? Eh bien, laissez-le faire le reste. Aveugle mais capable !

mardi 20 janvier 2026

Le braille : une écriture essentielle qu’il ne faut pas laisser disparaître

🟢 Introduction Salut à tous, Aujourd’hui, j’aimerais vous parler du braille. On en parle de moins en moins, et pourtant il est en voie de disparition. Et c’est vraiment dommage, parce qu’il permet énormément de choses et qu’il reste fondamental pour beaucoup de personnes aveugles ou très malvoyantes. Mais d’abord, c’est quoi exactement le braille ? 🔵 C’est quoi le braille ? Le braille est une écriture en relief qui permet aux personnes aveugles et très malvoyantes de lire et d’écrire avec le toucher. On ne le lit pas avec les yeux, mais avec le bout des doigts. Chaque caractère est formé de petits points en relief, disposés de façon précise. Cette écriture a été inventée par Louis Braille. Il est né en 1809 et est devenu aveugle très jeune, à la suite d’un accident. À seulement 12 ans, il met au point un système inspiré d’un code militaire utilisé pour lire dans le noir sans lumière. Ce système, au départ, utilisait 12 points, mais il l’a simplifié pour créer le braille tel qu’on le connaît aujourd’hui. 🟣 Comment fonctionne le braille ? Le braille classique est basé sur une cellule de 6 points, répartis en deux colonnes de trois points : • colonne de gauche : points 1, 2, 3 • colonne de droite : points 4, 5, 6 En combinant ces six points, on peut créer toutes les lettres, les chiffres, les signes de ponctuation, et même des notations musicales, mathématiques ou scientifiques. 🟠 Comment écrivait-on le braille avant ? Au départ, on utilisait une tablette et un poinçon. On prenait une feuille de papier très épais, et on perçait les points avec le poinçon. Les caractères se formaient en miroir : il fallait donc écrire de droite à gauche pour que, une fois la feuille retournée, le braille soit lisible de gauche à droite avec les doigts. Ensuite est arrivée la machine Perkins. C’est une machine mécanique, comme une machine à écrire pour le braille. Elle possède six touches principales, correspondant aux six points du braille. En appuyant sur une ou plusieurs touches en même temps, on forme une lettre ou un signe. 🟡 Le braille et l’informatique Avec l’informatique, on a développé le braille à 8 points. On a ajouté deux points supplémentaires : – le point 7 sous le point 3 – le point 8 sous le point 6 Cela permet plus de combinaisons : majuscules, caractères spéciaux, informatique, programmation… Le braille s’adapte ainsi aux ordinateurs, aux plages braille et aux outils numériques. 🔴 Pourquoi le braille est moins utilisé aujourd’hui ? Avec la dictée vocale, les lecteurs d’écran et les assistants vocaux, beaucoup de personnes aveugles utilisent surtout l’audio. Les raisons principales : – la facilité de la voix – le braille est long et difficile à apprendre – quand la cécité arrive tard, l’envie d’apprendre manque parfois – manque de formation et de moyens Oui, le braille est difficile. Il demande du temps, de la patience et beaucoup d’entraînement. 🟤 Pourquoi le braille reste indispensable ? Le braille permet : – de lire et écrire seul – de travailler et d’étudier – de lire les boîtes de médicaments – de se repérer dans les gares, ascenseurs, bâtiments publics – d’avoir accès à l’information sans dépendre uniquement de l’audio Dans beaucoup de pays, la présence du braille dans les lieux publics est une obligation légale. ⚪ Mon expérience Personnellement, je n’aime pas lire de longs livres en braille. Mais je l’utilise pour le quotidien : repérer des lieux, lire des indications, reconnaître des objets, comprendre sans demander. Le braille, ce n’est pas une vieille écriture inutile. C’est une clé pour l’autonomie, la liberté et la dignité. 🟩 À vous la parole ! Et vous : Utilisez-vous le braille ? Pour quoi faire ? Lire, écrire, travailler, vous repérer, autre chose ? Dites-le en commentaire, je suis vraiment curieux de vous lire.

dimanche 7 septembre 2025

🌊 Dix jours en mer sur le Pegasus avec la Barre Blanche : aventure, houle et sangria ! 🌊

Salut à tous, Aujourd’hui, je vous raconte une expérience qui restera gravée dans ma mémoire : dix jours en mer à bord du Pegasus, un superbe ketch de 11 mètres, pour un périple organisé avec la Barre Blanche. Ce fut dix jours faits de belles navigations, de houle, de galères, de fous rires… et de quelques litres de sangria ! 🍹 ⚓ Qu’est-ce qu’un ketch ? Pour ceux qui ne connaissent pas, un ketch, c’est un voilier équipé de deux mâts : le mât principal, avec la grand-voile, et un mât arrière, plus petit, qui porte une voile appelée artimon. Ce type de gréement a beaucoup de charme, mais demande de la finesse à la barre. Avec l’artimon, le bateau peut avoir tendance à "grimper aux arbres", c’est-à-dire lofer violemment (partir brusquement face au vent). Pour éviter ça, il faut corriger en permanence et en douceur, sans jamais donner de gros coups de barre. Sinon, on se retrouve à compenser tout le temps… et là, c’est l’épuisement assuré. ⚓ 🚍 Le départ… mouvementé ! Tout commence pour moi dans la précipitation. Je suis encore à La Tzoumaz avec ma famille quand je réalise que le groupe est déjà parti de Genève en bus avec la Barre Blanche. Et là je me dis : "Eh merde… qu’est-ce que j’ai foutu ! Bordel, quel con je fais !" Panique totale. Je trouve une solution en dernière minute : prendre un FlixBus pour Montpellier. Je suis seul dans le bus, ambiance plutôt calme, mais je suis tendu comme une corde, avec la peur de louper mon arrêt et de rater le départ. À la frontière, contrôle à Bardonnex : tout le monde descend pour le chien antidrogue, sauf moi qui reste dans le bus avec ma canne blanche. Franchement, une chance, parce que mon plus grand stress, c’était que le bus reparte sans moi. Arrivé à Montpellier, un jeune couple qui continuait vers Barcelone m’aide à descendre mes affaires. Et là, gros soulagement : Nicolas est là, qui m’attend déjà… mais évidemment, il en profite pour me chambrer un peu. 😅 Hop, direction Port-Camargue au Grau-du-Roi. 🍷 Premier soir à bord : apéro improvisé À notre arrivée, je découvre enfin le Pegasus, ce beau ketch de 11 m qui allait devenir notre maison flottante. Comme je suis le dernier à rejoindre l’équipage, j’hérite naturellement de la petite cabine arrière. Mais honnêtement, je m’en fiche : je suis juste heureux d’être là. Petit problème : plus de liquide vaisselle à bord. On file donc au petit Utile du port de Port-Camargue pour en acheter. Et là, je me dis que c’est le bon moment pour me faire pardonner d’être arrivé en décalé : j’en profite pour prendre deux bouteilles de rosé, une Petit Gris et une Merlot. 🍷🍷 Le soir, apéro avec ces deux bouteilles, repas convivial, rires et bonne humeur. On dort à quai cette première nuit, prêts pour le grand départ du lendemain matin. Ambiance : excellente ! 🌬️ Jour 1 – Cap sur Gruissan Le lendemain, c’est parti ! Mais pas un souffle de vent : seulement 2 nœuds, impossible de faire avancer un ketch de 11 mètres et 9 tonnes. On hisse quand même grand-voile et artimon, juste pour l’honneur, mais c’est le moteur et le pilote automatique qui font tout le boulot. À bord, ambiance détendue et tranquille, tout le monde discute et prend ses marques. Après 8 heures de navigation, on arrive à Gruissan, où l’accueil du port est au top. Petit repas simple à bord (on avait déjà englouti des pâtes au pesto pendant la traversée), puis sortie pour boire une bière et manger une glace. Une première étape parfaite pour se mettre dans le bain. 🍺🍦 🌊 Jour 2 – Gruissan → Port-Vendres Cette fois, le vent se lève et la houle aussi. Le Pegasus avance sous grand-voile et artimon, mais ça secoue sévère. Le seau devient le meilleur ami de l’équipage pour ceux qui ont le mal de mer… 🤢 Encore 8 heures de nav, mais dans des conditions bien plus sportives. À l’arrivée, complètement cuits, on s’attache à une bouée derrière Port-Vendres pour la nuit. Et là, cauchemar : ça bouge encore de partout. Les sacs valdinguent, les coffres claquent, impossible de fermer l’œil. Une nuit d’horreur ! 😵‍💫 🌧️ Jour 3 – Fuite vers Puerto La Selva Le lendemain, tentative de s’arrêter à Banyuls, mais impossible : ponton flottant impraticable. Pas le choix, on continue la route. Et comme si ce n’était pas assez, la pluie s’invite à la fête. 🌧️ Tout le monde sort ses coupe-vent et serre les dents. Enfin, on atteint Puerto La Selva, premier port après la frontière espagnole. Enorme soulagement ! On peut enfin se poser, se sécher, et surtout savourer sangria et tapas avant une bonne nuit réparatrice. 🍹🍴 🥶 Jour 4 – Mouillage près de Cadaqués Direction un mouillage à une demi-heure à pied de Cadaqués. Sur le papier, c’était idyllique… sauf que la météo a encore décidé de nous jouer des tours. Pendant la marche, alternance de grosses averses et de moments secs. 🌧️☀️ Visite rapide de Cadaqués sous la bruine, puis refuge bien mérité dans un bar : sangria blanche, tapas, olives. Parfait pour oublier la météo capricieuse. 🍹🫒 Retour de nuit au bateau avec ma lampe frontale pour se diriger. Petit point sécurité : on n’avait pas mis le feu de mouillage (pas bien !). Heureusement, aucun souci cette fois, et on passe une excellente nuit. ☀️ Jour 5 – Enfin le soleil : cap sur L’Escala Réveil, petit-déj, puis départ direction L’Escala. Et là, miracle : grand soleil et vent parfait ! 🌞 On navigue sous génois et artimon, et c’est moi qui barre pendant un long moment. Putain, quel plaisir ! Le Pegasus file, je sens chaque réaction sous mes mains… un moment magique. Petit oubli : personne n’a pensé à la crème solaire. Résultat : "Et merde pour ma pomme !" 😖 Visage cramé, surtout le nez et les joues. Arrivés au mouillage, on part en ville pour manger un morceau et… sangria obligatoire pour fêter ça. 🍹 🌬️ Jour 6 – Tramontane en approche ! Après deux jours tranquilles à L’Escala, on voit que la tramontane va se lever. Décision stratégique : se planquer dans la baie de Roses pour éviter le gros coup de vent en pleine mer. Bien nous en a pris ! Le vent arrive brutalement, et il faut enrouler le génois en urgence, grosse frayeur : on a failli l’abîmer. 😬 Ensuite, navigation toutes voiles dehors, mais avec des ris dans la grand-voile et l’artimon. Malgré ça, le bateau grimpe aux arbres et demande une barre ultra-fine pour rester maîtrisé. Un moment d’adrénaline pure. 🥾 Jour 7 – Rando costaude à Roses On reste une journée entière dans la baie pour souffler et profiter. Au programme : une randonnée bien couillue, pas une balade pépère ! Toute l’après-midi y passe, et on revient crevés mais ravis au bateau. ⛵ Jour 8 – Retour en France, 100 % voile Le lendemain, départ purement à la voile, pas une goutte de fuel, pas un bruit de moteur. Le rêve pour tout marin. 🌊 Le Pegasus glisse en silence, navigation paisible et parfaite. On termine la journée par un mouillage derrière Port-Vendres, dans 3,50 m d’eau, stable et calme. Une vraie bonne nuit reposante. 🚿 Jour 9 – Gruissan, la douche bénie Nouvelle escale à Gruissan. Moment mythique : la douche ! 🚿 Après tant de jours de sel et de fatigue, sentir l’eau chaude couler… "Ah non de dieu, qu’est-ce que ça fait du bien !" Puis repas en ville, bière fraîche, et dodo pour attaquer le dernier jour. ⚓ Jour 10 – Retour à Port-Camargue Départ à 8h15 pour la dernière étape. Huit heures de navigation, alternant moteur, pilote automatique et voile selon le vent. À l’arrivée à Port-Camargue, il est 21h passées. On est cuits, vidés, mais heureux. 😌 🚍 Le retour en Suisse Le lendemain matin, petit-déj, puis grand nettoyage du bateau. Ça prend du temps, mais ça fait partie du rituel. Puis repas final avec une bière avant de reprendre le bus pour la Suisse. Petit arrêt en route pour acheter quelques produits locaux. On m’offre même un melon, que j’offrirai plus tard à mes amis venus me chercher à Meyrin. 🍈 On termine par un repas ensemble, puis retour à Pully, où mes amis m’aident à ouvrir et ranger mes sacs. Fin officielle de ce périple incroyable. ⚓ Bilan Dix jours de navigation, c’est : du soleil et de la pluie, du calme plat et des coups de vent, des rires, des galères, des bières et des litres de sangria. 🍹 Naviguer sur un ketch, c’est exigeant. L’artimon demande une barre fine pour éviter de "grimper aux arbres". Mais c’est aussi une expérience unique qui rapproche de la mer et de soi-même. 💬 À vous la parole ! Et vous, avez-vous déjà navigué sur un ketch ou vécu une aventure en mer qui vous a marqué ? Racontez-moi vos expériences en commentaire, posez vos questions, et partagez vos impressions : la discussion est ouverte ! ⚓ Une seule certitude : je repartirai dès que possible ! 🌊❤️

mercredi 30 avril 2025

Bon vent, Daniel : hommage à mon guide et ami

Bonjour à toutes et à tous, En cette veille particulière de l'Assemblée Générale du GRSA, j’avais envie, peut-être même besoin, de prendre le temps d’écrire quelques mots sincères et chaleureux à propos d’une personne très importante pour moi, qui a beaucoup compté dans mon parcours personnel, sportif, mais surtout humain. Une personne qui a laissé une trace indélébile dans ma vie, comme dans celle de nombreux autres membres du GRSA et du Centre Pédagogique pour élèves Handicapés de la Vue (CPHV). Cette personne, c’est mon ami Daniel Huguelet. Aujourd'hui, à travers ces lignes et quelques souvenirs précieux, j’aimerais lui rendre hommage. Une rencontre déterminante Je me souviens parfaitement de notre première rencontre. C’était il y a de nombreuses années déjà, lors d’un camp de ski organisé par le CPHV. Je devais avoir 8 ans à peine, et Daniel, lui, venait tout juste de finir sa formation de guide. C’était en 1991, il y a 33 ans exactement, quand il a décidé de devenir guide pour skieurs aveugles et malvoyants. Autant dire une vie consacrée aux autres. À l’époque, j’étais tout petit, inexpérimenté, mais Daniel m’avait déjà marqué par sa bienveillance naturelle, son sourire toujours présent, et cette incroyable manière de rassurer avec une simple phrase, un geste précis. C’était déjà lui, ce guide enthousiaste et cet ami chaleureux qu’il allait devenir par la suite. Des journées mémorables avec la section OJ du GRSA Les années ont passé, et mon amitié avec Daniel s’est renforcée, nourrie par ces nombreuses journées passées sur les skis. Avec la section jeunesse (OJ) du GRSA, nous avons partagé tant de moments mémorables, tellement de descentes joyeuses où se mêlaient défis sportifs, fou rires, et la joie simple d’être ensemble, entourés de cette beauté majestueuse que seule la montagne sait offrir. Je revois encore Daniel devant moi sur les pistes, avec cette énergie communicative, son aisance exceptionnelle et son fameux rire que l’on reconnaissait à des kilomètres. Oui, je n’exagère pas : au sommet des pistes, au fond des vallées ou même autour du bar après une bonne journée de ski, il suffisait d'entendre son rire si unique pour savoir que Daniel était là, à proximité, toujours prêt à mettre une ambiance joyeuse. Daniel, ce bon vivant au grand cœur Daniel, c’était aussi cet éternel retardataire lors des repas du soir, celui qui débarquait toujours à la dernière minute, encore en tenue de ski, parfois même avec les chaussures encore chaussées, une anecdote à raconter sur les lèvres, et une humeur radieuse qui balayait immédiatement toute réprimande ou remarque ironique. Mais surtout, Daniel c’était un bon vivant, un homme qui savait apprécier chaque instant. Il profitait des plaisirs simples, comme une bonne bière partagée après une journée sportive, une histoire drôle qui détend tout le monde ou simplement ces conversations chaleureuses et pleines d’humanité qui font du bien à l’âme. Présent dans les moments difficiles Je n’oublierai jamais ce jour où ma mère s’était blessée au genou. Un coup dur pour notre famille, car elle ne pouvait plus m’accompagner sur les pistes comme à l’accoutumée. Qui avait immédiatement proposé de venir skier avec moi, sans même hésiter un instant ? Daniel, évidemment. Il était là, simplement, naturellement, sans en faire trop, mais toujours présent quand on avait besoin de lui. C’était lui tout entier : discret dans ses attentions, mais d’une générosité immense et spontanée. Nous avions ainsi pu profiter ensemble des pistes de La Tzoumaz, un lieu devenu symbolique de notre complicité et de notre amitié, où tant de beaux souvenirs sont nés et resteront gravés à jamais. L’impensable annoncé : ce jour où tout a basculé Et puis, il y a un an environ, la nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre, terrible et inattendue : Daniel était malade, atteint d’un cancer de l’œsophage. L’incompréhension a fait place à l’inquiétude, puis à la tristesse profonde devant cette réalité si injuste. On a tous eu du mal à y croire. Daniel, notre ami plein de vie, l’homme fort, joyeux, qui semblait invincible, affrontait soudain un combat d’une tout autre nature. Ce fut une épreuve douloureuse à accepter pour lui, sa famille, mais aussi pour nous tous, amis et membres du GRSA, tant Daniel faisait partie intégrante de notre groupe, de nos vies. Le dernier départ vers les pistes éternelles En novembre dernier, Daniel nous quittait pour rejoindre ce que j’aime imaginer comme le paradis des guides et skieurs aveugles et malvoyants. Un lieu où les descentes sont toujours parfaites, où le vent est toujours favorable et où, certainement, les éclats de rire résonnent éternellement. Son départ m’a profondément affecté. Daniel était toujours le premier à m’appeler le jour de mon anniversaire. Un rituel rassurant, attendu chaque année avec impatience et bonheur. Un simple appel, un SMS, souvent le premier de la journée, comme un signe qu’il était là, présent, fidèle à lui-même, généreux et attentif jusqu’au bout. Cette année, pour la première fois, le silence de son absence a été pesant, étrange, presque irréel. Ce fut douloureux de ne pas entendre sa voix joyeuse dès le matin, mais au fond de moi, j’ai entendu son rire résonner, rassurant et chaleureux, comme s’il voulait me dire : « Tout ira bien, je suis là autrement. » Une vidéo pour te dire combien tu comptes encore, Daniel Aujourd’hui, à la veille de cette Assemblée Générale importante pour nous tous au GRSA, j’ai eu envie de partager avec vous quelque chose de précieux : une courte vidéo de 42 secondes. C’est peu, bien sûr, mais ces secondes capturent parfaitement ce qu’était notre complicité sur les skis, cette joie simple et pure que Daniel m’a si souvent transmise. Dans cette petite vidéo, on voit Daniel dans son élément, guidant comme il savait si bien le faire, avec douceur, assurance, et cette bonne humeur inimitable. C’est un instantané de bonheur simple qui lui ressemble tellement, qui résume tout ce qu’il était : un guide exceptionnel, un ami sincère, un homme formidable. « Cassure, je lâche, droite et libre ! » Daniel aura guidé jusqu’au bout, jusqu’à ce que son corps ne le permette plus, avec courage, dignité et cette passion intacte qui l’animait depuis toujours. Il aura laissé dans nos cœurs et nos mémoires ces mots si familiers qui rythmaient chacune de nos descentes : « Cassure, je lâche, droite et libre ! » Ces mots simples et pourtant chargés de sens et d’émotion, résonnent aujourd’hui comme une promesse : celle de continuer à skier, de continuer à vivre pleinement, joyeusement, comme il l’aurait souhaité, comme il nous l’a appris tout au long de sa vie. Le GRSA, un lien fort et unique En partageant ces souvenirs aujourd’hui, je pense évidemment à vous tous, membres du GRSA, à celles et ceux qui ont connu Daniel, mais aussi à celles et ceux qui n’ont pas eu cette chance. Car au-delà de l’hommage à Daniel, je réalise combien notre groupe est une véritable famille, unie dans les joies, les victoires, mais aussi dans les moments difficiles comme celui-ci. Je vous remercie d’être là, de partager ces souvenirs avec moi, en attendant demain, samedi, jour de notre Assemblée Générale. Ce sera l’occasion de nous retrouver, de parler de Daniel, de sourire ensemble en évoquant ses anecdotes, ses retards légendaires, son rire contagieux, et cette énergie inépuisable qu’il savait si bien transmettre autour de lui. Bon vent, mon ami ! Je terminerai cet hommage en m’adressant directement à toi, Daniel : Tu nous manques, tu me manques. Ton rire résonnera toujours dans nos montagnes, tes histoires nous accompagneront encore longtemps autour du bar après les journées de ski, et ton souvenir restera profondément vivant, bien ancré dans nos cœurs. Bon vent, mon ami, et merci infiniment pour tout ce que tu nous as donné.
« Cassure, je lâche, droite et libre ! »

dimanche 9 mars 2025

Présentation du PNI Escort HP 82 : Un Talkie-Walkie CB Compact et Performant

Salut à tous, Aujourd’hui, je vous propose une présentation du PNI Escort HP 82, un poste CB portable que j’utilise depuis un certain temps déjà. Dans la vidéo que j’ai réalisée, je vous fais découvrir cet appareil en détail et vous permet d’entendre la qualité sonore qu’il offre. Ayant eu l’occasion de l’essayer dans différentes situations, voici mon retour complet sur ses caractéristiques et ses performances. 1. Présentation générale du PNI Escort HP 82 Le PNI Escort HP 82 est un poste CB portable fonctionnant en mode AM/FM et couvrant les 40 canaux de la bande des 27 MHz. Conçu pour être compact, il est idéal pour une utilisation mobile, notamment en voiture, en randonnée ou pour toute activité nécessitant une communication simple et efficace. Caractéristiques principales Mode AM/FM : Adapté aux différentes réglementations et préférences d’utilisation. Bande de fréquence : 26.965 à 27.405 MHz. Puissance de transmission : 4W, soit la puissance maximale autorisée en Europe. Alimentation : Fonctionne sur batterie rechargeable en 12V ou via un adaptateur secteur. Antenne détachable : Compatible avec des antennes externes pour une meilleure portée. Écran LCD rétroéclairé : Affichage clair des informations essentielles (canal, mode, batterie, etc.). Squelch automatique (ASQ) et manuel : Pour une meilleure réduction des bruits parasites. Rodger Beep : Confirmation sonore de fin de transmission, très utile pour les utilisateurs aveugles et malvoyants. VOX (Activation vocale) : Permet une communication mains libres, pratique en voiture ou en déplacement. Ce poste CB se distingue par sa simplicité, son efficacité et sa polyvalence, ce qui en fait un bon choix pour les débutants, les utilisateurs occasionnels ainsi que les personnes aveugles, grâce aux fonctionnalités sonores bien pensées. 2. Déballage et premières impressions Je n’ai pas déballé le poste dans cette présentation, car je l’avais reçu il y a un moment et déjà testé à plusieurs reprises. Toutefois, voici un rappel du contenu de la boîte : Le poste CB PNI Escort HP 82 Une antenne détachable Un chargeur secteur et allume-cigare Une batterie rechargeable intégrée Un clip ceinture et une dragonne Un manuel d'utilisation Design et ergonomie Le design est compact et bien pensé, avec une prise en main agréable. Contrairement à certains modèles de la gamme PNI, ce CB est particulièrement léger et pratique à transporter. Un point très appréciable : les touches sont larges et bien identifiables, ce qui rend leur utilisation intuitive, même dans des conditions de faible luminosité ou pour des utilisateurs aveugles qui pourront facilement reconnaître les commandes au toucher. L’écran LCD est rétroéclairé et lisible, affichant clairement les informations essentielles. L’antenne détachable est également un atout majeur, permettant d’améliorer la portée en la remplaçant par une antenne plus performante si besoin. Le Rodger Beep, un signal sonore confirmant la fin de transmission, est une fonctionnalité précieuse pour les utilisateurs aveugles, car il leur permet de savoir quand leur message a bien été transmis sans avoir à surveiller un écran. 3. Performances et tests sur le terrain Après plusieurs semaines d’utilisation, voici mon retour d’expérience. Qualité audio et réception Le volume est puissant et permet une écoute confortable. Le squelch automatique n’est cependant pas assez sensible, ce qui peut laisser passer des bruits parasites. Heureusement, il possède aussi un squelch manuel, bien plus efficace pour ajuster le niveau de filtrage selon les besoins. En mode AM, le son est parfois un peu plus brouillé qu’en FM, mais reste utilisable. Portée et conditions d’utilisation J’ai pu tester la portée dans différentes situations : En terrain dégagé (campagne, mer, montagne), la portée atteint 5 à 7 km. En ville, avec des obstacles, elle est réduite à 1 à 3 km. Avec une antenne externe, la portée peut être significativement améliorée. En raison de sa puissance limitée à 4W, conforme aux réglementations européennes, ce poste ne rivalisera pas avec un modèle fixe et une grande antenne, mais il remplit très bien son rôle pour un usage mobile. Autonomie et alimentation L'autonomie est un point positif : En utilisation normale, on peut atteindre jusqu'à 8 heures d’autonomie. La recharge est facile et rapide via USB ou allume-cigare. Il peut également fonctionner en 12V, ce qui est un atout pour une utilisation prolongée en véhicule. 4. Avantages et inconvénients ✅ Les points forts ✔️ Compact et léger : Idéal pour une utilisation mobile. ✔️ Bonne qualité sonore avec squelch manuel. ✔️ Mode AM/FM pour plus de flexibilité. ✔️ Antenne détachable : possibilité d’optimiser la portée. ✔️ Bonne autonomie et recharge facile. ✔️ Touches larges et bien identifiables, parfait pour les utilisateurs aveugles. ✔️ Rodger Beep pratique, confirmant la transmission pour ceux qui ne peuvent pas voir l’écran. ✔️ Simple d’utilisation : parfait pour débutants et utilisateurs occasionnels. ❌ Les points faibles ❌ Squelch automatique peu efficace (mais compensé par le squelch manuel). ❌ Portée limitée en milieu urbain (comme tous les CB portables). ❌ Son en AM parfois moins clair qu’en FM. 5. Mon avis final : Pour qui est fait ce poste CB ? Le PNI Escort HP 82 est un excellent choix pour ceux qui recherchent un CB portable simple, pratique et performant. Il conviendra parfaitement à : ✔️ Ceux qui veulent un poste CB compact et nomade. ✔️ Les chauffeurs routiers, les camping-caristes et les voyageurs qui ont besoin d’un CB d’appoint en déplacement. ✔️ Les amateurs de randonnée, d’expéditions ou de 4x4 souhaitant un moyen de communication fiable. ✔️ Les utilisateurs occasionnels, cherchant un appareil facile à utiliser sans prise de tête. ✔️ Les utilisateurs aveugles, grâce aux touches bien identifiables et au Rodger Beep. Conclusion En résumé, le PNI Escort HP 82 est un poste CB portable efficace et simple d’utilisation. Ses fonctionnalités adaptées aux utilisateurs occasionnels et aveugles, notamment le Rodger Beep et les touches bien conçues, en font un modèle très accessible. Après plusieurs semaines d’utilisation, je peux confirmer que ce poste est fiable et pratique au quotidien. Si vous souhaitez en savoir plus, regardez ma vidéo de présentation où je vous fais une démo audio du HP 82 en action. 📡 73’s à tous et à bientôt pour une nouvelle présentation de matériel radio ! 🎙️

jeudi 31 octobre 2024

L'Histoire de Mon Tandem Électrique: Une Nouvelle Liberté

Bonjour à tous, Avant tout, pour celles et ceux qui découvrent ce blog, je tiens à préciser que je suis complètement aveugle. D'ailleurs, je le mentionne dans la petite description en haut de mes pages. Comme promis, voici l'histoire du tandem électrique dont j'ai brièvement parlé dans mon précédent post. Depuis tout petit, j'ai toujours voulu faire du vélo. J'avais récupéré celui de ma sœur, qui était rose et vert turquoise. J'avais les petites roues d'appui pendant très longtemps. Mais quand est venu le moment de les enlever, c'est là que tout s'est corsé : je n'avais pas assez d'équilibre ! J'ai dû me rendre à l'évidence : jamais je n'arriverais à faire du vélo sans les petites roues. Plus tard, on a acheté un vélo avec un demi-vélo qu'on accrochait derrière. Encore une fois, ce système avait ses limites, surtout en raison de ma taille. Puis est venu l'heure de mon premier tandem, qui lui n'était pas électrique. J'en ai fait quelques fois, mais on avait toujours peur car il vibrait très fort lors des descentes. Voyant mes sœurs et mon beau-frère partir en vélo, j'étais frustré de ne pas pouvoir les rejoindre. J'ai donc décidé que pour mes 30 ans, je m'achèterais un tandem avec assistance électrique. Le choix a été vite fait car une seule marque en propose : Moustache. Voyant le prix de la machine en Suisse, on a décidé, avec mon beau-frère préféré, de regarder s'il était moins cher en Allemagne. Et il s'est avéré que oui ! Toni a contacté son père qui a demandé au magasin de nous le réserver. C'est tout naturellement que nous sommes partis en bus en Allemagne pour aller chercher ce magnifique tandem électrique. Il faut préciser que c'était encore en période COVID, donc nous avions les masques ! C'était un super week-end où nous avons bien mangé et bu, car nous avions été invités à l'anniversaire de son oncle. Connaissant ma sœur, je me suis dit qu'il y aurait une proposition cool et je ne m'étais pas trompé ! On voulait rentrer à Pully depuis Lörrach mais c'était un peu long. Finalement, nous sommes partis depuis Rossens dans le canton de Fribourg, 56 km ! C'était vraiment cool ! Voilà pour l'histoire de ce tandem. J'espère que cela vous a plu. À bientôt pour de nouvelles aventures ! N'hésitez pas à partager vos propres expériences avec des vélos ou tandems électriques dans les commentaires. Je suis toujours curieux de lire vos histoires et astuces ! J’espère que cet article vous a plu. Si vous avez des questions ou des suggestions, laissez un commentaire ou contactez-moi directement. À la prochaine !

jeudi 17 octobre 2024

Mon voyage en Bretagne Sud avec La Barre Blanche : Rêves et Réalités en Mer

Bonjour à tous ! Aujourd'hui, je vous emmène avec moi sur les vagues de la Bretagne Sud, où j'ai réalisé deux de mes grands rêves : naviguer en mer et découvrir la Bretagne. Comme vous le savez peut-être, je suis aveugle, mais cela ne m'empêche pas de vivre pleinement mes passions, notamment celle de la navigation. Je fais partie de l'association La Barre Blanche, basée à Meyrin, dans le canton de Genève, qui permet à des personnes aveugles de naviguer, et pas seulement sur le lac Léman. Ce voyage dont je vais vous parler est une première pour nous : 10 jours de navigation en mer au départ de Lorient. À noter que toutes nos navigations se sont faites de jour, sans aucune navigation de nuit. Départ vers l'aventure Nous sommes partis à mi-juillet dans un minibus de Meyrin, direction Lorient, pour environ 10 heures de route. Le voyage a commencé très tôt, vers 6 heures du matin. Nous étions huit à bord, dont trois personnes aveugles. Pendant le trajet, nous avons échangé des recettes à tester à bord, comme un duo de courgettes et d'aubergines cuites en salade avec une vinaigrette maison. En arrivant à Lorient, l'excitation montait : déchargement des affaires, installation à bord du Zingaro, un magnifique voilier de 44 pieds. Après quelques courses pour le repas du soir (des galettes, bien sûr !), nous avons passé notre première nuit à quai. Première navigation vers l'île de Groix Après un petit déjeuner gourmand avec des viennoiseries, nous avons fait le marché de Lorient pour nous ravitailler en fruits et légumes. Je vous l'avoue, à bord, nos repas étaient exclusivement végétariens. Vers 14h, nous avons enfin quitté le port. Je peux vous dire que la sortie de Lorient est assez longue ! Après une bonne demi-heure, nous avons hissé la grand-voile et déroulé partiellement le génois. Le vent était bien présent, alors nous avons pris deux ris pour éviter de trop gîter. Nous avons navigué à pleine vitesse pendant trois ou quatre heures avant de mouiller devant la plage des Sables Rouges, sur l'île de Groix. Le coucher de soleil était tout simplement sublime ! Après un repas tranquille, une tisane pour la digestion, et quelques jeux et musique, nous avons passé notre première nuit au mouillage. Au réveil, après le petit déjeuner, nous avons pris l'annexe pour visiter l'île. Même si l'eau était froide, c'était une belle expérience. De retour à bord, un repas s’imposait avant un après-midi de repos, entre sieste, lecture, et écoute de musique. Cap sur Houat, à 12 nœuds, toutes voiles dehors ! Deux jours plus tard, nous avons levé l'ancre pour l'île de Houat, avec moi à la barre. Le vent était en notre faveur, et nous avons filé à 12 nœuds pendant deux bonnes heures, toutes voiles dehors ! Une sensation incroyable, même après plus de 15 ans d'expérience en voile. Après cette session intense, nous avons mouillé devant Houat pour un après-midi de détente. Une visite de l’île s’est imposée, puis le soir, nous avons dégusté un bon repas en écoutant de la musique. Belle-Île-en-Mer et la traversée magique Notre prochain objectif : Belle-Île-en-Mer. La traversée était splendide, même si nous avons dû attendre près de 50 minutes avant de pouvoir entrer dans le port du Palais. Nous avons passé la soirée à découvrir l’ambiance festive du port avant de prendre un verre bien mérité. Le lendemain, nous avions réservé dans un restaurant pour le déjeuner, mais qu'est-ce qu'il a plu ce jour-là ! Nous avons passé la journée à visiter l’île, sous la pluie malheureusement, avant de retourner à bord pour un dîner tout simple. Une mer agitée vers Hoedic En quittant Belle-Île pour l'île de Hoedic, les choses se sont vraiment corsées pour moi. J'ai découvert ce que signifie avoir le véritable mal de mer, celui qui vous met à l'épreuve. J'étais littéralement plié en deux, vomissant tripes et boyaux à chaque vague, devenant très ami avec le saut de cockpit. Je me sentais misérable, isolé malgré la présence de l’équipage autour de moi. Heureusement, un Coca, une demi-bière et un cookie m'ont permis de reprendre le dessus. Une fois à Hoedic, une petite balade sur l'île et un rayon de soleil ont fait des miracles pour me redonner des forces. Fin de l’aventure : la Trinité et Quiberon Nous avons ensuite mis le cap sur La Trinité-sur-Mer, où je me suis fait plaisir avec quelques souvenirs, notamment un pull marin traditionnel. Là-bas, un repas de fruits de mer, avec deux douzaines d'huîtres, a clos cette belle escale. Le lendemain, nous avons visité les alignements de Carnac, impressionnants avec leurs mystérieux menhirs. Puis, nous avons navigué jusqu’à Quiberon pour une nuit au mouillage. Retour à Lorient et en Suisse Notre dernière escale avant le retour fut l’île de Groix. Sous une pluie battante, j’ai malheureusement eu mon deuxième mal de mer, un moment difficile, mais cela fait partie de l’aventure. Finalement, nous sommes retournés à Lorient, où nous avons pris notre dernier repas à bord en naviguant avant de rejoindre la base nautique pour un dernier dîner au port. Le lendemain matin, très tôt, nous avons pris la route pour la Suisse, après ce merveilleux voyage de 10 jours en mer. Ce voyage m'a permis de réaliser deux rêves : naviguer en mer et découvrir la Bretagne. Je tiens à remercier particulièrement Nicolas et Nadia pour cette expérience incroyable, où j'ai appris tellement de choses. Je peux vous
assurer que la navigation en mer est bien plus intense que sur le lac Léman !

lundi 30 septembre 2024

Mon Équipement Radio pour le Ski : Pratique et Efficace

Bonjour à tous, En complément à la petite vidéo que je vous ai partagée récemment, je voulais aujourd'hui vous parler plus en détail du dispositif radio que j'utilise pour mes sessions de ski. Inspiré des radios souvent utilisées pour la moto, cet équipement m'aide énormément à rester en contact avec mon guide tout en me permettant de profiter pleinement de la montagne. Dans cet article, je vais vous expliquer de quoi il se compose, comment je l’utilise, et pourquoi il me facilite la vie sur les pistes. Mon Équipement : De Quoi Est-il Composé ? Voici les éléments principaux de mon dispositif radio : - Une radio portable de type moto** : Cette radio est idéale pour une utilisation extérieure, particulièrement en montagne. Elle est robuste, compacte, et résiste aux conditions climatiques difficiles (froid, neige, vent). Son autonomie est d'environ 8 heures, ce qui est largement suffisant pour une journée entière de ski. - Un casque avec un micro-écouteur** : Pour des raisons de sécurité, je n’utilise qu’un seul écouteur afin de rester attentif à mon environnement. Le micro, quant à lui, me permet de parler à mon guide sans avoir à crier, même lorsque le vent souffle fort ou lorsque les installations sont bruyantes. - Une rallonge jack** : La radio est rangée dans la poche poitrine de ma veste. Un trou spécialement conçu pour ce genre d’accessoire permet de faire passer le câble jack. Le micro-écouteur est fixé à l’intérieur de mon casque grâce à un patch velcro, le tout connecté à la rallonge. Pourquoi Cet Équipement M’aide Tant en Ski ? Cet équipement est particulièrement adapté à mes besoins pour plusieurs raisons : - **Sécurité et écoute** : En n’utilisant qu’un seul écouteur, je reste parfaitement à l’écoute de ce qui se passe autour de moi sur les pistes. C’est primordial, que ce soit pour entendre les autres skieurs ou pour rester conscient des bruits ambiants, comme ceux du télésiège ou des remontées mécaniques. - Communication fluide** : L’un des grands avantages de ce dispositif est que je peux parler à mon guide sans avoir à hurler. Le micro capte ma voix de manière claire et me permet aussi de confirmer que j’ai bien compris ses indications. Cela rend la communication beaucoup plus fluide et confortable, notamment lors des descentes ou sur des portions plus techniques. - Confort pendant les montées** : Lorsqu'il s'agit de prendre un téléski, en particulier les vieux modèles à perches, le dispositif devient encore plus pratique. Mon guide peut me décrire les virages ou donner des indications précises sur le trajet, sans que nous soyons dérangés par les bruits du moteur du téléski. Le micro filtre également les bruits désagréables comme le vent ou les installations mécaniques, ce qui rend l’écoute beaucoup plus agréable. - Praticité** : Le système est simple à utiliser et à installer. J’ai même ajouté un patch velcro dans mon casque pour fixer facilement le micro-écouteur. La rallonge jack permet une connexion stable avec la radio dans ma poche, rendant l’ensemble discret et confortable. Un Petit Mot sur l'Autonomie Mon équipement radio a une autonomie d’environ 8 heures, ce qui est largement suffisant pour une journée complète de ski. Cela me permet de rester connecté tout au long de la journée, sans avoir à me soucier de la batterie. Que ce soit pour les longues descentes ou les montées en télésiège, je sais que je peux compter sur mon dispositif pour me fournir une communication claire et continue. Conclusion Ce dispositif radio a totalement transformé mon expérience du ski. Il m'offre une communication fiable, une sécurité renforcée, et un grand confort d’utilisation. Si vous êtes amateur de ski et que vous cherchez une solution pour rester en contact facilement avec vos partenaires ou votre guide, je vous recommande vivement ce type d’équipement. Si vous avez des questions ou souhaitez en savoir plus sur mon matériel, n’hésitez pas à laisser un commentaire. À très bientôt pour de nouvelles aventures sur les pistes, toujours connecté !

ORIF : formez-moi, mais laissez-moi vivre !

Il y a des formations dont on ressort avec un diplôme. Il y en a d’autres dont on ressort avec un diplôme, quelques bons souvenirs, quelque...