mardi 10 février 2026

Skier sans voir : guidage, ordres, voix… et même les remontées mécaniques

Salut à toutes et à tous, Aujourd’hui, on reparle de ski. Parce que non, je ne vous ai pas encore tout dit ! Dans un premier article 👉 https://blindpower.blogspot.com/2026/01/skier-sans-voir-comment-ca-se-passe-et.html je vous parlais des bases, de comment j’ai commencé, et de la découverte du ski quand on ne voit pas ou mal. Cette fois, on va entrer dans des choses plus techniques : le guidage, les mots, les ordres, la voix, et tout ce qu’elle peut transmettre comme informations utiles pendant une descente… et aussi parler des remontées mécaniques, parce que le ski, ce n’est clairement pas que la descente. Allez, entrons dans le vif du sujet. Skier quand on ne voit pas ou mal : le guide est indispensable Pour skier quand on ne voit pas ou mal, il faut un ou une guide. Ce n’est pas une option, c’est indispensable si on veut skier sans se mettre en danger. Le cas des personnes malvoyantes Dans le cas des personnes malvoyantes, le ou la guide est généralement devant, dans le champ de vision, plus ou moins loin selon le degré de vision. Il ou elle accompagne les virages avec des ordres simples comme : gauche droite en avant halt pour s’arrêter normalement Le mot “stop” est réservé aux situations de danger immédiat. Il arrive aussi que le guide se place à côté de la personne guidée et prenne le bâton juste sous la poignée, par exemple : sur un chemin étroit, dans un passage délicat, ou pour un schuss. Tout dépend : du degré de vision, du terrain, de la vitesse, et du niveau de la personne malvoyante. Le cas des skieurs aveugles Pour une personne aveugle, le guidage est différent. Le ou la guide se place derrière la personne guidée, et le guidage se fait entièrement à la voix. Le guide ne montre pas la piste : il accompagne, surveille la trajectoire, anticipe et corrige si nécessaire. Les ordres de base restent : gauche droite en avant halt pour demander un arrêt normal Le mot “stop” n’est utilisé qu’en cas de danger, lorsqu’un arrêt immédiat est nécessaire. Pour un skieur aveugle, le guidage est enrichi par des descriptions du terrain tout au long de la descente : cassure pour un changement de pente, raide, plus plat, dévers gauche ou dévers droite, piste étroite. La piste est ainsi racontée en permanence, ce qui permet de se la représenter mentalement. Une vraie langue : les ordres et la voix Le guidage à la voix n’est pas un flot de paroles. C’est une langue précise, rythmée, construite. La voix donne énormément d’informations : le rayon du virage, la vitesse souhaitée, l’urgence ou non d’une correction, la confiance. Un gauuuuche long ne veut pas dire la même chose qu’un gauche sec. La modulation permet de savoir exactement quoi faire, sans voir. Exemple concret : une séquence de descente guidée Pour vous donner une idée concrète, voici une séquence typique. On commence au bâton de guidage, puis on passe en libre si les conditions le permettent (piste large, régulière, peu de monde). — T’es prêt ? — Ouais ! — Ok, donne-moi le bâton gauche… on y va. Puis la descente : Cassure… je lâche… Gauuuuche… drrroiiiite… Gauuuuche… droiiite… Plus plat… Gauuuuuuche… Drrrrooiiiite… Gauuuuche… encore gauche… Grrrroiiiiite… Cassure… Droiiite… Gauuuuche… Bâton… laisse aller… Parfait, c’est plat… Gauche libre… Corrige à 1h… parfait… Cassure, plus étroit… Bâton, freine… on arrive au téléski. Pendant le libre, le guide continue à guider mentalement et reste toujours prêt à corriger ou reprendre si besoin. Non, les aveugles et malvoyants ne sont pas cantonnés aux pistes vertes Non, aveugle ou malvoyant ne veut pas dire pistes vertes ou bleues uniquement. Selon le niveau, l’expérience et la qualité du guidage, on peut skier : sur des bleues sportives, sur des rouges, et parfois même sur des noires. La difficulté ne dépend pas seulement de la pente, mais aussi : de la largeur, de la régularité, de l’état de la neige, et surtout du guidage et de la voix. Le ski, ce n’est pas que la descente : les remontées mécaniques On en parle peu, mais les remontées mécaniques sont souvent les moments les plus techniques. Les téléskis (pomalifts) Les téléskis demandent un guidage très précis. Le principe : le guide monte devant, demande au préposé de donner la perche le plus près possible derrière, le guide part en premier, puis le skieur. Pendant la montée : le guide vérifie que le skieur l’entend bien, surveille l’alignement, annonce ce qui arrive : au prochain pylône, ça monte plus, virage à droite, virage à gauche. Si nécessaire, on corrige légèrement à 1h ou 11h. À l’arrivée : soit le guide peut attraper la main ou le bras, soit tout se fait à la voix : 3… 2… 1… lâche à gauche ! L’objectif est toujours une sortie fluide et sécurisée. Le GRSA : un cadre essentiel Tout cela ne s’improvise pas. Le GRSA, fondé en 1969 par des pionniers, compte aujourd’hui plus de 200 membres actifs. Il organise : des camps, des week-ends, pour adultes et jeunes, partout en Suisse, tout au long de la saison. La semaine dernière encore, nous étions en camp à Champéry – Les Crosets. La formation des guides est sérieuse : 2 ans, environ 12 jours de guidage par saison, avec un vrai apprentissage du terrain, du langage et de la sécurité. 👉 Plus d’infos : https://www.grsa.ch Pour conclure Non, aveugle ne veut pas dire pistes vertes et bleues uniquement. Le guidage est une langue à part entière. La voix transmet énormément d’informations. Et le ski se vit dans toutes ses dimensions, descentes comme remontées. Je ne sais pas comment cela se pratique ailleurs (France, Québec, autres pays). Je serais très curieux de lire vos expériences et de découvrir d’autres pratiques. J’espère que cet article vous aura intéressés. Au plaisir de lire vos réactions !

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