vendredi 12 juin 2026

Aveugle, mais capable : quand l'accessibilité maritime reste à quai

Salut à tous, Il y a des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur. Celui-ci en fait partie. Depuis quelque temps, je m'intéresse de plus en plus au SRC (Short Range Certificate), la certification permettant d'utiliser correctement une radio VHF marine avec ASN (appel sélectif numérique). En France, l'équivalent est le CRR. Au départ, tout a commencé simplement. Comme beaucoup de passionnés de navigation, j'ai regardé des vidéos, lu des informations et cherché à comprendre le fonctionnement des procédures radio maritimes. Mayday. Pan-Pan. Sécurité. Ces mots sont connus de nombreux navigateurs. Mais derrière ces mots se cachent des procédures précises, des équipements modernes et une responsabilité importante. En avançant dans mes recherches, une question s'est imposée à moi : Comment une personne aveugle peut-elle accéder à ces outils de sécurité ? Je ne parle pas de théorie. La théorie, je peux l'apprendre. Je peux comprendre les procédures. Je peux mémoriser les messages. Je peux apprendre la réglementation. Le problème n'est pas là. Le problème apparaît lorsque l'on passe de la théorie à la pratique. Aujourd'hui, les radios marines modernes équipées de l'ASN reposent largement sur des écrans et des menus visuels. Pour déclencher certaines fonctions, consulter certaines informations ou parcourir certains réglages, il faut voir ce qui s'affiche. J'ai donc commencé à chercher. J'ai posé des questions dans des groupes de navigateurs du Léman. On m'a orienté vers l'OFCOM. J'ai pris contact avec eux. La personne chargée des examens a fait preuve d'une grande gentillesse et a pris le temps de répondre à mes questions. Elle m'a expliqué les possibilités existantes et les conditions dans lesquelles un candidat aveugle pourrait envisager de passer l'examen. Je l'en remercie sincèrement. Malheureusement, une autre difficulté est rapidement apparue. Encore faut-il disposer d'un appareil accessible. Et c'est là que les choses se compliquent. J'ai cherché. J'ai regardé différents modèles. Je me suis renseigné auprès de plusieurs personnes. J'ai exploré plusieurs pistes. Mais à ce jour, je n'ai pas trouvé de radio marine ASN clairement conçue pour être utilisée par une personne aveugle grâce à une synthèse vocale ou à un véritable système accessible. C'est frustrant. Non pas parce que l'on me refuse l'accès à l'examen. Non pas parce que l'on me refuse le droit d'apprendre. Mais parce qu'au bout du chemin, l'outil semble manquer. Pourtant, mon objectif n'est pas d'obtenir un passe-droit. Je ne demande pas un examen plus facile. Je ne demande pas que l'on baisse les exigences. Je demande simplement la possibilité de démontrer les mêmes compétences que les autres. Et surtout, je considère cette formation comme un apport réel à la sécurité. Car je navigue. Je navigue sur le Léman. J'ai également navigué en mer. Je sais qu'une radio n'est pas un gadget. Lors d'une escale mouvementée à Port-Vendres, avec la houle et le mauvais temps, j'ai une nouvelle fois constaté l'importance de pouvoir rester informé et communiquer efficacement. La radio fait partie des outils de sécurité du navigateur. On ne l'emporte pas parce qu'on prévoit un problème. On l'emporte parce qu'un problème peut survenir. Et surtout, la sécurité à bord, c'est l'affaire de tous. Alors oui, je me pose une question. Si une personne aveugle est capable d'apprendre les procédures, de comprendre les règles et d'utiliser la radio dans un cadre adapté, pourquoi est-il encore si difficile de trouver les outils lui permettant d'aller jusqu'au bout de la démarche ? Ce constat me fait parfois sourire lorsque j'entends certains grands discours sur l'inclusion. L'inclusion ne se mesure pas au nombre de conférences organisées. L'accessibilité ne se mesure pas au nombre de slogans affichés. Elle se mesure aux possibilités réelles offertes sur le terrain. Et aujourd'hui, dans ce domaine précis, il reste encore du chemin à parcourir. Je suis probablement loin d'être le seul à m'être posé ces questions. Je suis peut-être simplement l'un de ceux qui ont décidé de continuer à chercher. Car je suis convaincu d'une chose : Une personne aveugle n'est pas une personne incapable. Nous sommes présents dans les associations. Nous sommes présents sur les pontons. Nous sommes présents sur les lacs. Nous sommes présents en mer. Nous sommes présents derrière des radios. Nous apprenons. Nous pratiquons. Nous participons. Et nous aimerions simplement que les équipements évoluent eux aussi. À tous les fabricants, organismes de formation et concepteurs d'équipements maritimes, j'aimerais adresser un message simple : N'oubliez pas que vos utilisateurs ne sont pas tous voyants. Les personnes en situation de handicap naviguent elles aussi. Elles apprennent elles aussi. Elles se forment elles aussi. Et elles aimeraient pouvoir utiliser les mêmes outils de sécurité sans rencontrer de barrières inutiles. Si cet article peut servir à quelque chose, j'espère qu'il contribuera à une prise de conscience. Peut-être qu'un jour, un autre navigateur aveugle tombera sur ces lignes. Et peut-être qu'il se dira : « Je ne suis pas seul. » « C'est possible. » « Je vais essayer moi aussi. » Parce qu'au fond, c'est cela que j'aimerais transmettre. Aveugle, oui. Mais capable.

dimanche 7 juin 2026

📻 Peut-on naviguer avec la petite antenne ? Essai VHF sur le Léman

Salut à tous, Aujourd'hui, j'avais envie de partager avec vous un petit retour d'expérience radio réalisé récemment sur le Léman. La question de départ était simple : Peut-on réellement naviguer avec la petite antenne d'origine d'une VHF portable, ou faut-il absolument utiliser une grande antenne pour obtenir des communications correctes ? Pour tenter d'y voir plus clair, nous avons réalisé plusieurs essais avec ma fidèle Vertex VX-180, qui m'accompagne depuis de nombreuses années lors de mes navigations et activités sur le lac. L'idée était également de vérifier une grande antenne VHF que je possède et de confirmer qu'elle était bien adaptée à cette bande de fréquences. Premier constat : oui, cette grande antenne fonctionne parfaitement en VHF. Lors des essais, j'ai notamment pu établir un contact avec Romano 152 du côté de Rivaz alors que je me trouvais à Pully. La communication n'était pas parfaite, avec un peu de friture par moments, mais elle restait parfaitement compréhensible et exploitable. Nous avons également réalisé plusieurs autres essais avec différents correspondants autour du lac afin de comparer le comportement des deux antennes. La surprise, c'est que la petite antenne d'origine s'est finalement très bien défendue. J'avais déjà eu l'occasion, quelques mois auparavant, de contacter Marc, Romano 154, du côté de Saint-Saphorin avec cette même antenne. Comme quoi, malgré sa petite taille, elle est loin d'être inutile. En revanche, lorsqu'on compare directement les deux antennes, on constate rapidement que la grande antenne apporte un réel avantage en matière de portée et de confort d'écoute. Cela ne signifie pas pour autant que je vais abandonner la petite antenne. Bien au contraire. Lorsque je navigue, ma radio est généralement portée à la ceinture, avec l'antenne vers l'avant. Le micro déporté est fixé au col de mon pull ou sur mon gilet lorsque j'en porte un. Cette configuration est pratique, confortable et me permet de communiquer rapidement sans avoir à manipuler constamment la radio. Dans ces conditions, la petite antenne reste à mes yeux la solution la plus adaptée à la navigation quotidienne. Elle est compacte, légère, discrète et ne gêne pas les mouvements à bord. La grande antenne, elle, est particulièrement intéressante pour des essais, depuis un point fixe ou lorsque l'on souhaite obtenir les meilleures performances possibles. Pendant nos tests, les échanges restaient simples et efficaces : « 152 de 156, réponds. » Quelques secondes plus tard, la réponse arrivait : « 156 de 152, je te reçois. » Puis chacun donnait son ressenti sur la qualité de réception : très bon, correct, un peu de souffle ou quelques parasites. Pas besoin de compliquer davantage les choses. Je précise que ces essais ont été réalisés dans le cadre des activités des Amis du Lac. Les équipements utilisés sont du matériel professionnel exploité dans le cadre de la concession dont dispose l'association. Je suis habilité à participer à ces communications dans ce contexte précis. Il ne s'agit évidemment pas d'émettre librement sur des fréquences auxquelles je n'aurais pas accès. Au final, cette expérience m'a surtout confirmé qu'une antenne n'est jamais un simple accessoire. La petite antenne d'origine reste une excellente compagne de navigation et remplit très bien son rôle dans de nombreuses situations. La grande antenne apporte quant à elle un vrai gain lorsque l'on cherche à maximiser les performances de sa VHF. Ce retour d'expérience n'a pas la prétention d'être un test scientifique. C'est simplement le récit d'essais réalisés sur le terrain, dans des conditions réelles d'utilisation. Et comme souvent, c'est sur le terrain que l'on apprend le plus. Et vous ? Utilisez-vous une VHF portable en navigation ? Avez-vous déjà comparé plusieurs antennes ? N'hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires. À bientôt sur le lac... ou sur les ondes ! ⚓📻🌊

mardi 19 mai 2026

🚢 Le rêve un peu fou d’un vapeur à moi

Salut à tous, Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler d’un rêve un peu particulier. Un rêve un peu fou peut-être… mais un rêve qui me suit depuis longtemps. Celui d’avoir un jour mon propre vapeur. Oui, un vrai bateau à vapeur. Pas forcément un immense navire de luxe. Non. Plutôt un superbe petit vapeur du Léman, élégant, vivant, avec sa cheminée, son sifflet, sa machine qui souffle doucement et ses bielles qui bougent lentement au rythme de l’eau. Un bateau qui prend son temps. Je crois que c’est aussi ça qui me fascine le plus avec les vieux vapeurs : ils ne vont pas vite… et ils n’ont pas besoin d’aller vite. Ils avancent tranquillement, avec dignité, presque avec sagesse. Depuis tout petit, les vapeurs du Léman me font rêver. Leurs sifflets graves, leurs machines, leurs vibrations, leurs échappements… tout cela m’a toujours fasciné. Et parmi eux, il y en a un qui a une place particulière dans mon cœur : le Montreux. Ce bateau est incroyable. Il a connu plusieurs vies : vapeur au charbon avec sa belle fumée noire et grasse, puis transformé en diesel-électrique pendant des décennies, avant de retrouver la vapeur en 2001. Une véritable renaissance. Et surtout, j’ai eu l’immense chance de descendre dans sa salle des machines. Ça, je crois que je ne l’oublierai jamais. La première chose qui me fascine sur un vapeur, c’est justement la machine. Contrairement aux moteurs modernes souvent cachés, ici tout vit devant nous. Ça bouge, ça souffle, ça travaille. On entend les bielles, les pistons, les échappements. La machine semble presque vivante. Chaque vapeur a sa personnalité. Et sur le Montreux, j’ai même eu la chance de pouvoir manœuvrer cette superbe machine. Le mécanicien me l’avait proposé. Franchement, ça compte énormément parmi mes plus beaux souvenirs de navigation. Je me souviens aussi d’un détail amusant : il faisait moins chaud dans le Montreux que dans La Suisse, alors que les deux chauffent au fuel. Comme quoi, chaque bateau a vraiment son ambiance propre. Si un jour j’avais mon propre vapeur, je crois qu’il ressemblerait à ça : Un bateau d’environ seize mètres, avec une coque en bois clair peinte en bleu doux, une superstructure blanche, une magnifique machine compound oblique deux cylindres style Sulzer du début des années 1900, une cheminée bleu ciel avec une coiffe noire… et bien sûr un superbe sifflet trois tons. Évidemment, il ferait “ancien”, mais avec une technique moderne et fiable. Et surtout, je voudrais qu’il vive. Je l’imagine sur le Léman tôt le matin, chauffé au charbon, avec une belle fumée noire qui monte dans le ciel bleu. Des navigations tranquilles, sous le signe de la fumée. Pas de vitesse. Pas de stress. Juste le bruit de la machine, l’eau, le souffle du vapeur et le calme. Ou encore le soir, au coucher du soleil. Je crois qu’au fond, les vieux vapeurs ont quelque chose que notre époque moderne a un peu perdu : ils obligent à ralentir. Et honnêtement… ça fait du bien. Ce rêve, je ne le garde pas seulement pour moi. J’aimerais partager ça avec des amis, avec la famille, avec des passionnés ou même avec des curieux. Faire découvrir cette ambiance unique à des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une salle des machines. Parce qu’au fond, le rêve n’a pas de frontière. Qu’on soit aveugle ou voyant, marin ou non, passionné ou simple curieux… on peut tous rêver devant un vieux vapeur qui traverse lentement le Léman dans la brume. Et aujourd’hui, j’avais simplement envie de vous inviter à ce rêve avec moi 🙂 Et vous ? Y a-t-il un rêve un peu fou qui vous accompagne depuis longtemps ? Un vieux bateau, un train, une voiture ancienne, un lieu, une machine, une passion ou simplement une ambiance qui vous fait encore rêver aujourd’hui ? N’hésitez pas à partager vos rêves et vos souvenirs dans les commentaires 🙂

vendredi 8 mai 2026

⚓ Le langage secret des bateaux

Salut à tous, Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler d’un sujet un peu particulier, entre mer, histoire, sons… et mystère. Quand on entend une corne de bateau ou un grand sifflet grave résonner sur un lac ou dans un port, beaucoup de gens pensent que c’est juste “pour faire joli”, pour l’ambiance ou pour faire un peu de bruit. Et pourtant, derrière ces sons se cache un véritable langage. Un langage ancien, codifié, international, utilisé partout dans le monde maritime. Et moi, ce langage m’a toujours fasciné. Depuis tout petit, les vapeurs du Léman et leurs sifflets ont fait partie de ma vie. Je me souviens encore du Rhône avec son célèbre sifflet à deux tons, unique et reconnaissable entre mille. À force d’écouter, on finit presque par reconnaître les bateaux “à leur voix”. Quand on est enfant, ces sons peuvent impressionner. Je me rappelle qu’à 7 ou 8 ans, certains grands coups de sifflet me faisaient presque peur. Il faut dire qu’un grand vapeur qui fait résonner un signal grave et profond sur le lac, ça prend littéralement aux tripes. Puis, avec le temps, cette impression devient fascination. Parce qu’au fond, ces bateaux parlent. Pas avec des mots, évidemment, mais avec des signaux sonores régis par le code maritime international. Bien avant les moteurs, avant même la vapeur, les marins communiquaient déjà grâce à des systèmes de signaux et aux pavillons du code international. Aujourd’hui encore, ce langage existe. Et il raconte énormément de choses. Un long coup peut indiquer qu’un bateau part en avant. Trois coups courts : qu’il recule. Un coup court suivi d’un long : qu’il croise sur tribord. Dans le brouillard ou la brume, certains signaux répétés permettent aussi d’indiquer sa présence aux autres navires. Et il existe encore bien d’autres signaux que je ne connais pas tous, notamment pour les remorqueurs ou certaines manœuvres particulières. Ce qui est fascinant, c’est que la plupart des gens entendent ces sons… sans vraiment les écouter. Alors qu’en réalité, ils transportent : * des informations, * des intentions, * des avertissements, * et parfois même une certaine émotion. Quand un grand sifflet grave résonne au loin dans la brume, il y a quelque chose de presque intemporel. Ça évoque les grands départs d’autrefois, l’aventure, les traversées, l’inconnu. Parce qu’à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe, partir ne voulait pas toujours dire revenir. Et je crois que c’est aussi pour ça que ces sons me touchent autant. En 2011, lors d’un voyage aux États-Unis et au Canada, j’avais aussi remarqué quelque chose qui m’avait surpris : là-bas, certains officiers combinaient plusieurs signaux à la suite, alors qu’en Europe ils sont souvent séparés. Ce détail m’avait marqué, simplement parce que j’écoutais attentivement. Au fond, l’être humain connaît souvent uniquement ce qu’il a besoin de connaître. Moi, j’ai grandi près du lac, et ces sons ont toujours éveillé ma curiosité. Je n’aurai probablement jamais le permis bateau. Mais au moins, je sais décrypter une partie du langage des navires. Et honnêtement, je trouve ça magnifique qu’un simple coup de sifflet puisse encore faire rêver en 2026. Et vous ? Est-ce qu’il y a des sons qui vous transportent immédiatement ailleurs ? Une corne de bateau, un train, une vieille locomotive, une cloche, une sirène dans le brouillard… Je serais curieux de lire vos souvenirs et vos réactions 🙂

mardi 14 avril 2026

👉 Aveugle… et pourtant : ce que les gens ne comprennent toujours pas

Salut à tous, Il y a quelques mois, j’ai écrit un article pour parler de cécité, casser certains clichés et partager mon vécu. 👉 Si vous ne l’avez pas lu (ou si vous voulez le relire), c’est ici : https://blindpower.blogspot.com/2025/09/reves-cecite-et-idees-recues-ma-vision.html Aujourd’hui, j’ai envie d’aller plus loin. Parce que même quand on explique… même quand on casse des idées reçues… 👉 il reste encore beaucoup de choses que les gens ne comprennent pas. Et cette fois, j’ai envie de vous parler plus concrètement, plus directement… et peut-être aussi de vous faire réfléchir. 💬 N’hésitez pas à réagir en commentaire : vos retours comptent vraiment. ________________________________ ❗ Les clichés… même après les avoir cassés On pourrait croire qu’en expliquant, en montrant, en vivant normalement… les clichés disparaissent. 👉 En réalité, non. Les plus tenaces restent : “c’est dangereux pour toi” “tu peux pas faire ça” “il faut t’aider tout le temps” Alors oui, la cécité met des limites. 👉 Mais ce sont des limites qu’on peut contourner, adapter, franchir. Avec du temps, de l’apprentissage… et parfois de l’aide. ________________________________ 👀 Le regard des gens… même si je ne le vois pas Je ne vois pas. Mais ça ne veut pas dire que je ne ressens pas. Il y a des moments très simples où on comprend que les gens ne savent pas comment se comporter. Par exemple, quand je faisais mes papiers d’identité, on a demandé à ma mère si je pouvais signer. 👉 Alors que j’étais juste là. Et là, tu te dis : “J’ai des oreilles… vous pouvez me parler directement.” Ce n’est pas méchant. Mais ça montre une chose : 👉 on pense à ta place. ________________________________ 🏔️📻 Ce que les gens n’arrivent pas à imaginer Quand je dis que je : skie fais de la voile utilise la radio travaille utilise un iPhone 👉 les réactions sont souvent les mêmes : “ah bon ?” “mais comment tu fais ?” “c’est pas possible…” Et même quand j’explique… 👉 beaucoup n’arrivent pas à imaginer. Parce qu’ils pensent que sans la vue… rien n’est possible. Alors que si. 👉 C’est juste différent. ________________________________ 🎛️ L’adaptation invisible Un autre truc que les gens ne comprennent pas : 👉 ce n’est pas toujours visible. Par exemple en radio : pas de braille sur mes appareils pas de matériel “spécial” je travaille avec les boutons, les sons, la mémoire 👉 Et pourtant, ça fonctionne. Parce que l’adaptation n’est pas toujours dans l’objet. 👉 Elle est dans la manière de faire. ________________________________ 🚶‍♂️ Ma vraie fierté Moi, ce qui me rend fier… Ce n’est pas un exploit. C’est simplement : 👉 aller seul au sport 👉 prendre le bus 👉 trouver mon chemin Ça peut paraître banal. Mais ça ne l’est pas. ________________________________ ⚖️ Aider… ou pas aider ? On dit souvent : 👉 “il faut toujours demander avant d’aider” Oui… mais pas seulement. Parce que la réalité est plus nuancée. Parfois, on te propose de l’aide et tu refuses. Parfois, tu acceptes. Parfois même, tu laisses faire… 👉 parce que ça te fait gagner du temps 👉 parce que ça évite une galère 👉 Il n’y a pas de règle parfaite. Le plus important, c’est : 👉 de s’adapter à la personne ________________________________ 🎨 Non, je ne vois pas noir Un autre cliché qui revient tout le temps : 👉 “tu vois noir ?” Non. Je ne vois pas noir. Je ne vois pas gris. Je ne vois pas de couleur. 👉 Je ne vois rien. Et ça, c’est très difficile à comprendre quand on voit. ________________________________ 🌍 On n’est pas tous pareils Dernier point important : 👉 il n’y a pas “les aveugles” Il y a : des parcours des moyens des réalités différentes Moi, j’ai la chance : d’avoir ma famille de faire du sport d’avoir des activités Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Et c’est important de le dire. ________________________________ 💡 Conclusion Au fond, ce que j’aimerais que les gens retiennent, c’est simple : 👉 Parlez-nous 👉 Demandez 👉 Et adaptez-vous On n’est pas des héros. On n’est pas incapables. 👉 On est juste des personnes. ________________________________ 💬 Et vous ? Qu’est-ce qui vous surprend le plus ? Qu’est-ce que vous ne compreniez pas avant ? Dites-moi en commentaire 👇

mardi 31 mars 2026

🏔️ Ski à Grimentz / Zinal : du plaisir… mais un vrai besoin de guides

👋 Introduction

Salut à tous,

Aujourd'hui, on va parler de ski… mais pas seulement.

On va parler d'un week-end à Grimentz / Zinal avec le GRSA,
👉 le Groupement Romand des Skieurs Aveugles et Malvoyants,

et plus précisément de notre week-end de clôture.

On va parler du plaisir de skier, des rencontres…

👉 et surtout d'un sujet important :
le manque de guides.

________________________________

Ce week-end, nous étions à Grimentz / Zinal avec le GRSA pour un séjour ski.
Tout a commencé vendredi matin, avec le train de 7h14. L'ambiance
était déjà là : excitation, retrouvailles, et cette envie de partager
la montagne.

Et heureusement, malgré tout, tout le monde a pu skier.

Mais derrière cette réussite, il y a une réalité qu'on ne voit pas toujours.

________________________________

🚆 Vendredi : arrivée et premiers repères

Après le trajet, nous sommes arrivés à Grimentz.
L'hôtel, situé juste en face des cabines, nous met directement dans l'ambiance.

L'organisation était déjà en place :
nous avions reçu le planning via WhatsApp.

C'est à ce moment-là que j'ai su avec qui j'allais skier.
👉 Ce vendredi, ce serait avec Mégane, aspirante guide.

________________________________

🎿 Les premières descentes : se découvrir et se régler

La première descente, c'est toujours un moment particulier.

Ce n'est pas juste skier.
C'est apprendre à se connaître avec son guide, trouver le rythme, se comprendre.

On est montés en cabine jusqu'à Bendolla, puis :

télésiège des Grands Plans
télésiège de Tsarva

Le début est assez tranquille, peu de guidage.
Mais rapidement, les choses se mettent en place :

la voix
la distance
la confiance

👉 C'est là que tout commence.

________________________________

🎯 Le déclic : quand ça fonctionne vraiment

Pour vraiment se régler, on est allés sur quelque chose de plus technique :
le téléski d'Orzival.

Le Lona étant fermé (minage), on s'est rabattus dessus.

👉 Et là… une vraie "sale bête".

Ça tire fort, et il y a un virage à droite délicat,
avec un pylône décalé.

Dans notre configuration :

moi (aveugle) devant
Mégane (malvoyante) derrière

Communication en continu avec des kits radio.

Mais sur les téléskis :
👉 le guide passe devant.

Et là, tout s'est mis en place.
Dès les premiers ordres, on a compris que ça marcherait parfaitement.

Même pour la perche, où le personnel doit aider à la prendre,
tout s'est bien passé.

________________________________

🔁 Prendre confiance… et enchaîner

On a refait Orzival plusieurs fois.

À chaque passage :

plus de fluidité
plus de confiance
plus de plaisir

👉 On commence vraiment à se lâcher.

________________________________

🍔 Pause à Bendolla

À midi, pause au self.

Un cheeseburger, un moment simple,
mais important pour échanger et souffler.

________________________________

🎿 Une fin de journée… et les accidents

On termine la journée avec une dernière descente,
dans une neige plus difficile, avec des gros tas.

Puis vient le moment de se poser… bière à la main.

Mais ce vendredi a aussi été marqué par des accidents :

Alain, guide, s'est fracturé la tête de l'humérus
une participante aveugle s'est luxé l'épaule
le coorganisateur a également été blessé

👉 Malgré tout, la gestion a été remarquable.
Professionnalisme, solidarité, efficacité.

Mais cela rappelle une chose essentielle :
on dépend énormément des guides.

________________________________

🌄 Samedi : une nouvelle énergie

Le samedi, j'ai skié avec Vanessa.

👉 Une perle.

On a commencé par récupérer les skis à Bendolla,
puis direction le Col du Pouce et le Lona (ouvert cette fois).

Une grande descente du sommet jusqu'au village.

________________________________

🏔️ Journée à Zinal

Ensuite, on bascule sur Zinal.

Toute la journée :

Corne de Sorebois
Chesso
Combe Durand

👉 On a skié fort, avec du rythme, toute la journée.

Pause pizza à l'Espace Weisshorn,
puis on repart.

________________________________

☀️ Une ambiance retrouvée

Le soir, retour au calme.

Terrasse de l'Hôtel Alpina :

vin chaud
jus de pomme chaud
discussions

👉 Un vrai moment de partage.

________________________________

🏁 Dimanche : finir en beauté

Le dimanche, ski avec mon vieil ami Christophe.

👉 Et là… grosse vitesse.

On s'est fait plaisir, presque comme en slalom.

________________________________

🚍 Le retour

Descente en car postal,
puis le train.

Retour à la réalité… doucement.

________________________________

📉 Un problème discret, mais bien réel

Aujourd'hui, le problème n'est pas un manque de motivation.

Mais notre réservoir de guides diminue :

les anciens arrêtent
certains se blessent
et la relève n'est pas suffisante

👉 Et pourtant, les besoins sont là.

________________________________

🤝 Ce qui fait la richesse du GRSA

Skier avec le GRSA, ce n'est pas juste skier.

C'est :

partager
faire confiance
vivre quelque chose de fort

👉 C'est une expérience à part.

________________________________

📣 Envie de vous engager ?

Si vous avez un bon niveau de ski,
et que vous êtes capables de skier sans regarder vos skis en permanence…

👉 vous pouvez devenir guide.

N'hésitez pas à vous renseigner sur le site du GRSA :
🌐 www.grsa.ch

________________________________

💛 Et peut-être que, lors d'un prochain week-end à Grimentz / Zinal,
ce sera vous, derrière quelqu'un, en train de lui faire vivre une
journée inoubliable.

dimanche 1 mars 2026

Payer quand on ne voit pas : la galère dont personne ne parle

Salut à tous, Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un sujet très concret, très quotidien… et pourtant presque jamais abordé : payer. On parle souvent d’accessibilité numérique, d’applications vocalisées, de smartphones adaptés. On parle parfois des transports. Mais payer ? Presque jamais. Dans un précédent article, j’expliquais à quel point retirer de l’argent liquide quand on est aveugle peut devenir un vrai parcours du combattant. Aujourd’hui, on va parler de l’étape suivante : le moment de sortir le portefeuille. Et là aussi… il y a beaucoup à dire. 💳 La carte bancaire : simple en théorie Sur le papier, payer par carte semble être la solution idéale. On pose la carte. On tape son code. C’est réglé. Sauf que dans la réalité, ce n’est pas toujours aussi simple. Les terminaux tactiles De plus en plus de commerçants utilisent des terminaux entièrement tactiles. 4 Ces appareils n’ont parfois aucune touche physique. Tout est lisse. Tout est plat. Pour une personne voyante, aucun problème. Pour une personne aveugle, c’est une autre histoire. Comment localiser les chiffres ? Comment être sûr de ne pas se tromper ? Comment savoir si le terminal est prêt ? On peut demander de l’aide au commerçant. Bien sûr. Mais cela implique souvent de dicter son code… ce qui pose un énorme problème de sécurité et d’intimité. Et non, donner son code à un inconnu n’est pas une solution acceptable. Le sans contact ? On pourrait penser que le paiement sans contact règle tout. Oui… mais seulement en dessous d’un certain montant. Au-delà, le code est demandé. Et on revient au problème initial. 💵 Le paiement en espèces : pas si simple non plus On pourrait croire que le cash est plus facile. Après tout, les billets ont des tailles différentes. Mais dans la pratique, ce n’est pas si évident. Les billets en euros 4 Les billets en euro ont effectivement des tailles différentes. Mais distinguer un 10 d’un 20 uniquement au toucher demande de l’habitude. Et dans le stress d’une caisse, avec du bruit autour, ce n’est pas toujours évident. Les billets en francs suisses 4 Les billets suisses sont mieux pensés, avec des différences tactiles plus marquées. Mais cela reste subtil. Il existe des petits lecteurs électroniques qui annoncent la valeur du billet. Problème : certains ne sont plus compatibles avec les nouvelles séries. Et encore faut-il penser à l’avoir sur soi… chargé. En plus, les billets peuvent être pliés, froissés, mélangés. Et à la caisse, on n’a pas toujours le temps de tout vérifier calmement. 📱 Le paiement par téléphone : la solution miracle ? Apple Pay, Google Pay, Samsung Pay… En théorie, c’est parfait. On approche le téléphone. Ça vibre. C’est payé. Mais là encore, tout dépend du terminal du commerçant. 4 Certains terminaux ne sont pas compatibles. Parfois le sans contact est désactivé. Parfois il faut quand même valider sur l’écran du terminal. Et si le commerçant ne connaît pas bien son appareil, cela peut vite devenir un moment gênant, où l’on a l’impression de déranger. La réalité : aveugle et argent, c’est compliqué Quand on ne voit pas : Payer par carte peut devenir stressant. Payer en espèces demande une organisation constante. Payer par téléphone dépend du matériel du commerçant. On doit sans cesse anticiper. Vérifier. Demander. S’adapter. Ce ne sont pas de « grands » problèmes. Mais ce sont des difficultés quotidiennes, répétées, invisibles pour les autres. Et c’est peut-être ça le plus frustrant : personne n’en parle vraiment. Et vous ? Si vous êtes concerné(e) par ces situations, que vous soyez aveugle, malvoyant(e), ou simplement sensible aux questions d’accessibilité… Comment ça se passe pour vous ? Carte ? Cash ? Téléphone ? Autre solution ? Je serais vraiment curieux de lire vos expériences. À très vite.

mardi 10 février 2026

Skier sans voir : guidage, ordres, voix… et même les remontées mécaniques

Salut à toutes et à tous, Aujourd’hui, on reparle de ski. Parce que non, je ne vous ai pas encore tout dit ! Dans un premier article 👉 https://blindpower.blogspot.com/2026/01/skier-sans-voir-comment-ca-se-passe-et.html je vous parlais des bases, de comment j’ai commencé, et de la découverte du ski quand on ne voit pas ou mal. Cette fois, on va entrer dans des choses plus techniques : le guidage, les mots, les ordres, la voix, et tout ce qu’elle peut transmettre comme informations utiles pendant une descente… et aussi parler des remontées mécaniques, parce que le ski, ce n’est clairement pas que la descente. Allez, entrons dans le vif du sujet. Skier quand on ne voit pas ou mal : le guide est indispensable Pour skier quand on ne voit pas ou mal, il faut un ou une guide. Ce n’est pas une option, c’est indispensable si on veut skier sans se mettre en danger. Le cas des personnes malvoyantes Dans le cas des personnes malvoyantes, le ou la guide est généralement devant, dans le champ de vision, plus ou moins loin selon le degré de vision. Il ou elle accompagne les virages avec des ordres simples comme : gauche droite en avant halt pour s’arrêter normalement Le mot “stop” est réservé aux situations de danger immédiat. Il arrive aussi que le guide se place à côté de la personne guidée et prenne le bâton juste sous la poignée, par exemple : sur un chemin étroit, dans un passage délicat, ou pour un schuss. Tout dépend : du degré de vision, du terrain, de la vitesse, et du niveau de la personne malvoyante. Le cas des skieurs aveugles Pour une personne aveugle, le guidage est différent. Le ou la guide se place derrière la personne guidée, et le guidage se fait entièrement à la voix. Le guide ne montre pas la piste : il accompagne, surveille la trajectoire, anticipe et corrige si nécessaire. Les ordres de base restent : gauche droite en avant halt pour demander un arrêt normal Le mot “stop” n’est utilisé qu’en cas de danger, lorsqu’un arrêt immédiat est nécessaire. Pour un skieur aveugle, le guidage est enrichi par des descriptions du terrain tout au long de la descente : cassure pour un changement de pente, raide, plus plat, dévers gauche ou dévers droite, piste étroite. La piste est ainsi racontée en permanence, ce qui permet de se la représenter mentalement. Une vraie langue : les ordres et la voix Le guidage à la voix n’est pas un flot de paroles. C’est une langue précise, rythmée, construite. La voix donne énormément d’informations : le rayon du virage, la vitesse souhaitée, l’urgence ou non d’une correction, la confiance. Un gauuuuche long ne veut pas dire la même chose qu’un gauche sec. La modulation permet de savoir exactement quoi faire, sans voir. Exemple concret : une séquence de descente guidée Pour vous donner une idée concrète, voici une séquence typique. On commence au bâton de guidage, puis on passe en libre si les conditions le permettent (piste large, régulière, peu de monde). — T’es prêt ? — Ouais ! — Ok, donne-moi le bâton gauche… on y va. Puis la descente : Cassure… je lâche… Gauuuuche… drrroiiiite… Gauuuuche… droiiite… Plus plat… Gauuuuuuche… Drrrrooiiiite… Gauuuuche… encore gauche… Grrrroiiiiite… Cassure… Droiiite… Gauuuuche… Bâton… laisse aller… Parfait, c’est plat… Gauche libre… Corrige à 1h… parfait… Cassure, plus étroit… Bâton, freine… on arrive au téléski. Pendant le libre, le guide continue à guider mentalement et reste toujours prêt à corriger ou reprendre si besoin. Non, les aveugles et malvoyants ne sont pas cantonnés aux pistes vertes Non, aveugle ou malvoyant ne veut pas dire pistes vertes ou bleues uniquement. Selon le niveau, l’expérience et la qualité du guidage, on peut skier : sur des bleues sportives, sur des rouges, et parfois même sur des noires. La difficulté ne dépend pas seulement de la pente, mais aussi : de la largeur, de la régularité, de l’état de la neige, et surtout du guidage et de la voix. Le ski, ce n’est pas que la descente : les remontées mécaniques On en parle peu, mais les remontées mécaniques sont souvent les moments les plus techniques. Les téléskis (pomalifts) Les téléskis demandent un guidage très précis. Le principe : le guide monte devant, demande au préposé de donner la perche le plus près possible derrière, le guide part en premier, puis le skieur. Pendant la montée : le guide vérifie que le skieur l’entend bien, surveille l’alignement, annonce ce qui arrive : au prochain pylône, ça monte plus, virage à droite, virage à gauche. Si nécessaire, on corrige légèrement à 1h ou 11h. À l’arrivée : soit le guide peut attraper la main ou le bras, soit tout se fait à la voix : 3… 2… 1… lâche à gauche ! L’objectif est toujours une sortie fluide et sécurisée. Le GRSA : un cadre essentiel Tout cela ne s’improvise pas. Le GRSA, fondé en 1969 par des pionniers, compte aujourd’hui plus de 200 membres actifs. Il organise : des camps, des week-ends, pour adultes et jeunes, partout en Suisse, tout au long de la saison. La semaine dernière encore, nous étions en camp à Champéry – Les Crosets. La formation des guides est sérieuse : 2 ans, environ 12 jours de guidage par saison, avec un vrai apprentissage du terrain, du langage et de la sécurité. 👉 Plus d’infos : https://www.grsa.ch Pour conclure Non, aveugle ne veut pas dire pistes vertes et bleues uniquement. Le guidage est une langue à part entière. La voix transmet énormément d’informations. Et le ski se vit dans toutes ses dimensions, descentes comme remontées. Je ne sais pas comment cela se pratique ailleurs (France, Québec, autres pays). Je serais très curieux de lire vos expériences et de découvrir d’autres pratiques. J’espère que cet article vous aura intéressés. Au plaisir de lire vos réactions !

mercredi 28 janvier 2026

Retirer de l’argent aujourd’hui : une vraie galère (et personne n’en parle)

Salut à toutes et à tous, Aujourd’hui, j’avais envie de parler d’un truc très simple en apparence… mais beaucoup moins dans la vraie vie : 👉 retirer de l’argent au bancomat ou au postomat. Parce que oui, on nous répète partout que “le paiement par carte, c’est plus simple”, que tout passe par les QR codes, les terminaux sans contact, le téléphone, la montre, le machin connecté. Au restaurant, dans les cafés, dans les transports, ça marche plutôt bien. Mais retirer du cash ? Aïe aïe aïe. Déjà, les automates ne se ressemblent jamais Premier problème : aucun appareil n’est identique. D’un bancomat à l’autre : l’endroit où insérer la carte change, la hauteur change, la disposition change, parfois c’est à gauche, parfois à droite, parfois en bas, parfois planqué derrière un rebord. 👉 Trouver la fente pour la carte devient déjà un premier challenge. Tu explores, tu tâtonnes, tu cherches… Bon, ça y est, tu l’as trouvée. Soulagement. Ah… c’est tactile 😐 Deuxième problème : l’écran tactile. Et là, grande question : Comment je fais, moi, avec ça ? Certains automates ont bien une sortie casque audio pour la synthèse vocale. Sur le papier, c’est parfait. Dans la réalité ? une fois sur deux, ça ne marche pas, ou ça démarre trop tard, ou la voix se coupe, ou elle ne se lance tout simplement pas. 👉 Résultat : aide extérieure obligatoire. Et franchement… Demander de l’aide à quelqu’un qu’on ne connaît pas, pour retirer de l’argent, ce n’est ni confortable, ni rassurant. On n’a pas envie de demander à n’importe qui. Et c’est normal. Le code PIN, ça va… mais après ? La composition du code, ça va encore : les touches sont en relief, on a nos repères, on sait faire. Mais si la synthèse vocale ne fonctionne pas, là… c’est le blocage total. Soit tu demandes de l’aide. Soit tu abandonnes. Et quand par miracle la voix fonctionne, il faut encore gérer la suite. Trouver l’argent… vite… très vite Là aussi, c’est jamais pareil : parfois le billet sort en bas, parfois sous l’écran, parfois à droite, parfois derrière une trappe qu’il faut tirer. Généralement, le billet sort en bas du panneau de commande. Mais attention : 👉 il faut le prendre dans le bon ordre, et surtout dans le bon timing. Parce que : la carte ressort, les billets sortent, et si tu tardes à retirer l’un des deux… ➡️ la machine avale le reste. Et là, bon courage pour récupérer ta carte. Tout ça pendant que : tu essaies de comprendre ce qui se passe, tu écoutes une voix parfois mal réglée, tu gères ton stress, et que 12 personnes impatientes attendent derrière toi. Conclusion : le paiement par carte, oui… le cash, non merci Au final, on en arrive à ça : le paiement par carte est beaucoup plus simple, tout reste dans le portefeuille, pas de manipulation compliquée, pas de stress, pas de dépendance à une aide extérieure. Résultat ? 👉 Je me retrouve souvent sans cash, pas par choix, mais parce que le retirer est devenu une galère monumentale à gérer. Et franchement, quand on vit ça régulièrement, on finit par se dire : “Tant pis, je ferai sans.” Et vous ? Si vous aussi : vous avez galéré avec un distributeur de billets, vous avez vécu des situations absurdes, stressantes, humiliantes parfois, 👉 parlez-en en commentaire. Ça me ferait vraiment plaisir de lire vos expériences, et surtout de montrer que le problème ne vient pas des personnes, mais bien de dispositifs mal pensés, mal accessibles, et rarement testés dans la vraie vie. Merci de m’avoir lu 🙏

mercredi 21 janvier 2026

Skier sans voir : comment ça se passe, et comment on fait

Salut à tous,
Aujourd'hui, on parle de ski. Oui : de ski sans voir.

Allons droit au but.

Dans ma famille, on skie depuis toujours. Même mes grands-parents
skiaient. Alors forcément, moi aussi.
Mais pour moi, ça n'a pas été simple au début. Aucune école de ski ne
voulait m'apprendre. Personne ne voulait enseigner le ski à une
personne aveugle.
Alors mes parents ont décidé de le faire eux-mêmes.

Au début, je skiais avec un harnais. J'étais relié soit à ma mère,
soit à mon père, avec des cordes, et j'avais un triski pour éviter de
croiser les lattes.
Quand on tirait à droite, je tournais à droite. Quand on tirait à
gauche, je tournais à gauche. C'est comme ça que j'ai appris à tourner
et à freiner.

Petit à petit, on a enlevé le harnais. Avec la peur que j'avais de la
vitesse, je suivais toujours l'un de mes parents qui était devant moi
et qui criait :
« gauche », « droite », « tout droit », « ralentis ».
C'étaient les ordres de base.

J'ai skié longtemps comme ça. Vers 2008, j'ai compris que skier devant
était beaucoup plus sécurisant pour moi, mais en famille je restais
toujours derrière.

Je fais partie depuis 2001 du GRSA, le Groupement Romand des Skieurs
Aveugles et Malvoyants.
Pendant le Covid, j'ai invité un copain guide à venir skier avec moi,
et il m'a fait découvrir le kit moto pour le ski. Et là, ça a tout
changé.

Maintenant, en famille, je skie devant. J'ai le kit moto pour parler
avec mon guide si besoin, et c'est vraiment super utile.
Il y a d'ailleurs un article qui en parle ici :
https://blindpower.blogspot.com/2024/09/mon-equipement-radio-pour-le-ski.html

________________________________

Une journée de ski, concrètement

Je range toujours mes affaires de ski dans les mêmes endroits, pour
les retrouver facilement.
Quand on est prêts, on monte à pied depuis le chalet jusqu'au garage
pour mettre les chaussures de ski.

Une fois assis sur le banc, je mets les pieds près du sèche-chaussures
et je cherche les miennes au toucher.
Après ça, on prend les skis, les bâtons, le casque avec le micro
(sinon c'est la galère), et on va prendre les cabines.

Dans la cabine, on allume la radio, on vérifie qu'on s'entend bien.
Une fois en haut, on chausse les skis.

On commence toujours tranquillement, puis on accélère au fil de la
journée et des pistes.

________________________________

Mon niveau

Je dirais que j'ai un excellent niveau pour un skieur aveugle, mais je
ne skie pas pour me vanter.
Je préfère les pistes engagées et plutôt larges, pour pouvoir attaquer.
Par contre, si je peux éviter le dévers, je le fais.

Je skie surtout aux 4 Vallées, dans le secteur de La Tzoumaz. Je
connais les pistes par cœur.

Parmi mes préférées, il y a celle qu'on appelait le Saxon.
Il y a le télésiège du Saxon, un grand mur, puis un premier plat.
Après, un petit mur avec un léger dévers, puis un long plat.
Ensuite ça repart avec des mouvements de terrain, et les bords sont
assez larges pour jouer avec la piste.
La prairie qui mène à un autre télésiège est aussi super sympa.

Par contre, les plats, c'est une horreur pour moi, parce qu'on
n'entend plus rien.
J'ai fait tester la radio à ma mère une fois : elle skiait devant moi,
mais ça n'allait pas.
Alors je lui ai dit :
— Passe derrière moi.
— T'es sûr ?
— Oui, essaye.

Et en bas du télésiège, elle m'a dit :
— Ah oui… c'est pas mal, c'est même mieux.

Moi, j'ai aussi un faible pour les remontées archaïques : les vieilles
assiettes Poma, les vieilles cabines, les vieux télésièges… tout ce
qui fait du bruit.

Aujourd'hui, je peux faire des choses comme le Mont Fort, mais il faut
que ce soit bon et parfaitement accessible.
Le vallon d'Arbi, je peux le faire, mais je n'aime pas du tout.
Tortin, par contre, aucun problème, je me fais plaisir dessus.
Et une autre piste que j'adore, c'est la piste de l'Ours à Veysonnaz.

________________________________

Pour conclure

Oui, il est possible de skier sans la vue.

Mais petit message aux autres skieurs :
Ne passez pas entre nous trop près.
Lundi, j'ai cru que je me tuais parce que des gens skiaient comme des
bananes, trop vite, et passaient juste devant mes skis.

Voilà pour mon message.
À vous maintenant : réagissez, posez des questions si vous en avez.

mardi 20 janvier 2026

Le braille : une écriture essentielle qu’il ne faut pas laisser disparaître

🟢 Introduction Salut à tous, Aujourd’hui, j’aimerais vous parler du braille. On en parle de moins en moins, et pourtant il est en voie de disparition. Et c’est vraiment dommage, parce qu’il permet énormément de choses et qu’il reste fondamental pour beaucoup de personnes aveugles ou très malvoyantes. Mais d’abord, c’est quoi exactement le braille ? 🔵 C’est quoi le braille ? Le braille est une écriture en relief qui permet aux personnes aveugles et très malvoyantes de lire et d’écrire avec le toucher. On ne le lit pas avec les yeux, mais avec le bout des doigts. Chaque caractère est formé de petits points en relief, disposés de façon précise. Cette écriture a été inventée par Louis Braille. Il est né en 1809 et est devenu aveugle très jeune, à la suite d’un accident. À seulement 12 ans, il met au point un système inspiré d’un code militaire utilisé pour lire dans le noir sans lumière. Ce système, au départ, utilisait 12 points, mais il l’a simplifié pour créer le braille tel qu’on le connaît aujourd’hui. 🟣 Comment fonctionne le braille ? Le braille classique est basé sur une cellule de 6 points, répartis en deux colonnes de trois points : • colonne de gauche : points 1, 2, 3 • colonne de droite : points 4, 5, 6 En combinant ces six points, on peut créer toutes les lettres, les chiffres, les signes de ponctuation, et même des notations musicales, mathématiques ou scientifiques. 🟠 Comment écrivait-on le braille avant ? Au départ, on utilisait une tablette et un poinçon. On prenait une feuille de papier très épais, et on perçait les points avec le poinçon. Les caractères se formaient en miroir : il fallait donc écrire de droite à gauche pour que, une fois la feuille retournée, le braille soit lisible de gauche à droite avec les doigts. Ensuite est arrivée la machine Perkins. C’est une machine mécanique, comme une machine à écrire pour le braille. Elle possède six touches principales, correspondant aux six points du braille. En appuyant sur une ou plusieurs touches en même temps, on forme une lettre ou un signe. 🟡 Le braille et l’informatique Avec l’informatique, on a développé le braille à 8 points. On a ajouté deux points supplémentaires : – le point 7 sous le point 3 – le point 8 sous le point 6 Cela permet plus de combinaisons : majuscules, caractères spéciaux, informatique, programmation… Le braille s’adapte ainsi aux ordinateurs, aux plages braille et aux outils numériques. 🔴 Pourquoi le braille est moins utilisé aujourd’hui ? Avec la dictée vocale, les lecteurs d’écran et les assistants vocaux, beaucoup de personnes aveugles utilisent surtout l’audio. Les raisons principales : – la facilité de la voix – le braille est long et difficile à apprendre – quand la cécité arrive tard, l’envie d’apprendre manque parfois – manque de formation et de moyens Oui, le braille est difficile. Il demande du temps, de la patience et beaucoup d’entraînement. 🟤 Pourquoi le braille reste indispensable ? Le braille permet : – de lire et écrire seul – de travailler et d’étudier – de lire les boîtes de médicaments – de se repérer dans les gares, ascenseurs, bâtiments publics – d’avoir accès à l’information sans dépendre uniquement de l’audio Dans beaucoup de pays, la présence du braille dans les lieux publics est une obligation légale. ⚪ Mon expérience Personnellement, je n’aime pas lire de longs livres en braille. Mais je l’utilise pour le quotidien : repérer des lieux, lire des indications, reconnaître des objets, comprendre sans demander. Le braille, ce n’est pas une vieille écriture inutile. C’est une clé pour l’autonomie, la liberté et la dignité. 🟩 À vous la parole ! Et vous : Utilisez-vous le braille ? Pour quoi faire ? Lire, écrire, travailler, vous repérer, autre chose ? Dites-le en commentaire, je suis vraiment curieux de vous lire.

vendredi 9 janvier 2026

Voilà 2026

Salut à toutes et à tous, Avant toute chose, je tiens à exprimer tout mon soutien aux victimes de Crans-Montana, ainsi qu’à leurs familles et à leurs proches. C’était important pour moi de le dire, simplement. Voilà, nous y sommes : 2026. Une année de plus, c’est fait. Le temps avance, parfois vite, parfois lourdement, mais il avance. Ce billet est pour moi une manière de revenir sur les thèmes qui ont traversé ce blog, et surtout de vous remercier. Merci de me lire, même sans commenter. La lecture silencieuse compte autant que les mots écrits en retour. Ici, on a parlé de beaucoup de choses : de cécité, de voile, de radio, de cuisine, du lac, et de bien d’autres sujets encore. Rassurez-vous : on continue. Ce que je souhaite pour cette nouvelle année Pour 2026, j’aimerais avant tout plus de moments partagés. Avec la famille, les amis, en vrai, ou à la radio. À la maison, sur l’eau, sur les pistes de ski. Parce que les moments passés avec nos proches sont tellement importants. Ils nous ressourcent, nous recentrent, et nous rappellent ce qui compte vraiment. Je souhaite aussi que les rêves aient leur place. Rêver est essentiel. Rêver permet parfois de se retrouver, de tenir, de continuer. À plus grande échelle, j’aimerais voir moins de haine, moins de guerres, moins de conflits. Et puis, je souhaite que vos projets puissent se concrétiser. Un projet qui arrive à son terme, c’est une vraie satisfaction. Ça fait du bien, simplement. Pour terminer, je vous souhaite à toutes et à tous une bonne, une très bonne année 2026. Que vos rêves, vos projets et vos envies puissent, autant que possible, aller jusqu’au bout. Bonne année à vous, ainsi qu’à vos proches. Et merci de continuer à venir me lire, et à partager vos expériences.

Aveugle, mais capable : quand l'accessibilité maritime reste à quai

Salut à tous, Il y a des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur. Celui-ci en fait partie. Depuis quelque temps, je m'intéresse...