Les aveugles n'ont accès à rien, pas sur !
Je m'appelle Maximilien et je suis aveugle de naissance. Ma cécité ne m'empêche pas de vivre pleinement mes passions. Je suis massothérapeute et j'adore le sport : ski alpin, voile, marche, vélo en tandem. Je suis aussi passionné par la radio (CB, PMR 446) et la musique, avec des goûts variés allant du blues au rock'n'roll en passant par la chanson française. À travers ce blog, je partage mes aventures et mes découvertes.
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vendredi 8 mai 2026
⚓ Le langage secret des bateaux
mardi 14 avril 2026
👉 Aveugle… et pourtant : ce que les gens ne comprennent toujours pas
Salut à tous, Il y a quelques mois, j’ai écrit un article pour parler de cécité, casser certains clichés et partager mon vécu. 👉 Si vous ne l’avez pas lu (ou si vous voulez le relire), c’est ici : https://blindpower.blogspot.com/2025/09/reves-cecite-et-idees-recues-ma-vision.html Aujourd’hui, j’ai envie d’aller plus loin. Parce que même quand on explique… même quand on casse des idées reçues… 👉 il reste encore beaucoup de choses que les gens ne comprennent pas. Et cette fois, j’ai envie de vous parler plus concrètement, plus directement… et peut-être aussi de vous faire réfléchir. 💬 N’hésitez pas à réagir en commentaire : vos retours comptent vraiment. ________________________________ ❗ Les clichés… même après les avoir cassés On pourrait croire qu’en expliquant, en montrant, en vivant normalement… les clichés disparaissent. 👉 En réalité, non. Les plus tenaces restent : “c’est dangereux pour toi” “tu peux pas faire ça” “il faut t’aider tout le temps” Alors oui, la cécité met des limites. 👉 Mais ce sont des limites qu’on peut contourner, adapter, franchir. Avec du temps, de l’apprentissage… et parfois de l’aide. ________________________________ 👀 Le regard des gens… même si je ne le vois pas Je ne vois pas. Mais ça ne veut pas dire que je ne ressens pas. Il y a des moments très simples où on comprend que les gens ne savent pas comment se comporter. Par exemple, quand je faisais mes papiers d’identité, on a demandé à ma mère si je pouvais signer. 👉 Alors que j’étais juste là. Et là, tu te dis : “J’ai des oreilles… vous pouvez me parler directement.” Ce n’est pas méchant. Mais ça montre une chose : 👉 on pense à ta place. ________________________________ 🏔️📻 Ce que les gens n’arrivent pas à imaginer Quand je dis que je : skie fais de la voile utilise la radio travaille utilise un iPhone 👉 les réactions sont souvent les mêmes : “ah bon ?” “mais comment tu fais ?” “c’est pas possible…” Et même quand j’explique… 👉 beaucoup n’arrivent pas à imaginer. Parce qu’ils pensent que sans la vue… rien n’est possible. Alors que si. 👉 C’est juste différent. ________________________________ 🎛️ L’adaptation invisible Un autre truc que les gens ne comprennent pas : 👉 ce n’est pas toujours visible. Par exemple en radio : pas de braille sur mes appareils pas de matériel “spécial” je travaille avec les boutons, les sons, la mémoire 👉 Et pourtant, ça fonctionne. Parce que l’adaptation n’est pas toujours dans l’objet. 👉 Elle est dans la manière de faire. ________________________________ 🚶♂️ Ma vraie fierté Moi, ce qui me rend fier… Ce n’est pas un exploit. C’est simplement : 👉 aller seul au sport 👉 prendre le bus 👉 trouver mon chemin Ça peut paraître banal. Mais ça ne l’est pas. ________________________________ ⚖️ Aider… ou pas aider ? On dit souvent : 👉 “il faut toujours demander avant d’aider” Oui… mais pas seulement. Parce que la réalité est plus nuancée. Parfois, on te propose de l’aide et tu refuses. Parfois, tu acceptes. Parfois même, tu laisses faire… 👉 parce que ça te fait gagner du temps 👉 parce que ça évite une galère 👉 Il n’y a pas de règle parfaite. Le plus important, c’est : 👉 de s’adapter à la personne ________________________________ 🎨 Non, je ne vois pas noir Un autre cliché qui revient tout le temps : 👉 “tu vois noir ?” Non. Je ne vois pas noir. Je ne vois pas gris. Je ne vois pas de couleur. 👉 Je ne vois rien. Et ça, c’est très difficile à comprendre quand on voit. ________________________________ 🌍 On n’est pas tous pareils Dernier point important : 👉 il n’y a pas “les aveugles” Il y a : des parcours des moyens des réalités différentes Moi, j’ai la chance : d’avoir ma famille de faire du sport d’avoir des activités Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Et c’est important de le dire. ________________________________ 💡 Conclusion Au fond, ce que j’aimerais que les gens retiennent, c’est simple : 👉 Parlez-nous 👉 Demandez 👉 Et adaptez-vous On n’est pas des héros. On n’est pas incapables. 👉 On est juste des personnes. ________________________________ 💬 Et vous ? Qu’est-ce qui vous surprend le plus ? Qu’est-ce que vous ne compreniez pas avant ? Dites-moi en commentaire 👇
mardi 31 mars 2026
🏔️ Ski à Grimentz / Zinal : du plaisir… mais un vrai besoin de guides
Salut à tous,
Aujourd'hui, on va parler de ski… mais pas seulement.
On va parler d'un week-end à Grimentz / Zinal avec le GRSA,
👉 le Groupement Romand des Skieurs Aveugles et Malvoyants,
et plus précisément de notre week-end de clôture.
On va parler du plaisir de skier, des rencontres…
👉 et surtout d'un sujet important :
le manque de guides.
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Ce week-end, nous étions à Grimentz / Zinal avec le GRSA pour un séjour ski.
Tout a commencé vendredi matin, avec le train de 7h14. L'ambiance
était déjà là : excitation, retrouvailles, et cette envie de partager
la montagne.
Et heureusement, malgré tout, tout le monde a pu skier.
Mais derrière cette réussite, il y a une réalité qu'on ne voit pas toujours.
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🚆 Vendredi : arrivée et premiers repères
Après le trajet, nous sommes arrivés à Grimentz.
L'hôtel, situé juste en face des cabines, nous met directement dans l'ambiance.
L'organisation était déjà en place :
nous avions reçu le planning via WhatsApp.
C'est à ce moment-là que j'ai su avec qui j'allais skier.
👉 Ce vendredi, ce serait avec Mégane, aspirante guide.
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🎿 Les premières descentes : se découvrir et se régler
La première descente, c'est toujours un moment particulier.
Ce n'est pas juste skier.
C'est apprendre à se connaître avec son guide, trouver le rythme, se comprendre.
On est montés en cabine jusqu'à Bendolla, puis :
télésiège des Grands Plans
télésiège de Tsarva
Le début est assez tranquille, peu de guidage.
Mais rapidement, les choses se mettent en place :
la voix
la distance
la confiance
👉 C'est là que tout commence.
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🎯 Le déclic : quand ça fonctionne vraiment
Pour vraiment se régler, on est allés sur quelque chose de plus technique :
le téléski d'Orzival.
Le Lona étant fermé (minage), on s'est rabattus dessus.
👉 Et là… une vraie "sale bête".
Ça tire fort, et il y a un virage à droite délicat,
avec un pylône décalé.
Dans notre configuration :
moi (aveugle) devant
Mégane (malvoyante) derrière
Communication en continu avec des kits radio.
Mais sur les téléskis :
👉 le guide passe devant.
Et là, tout s'est mis en place.
Dès les premiers ordres, on a compris que ça marcherait parfaitement.
Même pour la perche, où le personnel doit aider à la prendre,
tout s'est bien passé.
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🔁 Prendre confiance… et enchaîner
On a refait Orzival plusieurs fois.
À chaque passage :
plus de fluidité
plus de confiance
plus de plaisir
👉 On commence vraiment à se lâcher.
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🍔 Pause à Bendolla
À midi, pause au self.
Un cheeseburger, un moment simple,
mais important pour échanger et souffler.
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🎿 Une fin de journée… et les accidents
On termine la journée avec une dernière descente,
dans une neige plus difficile, avec des gros tas.
Puis vient le moment de se poser… bière à la main.
Mais ce vendredi a aussi été marqué par des accidents :
Alain, guide, s'est fracturé la tête de l'humérus
une participante aveugle s'est luxé l'épaule
le coorganisateur a également été blessé
👉 Malgré tout, la gestion a été remarquable.
Professionnalisme, solidarité, efficacité.
Mais cela rappelle une chose essentielle :
on dépend énormément des guides.
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🌄 Samedi : une nouvelle énergie
Le samedi, j'ai skié avec Vanessa.
👉 Une perle.
On a commencé par récupérer les skis à Bendolla,
puis direction le Col du Pouce et le Lona (ouvert cette fois).
Une grande descente du sommet jusqu'au village.
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🏔️ Journée à Zinal
Ensuite, on bascule sur Zinal.
Toute la journée :
Corne de Sorebois
Chesso
Combe Durand
👉 On a skié fort, avec du rythme, toute la journée.
Pause pizza à l'Espace Weisshorn,
puis on repart.
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☀️ Une ambiance retrouvée
Le soir, retour au calme.
Terrasse de l'Hôtel Alpina :
vin chaud
jus de pomme chaud
discussions
👉 Un vrai moment de partage.
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🏁 Dimanche : finir en beauté
Le dimanche, ski avec mon vieil ami Christophe.
👉 Et là… grosse vitesse.
On s'est fait plaisir, presque comme en slalom.
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🚍 Le retour
Descente en car postal,
puis le train.
Retour à la réalité… doucement.
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📉 Un problème discret, mais bien réel
Aujourd'hui, le problème n'est pas un manque de motivation.
Mais notre réservoir de guides diminue :
les anciens arrêtent
certains se blessent
et la relève n'est pas suffisante
👉 Et pourtant, les besoins sont là.
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🤝 Ce qui fait la richesse du GRSA
Skier avec le GRSA, ce n'est pas juste skier.
C'est :
partager
faire confiance
vivre quelque chose de fort
👉 C'est une expérience à part.
________________________________
📣 Envie de vous engager ?
Si vous avez un bon niveau de ski,
et que vous êtes capables de skier sans regarder vos skis en permanence…
👉 vous pouvez devenir guide.
N'hésitez pas à vous renseigner sur le site du GRSA :
🌐 www.grsa.ch
________________________________
💛 Et peut-être que, lors d'un prochain week-end à Grimentz / Zinal,
ce sera vous, derrière quelqu'un, en train de lui faire vivre une
journée inoubliable.
dimanche 1 mars 2026
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Skier sans voir : comment ça se passe, et comment on fait
Aujourd'hui, on parle de ski. Oui : de ski sans voir.
Allons droit au but.
Dans ma famille, on skie depuis toujours. Même mes grands-parents
skiaient. Alors forcément, moi aussi.
Mais pour moi, ça n'a pas été simple au début. Aucune école de ski ne
voulait m'apprendre. Personne ne voulait enseigner le ski à une
personne aveugle.
Alors mes parents ont décidé de le faire eux-mêmes.
Au début, je skiais avec un harnais. J'étais relié soit à ma mère,
soit à mon père, avec des cordes, et j'avais un triski pour éviter de
croiser les lattes.
Quand on tirait à droite, je tournais à droite. Quand on tirait à
gauche, je tournais à gauche. C'est comme ça que j'ai appris à tourner
et à freiner.
Petit à petit, on a enlevé le harnais. Avec la peur que j'avais de la
vitesse, je suivais toujours l'un de mes parents qui était devant moi
et qui criait :
« gauche », « droite », « tout droit », « ralentis ».
C'étaient les ordres de base.
J'ai skié longtemps comme ça. Vers 2008, j'ai compris que skier devant
était beaucoup plus sécurisant pour moi, mais en famille je restais
toujours derrière.
Je fais partie depuis 2001 du GRSA, le Groupement Romand des Skieurs
Aveugles et Malvoyants.
Pendant le Covid, j'ai invité un copain guide à venir skier avec moi,
et il m'a fait découvrir le kit moto pour le ski. Et là, ça a tout
changé.
Maintenant, en famille, je skie devant. J'ai le kit moto pour parler
avec mon guide si besoin, et c'est vraiment super utile.
Il y a d'ailleurs un article qui en parle ici :
https://blindpower.blogspot.com/2024/09/mon-equipement-radio-pour-le-ski.html
________________________________
Une journée de ski, concrètement
Je range toujours mes affaires de ski dans les mêmes endroits, pour
les retrouver facilement.
Quand on est prêts, on monte à pied depuis le chalet jusqu'au garage
pour mettre les chaussures de ski.
Une fois assis sur le banc, je mets les pieds près du sèche-chaussures
et je cherche les miennes au toucher.
Après ça, on prend les skis, les bâtons, le casque avec le micro
(sinon c'est la galère), et on va prendre les cabines.
Dans la cabine, on allume la radio, on vérifie qu'on s'entend bien.
Une fois en haut, on chausse les skis.
On commence toujours tranquillement, puis on accélère au fil de la
journée et des pistes.
________________________________
Mon niveau
Je dirais que j'ai un excellent niveau pour un skieur aveugle, mais je
ne skie pas pour me vanter.
Je préfère les pistes engagées et plutôt larges, pour pouvoir attaquer.
Par contre, si je peux éviter le dévers, je le fais.
Je skie surtout aux 4 Vallées, dans le secteur de La Tzoumaz. Je
connais les pistes par cœur.
Parmi mes préférées, il y a celle qu'on appelait le Saxon.
Il y a le télésiège du Saxon, un grand mur, puis un premier plat.
Après, un petit mur avec un léger dévers, puis un long plat.
Ensuite ça repart avec des mouvements de terrain, et les bords sont
assez larges pour jouer avec la piste.
La prairie qui mène à un autre télésiège est aussi super sympa.
Par contre, les plats, c'est une horreur pour moi, parce qu'on
n'entend plus rien.
J'ai fait tester la radio à ma mère une fois : elle skiait devant moi,
mais ça n'allait pas.
Alors je lui ai dit :
— Passe derrière moi.
— T'es sûr ?
— Oui, essaye.
Et en bas du télésiège, elle m'a dit :
— Ah oui… c'est pas mal, c'est même mieux.
Moi, j'ai aussi un faible pour les remontées archaïques : les vieilles
assiettes Poma, les vieilles cabines, les vieux télésièges… tout ce
qui fait du bruit.
Aujourd'hui, je peux faire des choses comme le Mont Fort, mais il faut
que ce soit bon et parfaitement accessible.
Le vallon d'Arbi, je peux le faire, mais je n'aime pas du tout.
Tortin, par contre, aucun problème, je me fais plaisir dessus.
Et une autre piste que j'adore, c'est la piste de l'Ours à Veysonnaz.
________________________________
Pour conclure
Oui, il est possible de skier sans la vue.
Mais petit message aux autres skieurs :
Ne passez pas entre nous trop près.
Lundi, j'ai cru que je me tuais parce que des gens skiaient comme des
bananes, trop vite, et passaient juste devant mes skis.
Voilà pour mon message.
À vous maintenant : réagissez, posez des questions si vous en avez.
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