mercredi 21 janvier 2026

Skier sans voir : comment ça se passe, et comment on fait

Salut à tous,
Aujourd'hui, on parle de ski. Oui : de ski sans voir.

Allons droit au but.

Dans ma famille, on skie depuis toujours. Même mes grands-parents
skiaient. Alors forcément, moi aussi.
Mais pour moi, ça n'a pas été simple au début. Aucune école de ski ne
voulait m'apprendre. Personne ne voulait enseigner le ski à une
personne aveugle.
Alors mes parents ont décidé de le faire eux-mêmes.

Au début, je skiais avec un harnais. J'étais relié soit à ma mère,
soit à mon père, avec des cordes, et j'avais un triski pour éviter de
croiser les lattes.
Quand on tirait à droite, je tournais à droite. Quand on tirait à
gauche, je tournais à gauche. C'est comme ça que j'ai appris à tourner
et à freiner.

Petit à petit, on a enlevé le harnais. Avec la peur que j'avais de la
vitesse, je suivais toujours l'un de mes parents qui était devant moi
et qui criait :
« gauche », « droite », « tout droit », « ralentis ».
C'étaient les ordres de base.

J'ai skié longtemps comme ça. Vers 2008, j'ai compris que skier devant
était beaucoup plus sécurisant pour moi, mais en famille je restais
toujours derrière.

Je fais partie depuis 2001 du GRSA, le Groupement Romand des Skieurs
Aveugles et Malvoyants.
Pendant le Covid, j'ai invité un copain guide à venir skier avec moi,
et il m'a fait découvrir le kit moto pour le ski. Et là, ça a tout
changé.

Maintenant, en famille, je skie devant. J'ai le kit moto pour parler
avec mon guide si besoin, et c'est vraiment super utile.
Il y a d'ailleurs un article qui en parle ici :
https://blindpower.blogspot.com/2024/09/mon-equipement-radio-pour-le-ski.html

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Une journée de ski, concrètement

Je range toujours mes affaires de ski dans les mêmes endroits, pour
les retrouver facilement.
Quand on est prêts, on monte à pied depuis le chalet jusqu'au garage
pour mettre les chaussures de ski.

Une fois assis sur le banc, je mets les pieds près du sèche-chaussures
et je cherche les miennes au toucher.
Après ça, on prend les skis, les bâtons, le casque avec le micro
(sinon c'est la galère), et on va prendre les cabines.

Dans la cabine, on allume la radio, on vérifie qu'on s'entend bien.
Une fois en haut, on chausse les skis.

On commence toujours tranquillement, puis on accélère au fil de la
journée et des pistes.

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Mon niveau

Je dirais que j'ai un excellent niveau pour un skieur aveugle, mais je
ne skie pas pour me vanter.
Je préfère les pistes engagées et plutôt larges, pour pouvoir attaquer.
Par contre, si je peux éviter le dévers, je le fais.

Je skie surtout aux 4 Vallées, dans le secteur de La Tzoumaz. Je
connais les pistes par cœur.

Parmi mes préférées, il y a celle qu'on appelait le Saxon.
Il y a le télésiège du Saxon, un grand mur, puis un premier plat.
Après, un petit mur avec un léger dévers, puis un long plat.
Ensuite ça repart avec des mouvements de terrain, et les bords sont
assez larges pour jouer avec la piste.
La prairie qui mène à un autre télésiège est aussi super sympa.

Par contre, les plats, c'est une horreur pour moi, parce qu'on
n'entend plus rien.
J'ai fait tester la radio à ma mère une fois : elle skiait devant moi,
mais ça n'allait pas.
Alors je lui ai dit :
— Passe derrière moi.
— T'es sûr ?
— Oui, essaye.

Et en bas du télésiège, elle m'a dit :
— Ah oui… c'est pas mal, c'est même mieux.

Moi, j'ai aussi un faible pour les remontées archaïques : les vieilles
assiettes Poma, les vieilles cabines, les vieux télésièges… tout ce
qui fait du bruit.

Aujourd'hui, je peux faire des choses comme le Mont Fort, mais il faut
que ce soit bon et parfaitement accessible.
Le vallon d'Arbi, je peux le faire, mais je n'aime pas du tout.
Tortin, par contre, aucun problème, je me fais plaisir dessus.
Et une autre piste que j'adore, c'est la piste de l'Ours à Veysonnaz.

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Pour conclure

Oui, il est possible de skier sans la vue.

Mais petit message aux autres skieurs :
Ne passez pas entre nous trop près.
Lundi, j'ai cru que je me tuais parce que des gens skiaient comme des
bananes, trop vite, et passaient juste devant mes skis.

Voilà pour mon message.
À vous maintenant : réagissez, posez des questions si vous en avez.

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