Je m'appelle Maximilien et je suis aveugle de naissance. Ma cécité ne m'empêche pas de vivre pleinement mes passions. Je suis massothérapeute et j'adore le sport : ski alpin, voile, marche, vélo en tandem. Je suis aussi passionné par la radio (CB, PMR 446) et la musique, avec des goûts variés allant du blues au rock'n'roll en passant par la chanson française. À travers ce blog, je partage mes aventures et mes découvertes.
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vendredi 25 septembre 2026
De la voile à la radio : ces petites manies que l’écoute m’a données
Avant de commencer, une petite précision s’impose.
Non, parce que je suis aveugle, je n’ai pas reçu à la naissance une paire d’oreilles bioniques capable d’entendre une mouche tousser à trois kilomètres.
Je n’entends pas mieux. J’entends différemment.
Quand on ne voit pas, on utilise forcément autrement les informations qui nous arrivent par les autres sens. Une personne voyante va naturellement regarder autour d’elle. Moi, très souvent, qu’est-ce que je fais ?
J’écoute.
Et à force de pratiquer certaines activités, cette écoute finit par devenir complètement inconsciente. Il n’y a pas de bouton ON/OFF. Ça se fait, c’est tout.
Après dix-sept ans de voile et quelques années à jouer avec la CB, le PMR et la VHF, j’ai donc accumulé quelques petites manies auditives.
Et parfois, je ne m’en rends même plus compte.
Une voile qui faseye ? Forcément, je l’entends
Sur un voilier, il y a des bruits qui deviennent familiers.
Une voile qui faseye, évidemment. Une écoute qui claque. Une drisse qui chante dans le vent. Un winch dont le bruit vous laisse penser qu’un petit entretien ne lui ferait peut-être pas de mal. Quelque chose qui se casse la figure en bas. L’eau qui court le long de la carène.
Pris séparément, ce ne sont que des bruits.
Mais avec l’habitude, ils donnent des informations.
Une voile qui se met à faseyer peut par exemple indiquer que quelque chose a changé : le bateau est peut-être trop haut ou trop bas par rapport au vent, ou le réglage demande de l’attention.
Et je ne décide pas consciemment de l’écouter.
Je peux être en train de discuter et, tout à coup, mon attention part ailleurs :
« Tiens… »
Il s’est passé quelque chose.
Le bateau ne se regarde pas seulement, il se ressent
L’oreille ne travaille d’ailleurs jamais toute seule.
Au près, par exemple, on sent la gîte. Le bateau donne physiquement beaucoup d’informations.
Au portant, c’est différent. On peut être beaucoup plus à plat et avoir presque l’impression que ça n’avance pas tellement.
Et puis on demande :
— On est à combien ?
— Neuf nœuds.
Ah ouais…
Ben mazette !
Parce que le bateau ne donne pas toujours la même impression que le chiffre affiché.
Personnellement, je trouve même la barre plus difficile au portant qu’au près.
Il y a aussi les mains.
Une drisse ne se règle pas comme une écoute ou un bras. Au piano, c’est plus compliqué : on n’entend pas forcément tout ce qui se passe à l'autre bout. Mais on sent l’effort évoluer et on remarque quand quelque chose devient difficile à reprendre.
Avec une écoute, la tension est beaucoup plus directement perceptible dans les mains.
Finalement, à bord, j’utilise un mélange assez naturel : les oreilles, les mains, les mouvements du bateau, la gîte, le vent sur le corps et l’expérience accumulée.
En Suède, le génois m’a dit « stop »
Lors de notre navigation en Suède, nous avons eu un petit exemple assez amusant.
Le génois faseyait. Il fallait donc le reprendre et quelqu’un s’est mis à border.
J’écoutais.
Au bout d’un petit moment, j’ai dit :
— Stop !
Mon capitaine m’a alors fait remarquer que j’avais effectivement entendu le moment où il fallait arrêter de border.
Rien de magique là-dedans.
La voile avait simplement cessé de me dire qu’elle n’était pas contente.
À force, ce genre de chose devient naturel.
Tout comme certaines habitudes deviennent tellement bien installées qu’elles vous poursuivent jusque dans votre sommeil.
Il m’est déjà arrivé de me réveiller après avoir rêvé de voile en pensant :
« Merde, la main de fer ! »
Quand je vous dis qu’il n’y a plus vraiment de bouton ON/OFF…
Et même à terre, le vent reste le vent
Il m’arrive aussi de raisonner naturellement par rapport au vent.
Selon la manière dont je le sens sur moi, l’angle qu’il prend et la façon dont je me tiens, mon cerveau repart facilement vers les allures : près, travers, largue, vent arrière.
Et non, chez moi, inutile de me sortir quinze subdivisions.
Le petit largue et compagnie peuvent rester au vestiaire : près, travers, largue, vent arrière, ça me va très bien !
Une drisse qui chante contre un mât dans un port attire aussi facilement mon attention.
Ce sont de petites choses qui finissent par faire partie du décor.
En mer, la veille passe aussi par les oreilles
Sur un bateau, une veille visuelle est évidemment indispensable.
Mais il existe aussi une veille auditive.
Et celle-là, je la pratique souvent sans même m’en rendre compte.
Un bruit change, une voile faseye, quelque chose tombe, l’eau contre la carène ne raconte plus exactement la même chose…
Mon cerveau récupère l’information.
Je ne me dis pas :
« Attention Maximilien, il est maintenant temps d'activer ton système professionnel de veille auditive ! »
J’écoute, c’est tout.
Et curieusement, la radio m’a donné exactement la même manie.
Quand la Vertex est allumée, il me reste toujours une oreille dessus
Quand j’ai ma Vertex avec moi, il m’est très difficile de ne pas écouter.
Je peux parfaitement discuter avec quelqu’un. Je ne suis pas complètement hypnotisé par le haut-parleur.
Mais il me reste toujours une oreille sur la radio.
Parce que, quelque part dans ma tête, il y a cette petite idée :
« Peut-être que le gars m’appelle, moi. »
Alors la conversation continue, la vie continue, mais la veille reste là en arrière-plan.
Et si la radio se réveille, forcément, mon attention bascule.
Une voix connue, et les copains ne sont plus très loin
Au chalet, par exemple, plutôt que de scroller sur mon téléphone, il m’arrive de prendre mon Midland G9 Pro et de lancer quelques appels.
Du côté de Vevey, il y a mon ami Christian.
Vers Clarens, il y a Alexandre.
Et avec des gens qu’on connaît, il n’est même pas toujours nécessaire d’attendre l’indicatif.
Quelques mots peuvent suffire.
On reconnaît une voix, mais aussi une manière de parler, un rythme, certaines habitudes.
Parce qu’à la radio, chacun a finalement sa façon de faire.
Et c’est justement ce qui est intéressant.
Il y a quelqu’un là-dessous…
En CB, il y a une autre situation que j’aime particulièrement.
Au milieu du souffle, on entend soudain quelque chose.
Pas grand-chose.
Une toute petite modulation.
Et immédiatement :
« Attends… il y a quelqu’un là-dessous. »
Alors on écoute.
Peut-être que ce n’est rien. Peut-être que la station est trop faible. Mais peut-être aussi que ça va devenir intéressant et qu’il sera possible de lancer un appel ou de s’intercaler dans le QSO si les conditions s’y prêtent.
Le souffle était là depuis un moment et le cerveau n’y prêtait plus vraiment attention.
Puis quelque chose a changé.
Une voix est apparue.
Et l’oreille l’a attrapée.
Finalement, ce n’est pas très différent d’une voile qui commence soudain à faseyer.
On entend aussi celui qui sait utiliser son poste
À force de faire de la radio, on finit également par entendre certaines habitudes.
Quelqu’un tient son micro trop loin ? La voix devient distante et difficile à comprendre.
Trop près ? Là encore, la modulation peut devenir pénible et on ne comprend plus correctement ce qui est dit.
Quelqu’un parle à toute vitesse ?
On devine assez rapidement qu’il n’a peut-être pas encore beaucoup l’habitude.
L’expérience ne consiste donc pas seulement à savoir quel bouton tourner.
Elle s’entend aussi dans la façon de transmettre.
Et forcément, à force d’écouter, j’ai développé mes propres habitudes.
J’aime bien résumer cela par trois lettres :
CCP : clair, concis, précis.
Pourquoi alourdir une transmission si quelques mots suffisent ?
Si Étoile Bleue appelle Goéland et que la liaison est parfaitement établie, un simple :
« Étoile Bleue de Goéland, réponds. »
peut parfaitement transmettre ce que je veux dire.
Il existe des règles de procédure, évidemment, et elles ont leur raison d’être. Mais dans ma pratique, être clair, concis et précis a tout autant de poids que réciter mécaniquement une formule.
Quant à la distance entre ma bouche et le micro, je n’y pense même plus.
Là encore : automatisme.
Le silence a un son
Mais écouter, ce n’est pas uniquement rechercher ce qui cloche.
Il y a aussi des sons que j’aime simplement entendre.
L’eau sur la carène.
Le vent dans la toile.
Une voix connue qui sort d’une radio.
Et puis le silence.
Oui, le silence a un son.
Pas le silence absolu d’une pièce hermétique où rien ne se passe.
Je parle plutôt de ces moments où disparaît une partie de l’artifice qui nous entoure habituellement et où l’on entend simplement ce qui est là.
L’eau.
Le vent.
Le bateau.
Ce qui se passe autour de nous.
Quand il y a du vent et que le bateau marche sous voiles, je peux très bien me passer d’autre chose. Il y a déjà suffisamment à écouter, à sentir et, tôt ou tard, à faire pour assurer la bonne marche du bateau.
Au moteur ?
Bon…
Là, je reconnais volontiers que le téléphone peut ressortir plus facilement de la poche.
Je reste humain !
Ce ne sont pas seulement des activités
Si demain on m’interdisait pendant six mois la voile et la radio, ce ne seraient pas seulement deux activités qui me manqueraient.
Tout le reste me manquerait aussi.
Les rituels.
Allumer le poste.
Faire un essai.
Lancer un appel.
Attendre.
Entendre soudain la radio se réveiller.
Reconnaître un copain.
Et côté voile, retrouver l’eau contre la carène, le vent dans la toile, les mouvements du bateau et ces bruits auxquels je ne fais parfois même plus consciemment attention.
Parce qu’au fond, le plaisir n’est pas seulement dans ce qu’on fait.
Il est aussi dans tout ce qui accompagne ce qu’on fait.
Non, je n’ai pas une super-ouïe
Il reste un cliché assez tenace concernant les personnes aveugles :
« Ah, mais vous devez entendre beaucoup mieux ! »
Non.
Je n’ai pas développé un sonar entre les deux oreilles.
Je n’entends pas nécessairement des choses qu’une personne voyante serait incapable d’entendre.
Je n’entends pas mieux. J’entends différemment.
J’utilise davantage certaines informations auditives parce que je n’ai tout simplement pas les informations visuelles à ma disposition.
Et l’expérience affine ensuite cette utilisation.
Dix-sept ans de voile apprennent à reconnaître certains bruits d’un bateau.
Des années de radio apprennent à chercher une voix dans le souffle, à reconnaître une modulation ou à identifier quelqu’un après quelques mots.
Ce n’est pas un super-pouvoir.
C’est de l’expérience.
D’ailleurs, prenez une personne voyante, mettez-lui momentanément un bandeau dans une situation parfaitement sûre et demandez-lui simplement d'écouter ce qui l’entoure.
Elle découvrira probablement des sons qui étaient déjà là cinq minutes auparavant.
Ses oreilles ne se seront pas améliorées en cinq minutes.
Elle aura simplement commencé à les utiliser autrement.
Et moi ?
Entre une voile qui faseye, une écoute qui claque, l’eau sur la carène et une petite voix qui surgit au fond du souffle…
Disons simplement que mes oreilles ont pris quelques habitudes.
Et je crois bien qu’elles n’ont plus de bouton ON/OFF.
Aveugle mais capable !
lundi 21 septembre 2026
Je suis aveugle, pas en examen permanent !
Cet été, je suis parti trois semaines en croisière entre la Corse et l’île d’Elbe, à bord de Pegasus, un superbe ketch d’environ 11 mètres et 9 tonnes.
Trois semaines de bateau, de navigation, de ports, de mouillages, de manœuvres et, heureusement, de vent.
Mais aussi trois semaines pendant lesquelles j’ai parfois eu une drôle d’impression : celle de passer un examen auquel je ne me souvenais absolument pas m’être inscrit.
Autonomie : peut mieux faire.
Sport : insuffisant.
Téléphone : beaucoup trop.
Activités : pas assez intéressantes.
Demandes d’aide : trop nombreuses.
Mobilité à bord : moins bonne qu’avant.
Bon sang de bonsoir ! À quel moment m’avait-on distribué le règlement de l’examen ?
Alors oui, cet article va probablement secouer quelques plumes. Certaines risquent même de tomber en route.
C’est parfaitement assumé.
Parce qu’à un moment donné, il faut aussi appeler un chat un chat.
Commençons par ce qui est vrai
Je pourrais faire davantage de sport.
Voilà, c’est dit.
Je passe beaucoup de temps assis. Je suis beaucoup devant mon ordinateur ou sur mon téléphone. Je travaille également moins que je le souhaiterais dans mon cabinet de massothérapie.
Je ne vais donc pas prétendre ici être un athlète qui s’entraîne quinze heures par semaine.
Je fais tout de même une heure de sport par semaine avec une coach. Six mois me coûtent environ 2 500 francs. Ce n’est pas rien.
On pourra toujours me répondre que marcher ne coûte rien.
C’est vrai.
Sauf qu’il faut aussi aimer ça.
Marcher pendant des heures pour marcher pendant des heures, personnellement, je trouve rapidement cela répétitif. D’autres adorent ça et tant mieux pour eux. Moi, mes passions sont ailleurs.
Et puis il y a une chose qui commence sérieusement à me courir sur le haricot : reconnaître que je pourrais améliorer quelque chose ne signifie pas que tout ce que je fais actuellement est mauvais.
« Tu es moins mobile à bord qu’avant »
Celle-là m’a fait mal.
Pas physiquement. Moralement.
Parce que je ne l’avais absolument pas ressenti.
À bord de Pegasus, je me déplaçais comme je l’ai toujours fait : tranquillement.
Pegasus n’est pas un voilier moderne aux formes relativement plates. C’est un vieux ketch aux formes plus rondes. Et lorsque l’on ne voit pas où l’on pose les pieds, prendre son temps à bord n’est pas nécessairement un signe de manque d’autonomie.
C’est parfois simplement une excellente façon d’éviter de se casser la figure.
Je préfère mettre quelques secondes supplémentaires pour savoir où je suis, trouver mon appui et faire correctement ce que j’ai à faire plutôt que courir sur le pont pour prouver que l’aveugle est dynamique.
Mon autonomie ne consiste pas à faire les choses à la même vitesse qu’une personne voyante.
Elle consiste à les faire à ma manière, correctement et en sécurité.
Et puis, lorsque ça naviguait vraiment, je n’étais pas exactement installé dans un fauteuil à attendre l’arrivée.
Il fallait wincher ?
Je winchais.
Il fallait participer aux manœuvres ?
Je participais.
Et faire avancer 11 mètres et 9 tonnes de bateau quand il y a du vent, ce n’est pas précisément une séance de méditation.
Heureusement d’ailleurs que Pegasus n’était pas un ketch à hunier. S’il avait encore fallu m’envoyer dans la mâture pour établir les voiles, j’aurais peut-être définitivement raté l’épreuve de mobilité !
Oui, j’ai galéré à la barre
Je ne vais pas non plus raconter que tout était parfait.
J’ai eu beaucoup de mal à tenir un cap avec Pegasus.
Je lofais trop, puis j’abattais trop, puis je corrigeais à nouveau. Impossible de trouver quelque chose de suffisamment stable.
Pourquoi ?
Je n’en sais rien avec certitude.
J’ai une hypothèse. Le génois actuel est immense alors que l’artimon me paraît relativement petit. Je me demande donc si l’équilibre du plan de voilure n’a pas changé.
D’autant que j’avais déjà barré ce même bateau, autrefois équipé de son ancien génois, et que j’en gardais le souvenir d’un bateau agréable à barrer.
Mais une hypothèse reste une hypothèse.
Peut-être le bateau était-il mal réglé. Peut-être les conditions jouaient-elles. Peut-être étais-je moins bon à la barre cette fois-ci. Peut-être était-ce un mélange de tout cela.
Je n’ai aucun problème à dire : j’ai galéré.
Ce qui me dérange davantage, c’est lorsqu’une difficulté particulière devient la preuve d’un problème général.
J’ai du mal à tenir le cap aujourd’hui, donc je serais moins autonome qu’avant ?
Minute, papillon.
Entre observer une difficulté et expliquer toute une personne à partir de cette difficulté, il y a quand même quelques milles nautiques.
Puis vint la marche…
Ah, celle-là !
Nous étions sur l’île d’Elbe, entre Marciana Marina et Marciana.
Nous sommes partis avant 9 heures.
Nous étions le 11 juillet.
Et il faisait déjà, comme diraient nos amis québécois, ben chaud en tabarnak !
La promenade ?
Quatre heures.
Et quand je dis promenade, je suis gentil.
Par endroits, ce n’était même plus vraiment un sentier. C’était du pierrier.
J’étais guidé en tenant le sac de la personne devant moi. Dans la caillasse, sans voir précisément où va tomber le prochain pied, avec des pierres qui roulent sous les chaussures, il y avait des moments où j’avais l’impression de faire un pas en avant et huit en arrière.
Mes New Balance sont de très bonnes baskets.
Dans un pierrier, c’était une autre histoire.
Pendant que derrière ça avançait comme une petite chèvre, moi, j’en ai chié.
Voilà.
Pas « rencontré quelques difficultés ».
Pas « ressenti une légère fatigue ».
J’en ai chié.
Quatre heures sous le chalumeau, dans les cailloux, avec des chaussures pas vraiment prévues pour ça.
Et je l’ai faite, cette foutue marche.
Je ne demande pas une médaille.
Je ne demande pas qu’on dise : « Regardez l’exploit extraordinaire de cet aveugle qui a marché pendant quatre heures ! »
Surtout pas.
Mais entre me remettre la médaille du mérite et me répondre en substance, lorsque j’arrive avec des cloques :
« Tu t’en remettras, arrête de te plaindre »,
il existe peut-être un petit espace intermédiaire.
Un truc tout bête.
Reconnaître que, oui, j’en ai bavé.
Ce jour-là, c’était en plus l’anniversaire de mon père et le réseau téléphonique était tellement mauvais que je n’arrivais même pas à l’appeler.
Journée parfaite.
Et derrière, entendre encore que je ne fais pas suffisamment de sport…
Oui.
Peut-être.
Mais faut pas pousser mémère dans les orties non plus !
Demander de l’aide, c’est manquer d’autonomie ?
Autre chose qui m’a été reprochée : je demanderais trop d’aide.
Alors celle-là mérite qu’on s’y arrête.
Pour moi, être autonome ne signifie absolument pas tout faire seul envers et contre tout.
Être autonome, c’est savoir se débrouiller.
Et savoir demander de l’aide en fait partie.
Si je cherche quelque chose que je ne vois pas et qu’une personne à côté de moi peut me dire en dix secondes où ça se trouve, dois-je vraiment passer trois quarts d’heure à chercher pour obtenir mon brevet officiel d’aveugle autonome ?
Si je demande qu’on me montre une fois comment quelque chose fonctionne afin de pouvoir ensuite le faire moi-même, est-ce un manque d’autonomie ?
Je ne crois pas.
L’autonomie, ce n’est pas refuser toute aide.
C’est aussi savoir quelle information demander, à quel moment, puis continuer seul.
Sinon, on finit par créer une injonction assez formidable :
« Sois plus autonome, participe davantage… mais ne demande surtout pas trop d’aide pour pouvoir le faire. »
Faudrait savoir !
Et mon téléphone, maintenant
Oui, je suis beaucoup sur mon téléphone.
Encore une fois : coupable !
Sauf que mon téléphone n’est pas seulement un rectangle sur lequel je fais défiler des âneries pour tuer le temps.
Pour une personne aveugle, le numérique est aussi une formidable porte ouverte sur le monde.
Je communique.
Je lis.
Je m’informe.
J’écris.
Je travaille sur mon blog.
Je prépare des articles.
Je cherche des informations.
Je reste en contact avec des gens.
Et oui, parfois je me divertis.
Quelle horreur !
Le téléphone est un outil comme un autre. On peut en abuser, bien sûr. Moi le premier.
Mais voir quelqu’un assis avec un téléphone dans la main ne permet pas de savoir ce qu’il est en train de faire, et encore moins de résumer sa vie.
« Tes activités radio ne sont pas très intéressantes »
Celle-là aussi, elle m’est restée en travers.
Parce que la radio, j’aime ça.
CB, PMR446, communications avec les Amis du Lac… J’écoute, j’échange, je prends des informations, je les entre parfois dans mon ordinateur.
Vu de l’extérieur, oui, je peux être assis pendant un moment avec une radio à côté de moi.
Et alors ?
Un pêcheur peut rester des heures devant son bouchon.
Quelqu’un peut passer l’après-midi avec un livre.
Un autre va courir vingt kilomètres.
Moi, je peux écouter une fréquence en attendant qu’une station se manifeste.
Ce n’est peut-être pas intéressant pour vous.
Mais c’est intéressant pour moi.
Et il y a une énorme différence entre :
« La radio ne m’intéresse pas »
et :
« Tes activités radio ne sont pas très intéressantes. »
La première phrase parle de vos goûts.
La deuxième juge les miens.
D’ailleurs, lors d’un appel VHF avec un port, je me suis retrouvé à écouter attentivement l’échange.
Je ne l’aurais pas conduit de la même manière.
J’aurais probablement parlé plus lentement, cherché davantage la concision et confirmé clairement une information importante du genre :
« Reçu pour place Lima 12, Pegasus. »
Est-ce que cela fait de moi le grand maître universel de la VHF marine ?
Certainement pas.
Je peux moi-même me tromper sur une procédure.
Mais des années à pratiquer différentes formes de radio donnent quelques habitudes : écouter, attendre, transmettre une information courte et compréhensible, vérifier ce que l’on a reçu.
Je n’irais pas expliquer à une professeure de mathématiques comment enseigner les équations.
Alors peut-être peut-on également accepter que derrière mon petit poste radio et mon ordinateur se trouve une activité que je connais et que j’apprécie.
Même si elle se pratique assis.
Et puis il y avait la vie quotidienne
Au début, faire la vaisselle, aucun problème.
Deux fois par jour s’il le faut.
Je participe à la vie du bord comme les autres.
Mais lorsque cela commence à devenir un peu trop systématiquement mon activité, jarnibleu !
Je ne suis quand même pas parti trois semaines en croisière pour décrocher mon certificat professionnel de lave-vaisselle maritime.
Même chose avec la nourriture.
Pendant trois semaines, j’ai mangé très différemment de mes habitudes. Beaucoup de végétal, du quinoa, des salades de tomates coupées en tout petits dés qui, à mon goût, n’avaient franchement pas inventé la poudre.
Très bien.
D’autres adorent cette alimentation.
Moi, arrivé dans la baie de Cannes avec des bateaux partout autour, j’avais envie d’un burger, d’une entrecôte, d’une glace, d’un cocktail et de trucs qui me faisaient simplement plaisir.
Et je ne vois pas pourquoi je devrais m’en excuser.
Même histoire avec le soleil.
J’avais envie de m’installer un peu au soleil et je demandais simplement un coup de main pour mettre de la crème dans le dos.
Réponse : mets plutôt un T-shirt.
Parce qu’il y aurait trop de cochonneries dans la crème.
Peut-être.
Mais j’ai 36 ans.
Je peux aussi décider si j’ai envie de mettre de la crème solaire et de profiter un moment du soleil.
Conseillez-moi.
Expliquez-moi.
Mais laissez-moi décider.
Même mon T-shirt !
À l’île d’Elbe, je m’achète un T-shirt sur un marché.
Il me plaît.
J’ai envie de le mettre.
Réaction : surtout pas ! Il faudrait d’abord le laver parce qu’il peut contenir toutes sortes de résidus.
Et probablement que laver un vêtement neuf avant de le porter est une excellente habitude.
Mais arrivé à ce stade de la croisière, j’avoue avoir intérieurement levé les yeux au ciel.
Ma mère ne m’a jamais systématiquement lavé chaque T-shirt avant sa première sortie.
À l’heure où j’écris ces lignes, j’ai l’immense plaisir de vous annoncer que j’ai survécu.
Encore une fois, ce n’est pas le T-shirt.
Ce n’est jamais le T-shirt.
C’est l’accumulation.
Le sport.
La mobilité.
L’autonomie.
Le téléphone.
La radio.
La nourriture.
Le soleil.
La manière de demander de l’aide.
Et maintenant le T-shirt.
Au bout d’un moment : bon sang de bonsoir, laissez-moi respirer !
Quand plus rien ne semble être assez bien
C’est probablement ça qui m’a le plus atteint pendant ces trois semaines.
Cette impression que ce que je faisais n’était jamais vraiment suffisant.
Je participais aux manœuvres.
Pas assez mobile.
Je faisais la vaisselle.
Mais je n’étais pas assez autonome.
Je fais du sport une fois par semaine.
Pas assez.
Je pratique la radio.
Pas assez intéressant.
Je tiens un blog auquel je consacre énormément de temps.
Ce n’est pas un travail rémunéré.
Je passe du temps sur mon téléphone.
Trop.
À force, oui, j’ai fini par davantage me mettre en retrait, notamment vers l’île d’Elbe.
Parce que j’étais fatigué.
Et parce qu’au bout d’un moment, lorsqu’on a l’impression que ce que l’on fait sera de toute manière insuffisant, une petite voix commence à dire :
« Eh bien démerdez-vous. »
Ce n’est probablement pas la meilleure réaction.
Mais c’est humain.
Mon travail aussi est un choix
Je travaille comme massothérapeute indépendant.
Pas autant que je le voudrais.
Je ne vais pas raconter le contraire.
Dans une ville comme Pully où l’offre en massothérapie est importante, développer une clientèle n’est pas une promenade de santé.
Mais j’ai choisi cette activité.
J’ai choisi aussi une certaine liberté.
Peut-être qu’avec un autre métier, un patron, des horaires fixes et cinq semaines de vacances annuelles, je travaillerais davantage.
Peut-être aussi que je n’aurais jamais pu partir trois semaines sur Pegasus.
Les choix ont des avantages et des inconvénients.
Ils ne sont pas forcément ceux que ferait quelqu’un d’autre.
Et c’est très bien ainsi.
Heureusement, il y avait le vent
Parce qu’il ne faudrait pas non plus transformer cette croisière en trois semaines d’enfer.
Ce serait faux.
J’ai aimé naviguer.
Et finalement, c’est peut-être pendant les navigations que j’étais le mieux.
Quand le vent rentrait, il n’y avait plus grand-chose à discuter.
Il fallait faire.
Alors je faisais.
Je winchais.
Je participais aux manœuvres.
Je sentais le bateau travailler.
Et pendant ce temps-là, je ne pensais ni à mon autonomie, ni à mon téléphone, ni au nombre d’heures de sport que j’aurais dû faire pendant la semaine.
J’étais simplement un équipier sur un voilier.
Et c’était très bien comme ça.
Nos choix sont différents
Voilà probablement tout ce que j’aurais aimé faire comprendre.
Nos choix sont différents.
Je ne prétends pas que les miens sont parfaits.
Je devrais probablement bouger davantage.
Je pourrais certainement passer moins de temps assis.
Je pourrais probablement lâcher quelquefois mon téléphone.
Je peux améliorer des choses.
Comme tout le monde.
Mais ce n’est pas parce que ma vie ne correspond pas à la vôtre qu’elle est mal remplie.
Ce n’est pas parce qu’une activité ne vous intéresse pas qu’elle est sans intérêt.
Ce n’est pas parce que je demande de l’aide que je manque d’autonomie.
Ce n’est pas parce que je prends mon temps pour me déplacer sur un bateau que je suis moins capable.
Et ce n’est pas parce que j’en chie pendant quatre heures dans un pierrier sous une chaleur de plomb que toute ma condition physique et mon autonomie peuvent être résumées en une phrase.
Je ne demande pas qu’on me trouve formidable.
Je ne demande pas une médaille parce que je navigue, parce que je skie, parce que je tiens un blog, parce que je fais de la radio ou parce que j’ai terminé une randonnée difficile.
Je demande quelque chose de beaucoup plus simple.
Ne transformez pas chaque différence en défaut à corriger.
Vous pouvez me conseiller.
Vous pouvez me dire lorsque vous pensez que je me trompe.
Vous pouvez même me dire des choses que je n’ai pas envie d’entendre.
Mais parlez-moi.
À moi.
Et acceptez aussi qu’après vous avoir écouté, je puisse répondre :
« Merci. Mais je vais faire autrement. »
Parce que l’autonomie, finalement, c’est peut-être aussi ça.
Pouvoir demander de l’aide lorsqu’on en a besoin.
Pouvoir écouter un conseil sans être obligé de le suivre.
Pouvoir choisir ses activités, même lorsqu’elles se pratiquent assis.
Pouvoir manger une entrecôte quand on en a ras le bol du quinoa.
Et pouvoir mener une vie qui ne ressemble pas forcément à celle que quelqu’un d’autre aurait choisie pour nous.
Je suis aveugle. Pas en examen permanent.
Et, bon sang de bonsoir, j’aimerais bien qu’on arrête parfois de confondre les deux.
Aveugle mais capable !
jeudi 25 juin 2026
Ma journée idéale sur le Léman
Salut à tous,
Si je devais décrire ma journée idéale sur le Léman, je serais incapable de choisir une seule recette. Parce qu'au fond, aucune sortie ne ressemble à la précédente.
Bien sûr, j'ai un faible pour l'aube.
Il y a quelque chose de particulier dans le port qui s'éveille doucement. Un nouveau jour commence, avec ses découvertes, ses surprises et cette impression que tout est encore possible.
Mais j'aime aussi les fins de matinée, les après-midi bien établis et les couchers de soleil. Chaque moment a son charme.
La journée commence toujours de la même manière : saluer les copains.
Parce qu'un bateau n'est pas seulement une coque, un mât et des voiles. C'est aussi un équipage. Des voix familières, des habitudes, des plaisanteries et des souvenirs qui se construisent au fil des sorties.
On monte à bord.
J'allume ma fidèle Vertex et j'écoute.
Je n'appelle pas tout de suite. En radio, on vérifie d'abord que le canal est libre. C'est une question de respect, mais aussi une bonne habitude.
Puis viennent les gestes qui annoncent le départ.
On enfile les gants.
Le moteur démarre.
On largue les aussières.
On dérabante la grand-voile.
On prépare les drisses.
On ouvre les taquets du piano.
Et surtout, on se répartit les tâches.
Parce qu'on ne navigue pas seul.
On ne hisse pas un ris tout seul.
On ne prépare pas une manœuvre importante tout seul.
On ne fait pas avancer correctement un bateau chacun dans son coin.
À bord, chacun apporte quelque chose.
L'un prépare une manœuvre.
L'autre surveille un réglage.
Un troisième prépare la suite.
On s'annonce ce que l'on fait.
On s'écoute.
On se fait confiance.
Et quand tout fonctionne bien, cela ressemble presque à une chorégraphie.
Si je peux choisir notre destination, alors direction Lavaux.
Bien sûr, le paysage est magnifique.
Mais il y a aussi une raison plus pratique : c'est souvent là que l'on trouve de beaux thermiques.
À bord, il y a toujours une bouteille d'eau. C'est indispensable.
Et puis, lorsque les manœuvres sont terminées et que les conditions le permettent, un bon verre partagé entre copains fait aussi partie des plaisirs de la navigation.
Après tout, lorsqu'on a travaillé pour la bonne marche du bateau, qu'on a réglé les voiles, surveillé le vent et profité d'une belle journée sur l'eau, partager un moment ensemble fait partie du voyage.
Sur le Léman, les repas prennent souvent la forme d'un pique-nique.
En mer, je prends davantage le temps de faire de vrais repas.
Mais sur le lac, avec des thermiques parfois capricieux, on apprend vite à profiter du vent lorsqu'il est là.
Le sandwich peut attendre quelques minutes.
Le vent, lui, ne prévient pas toujours avant de changer.
Je me souviens d'ailleurs d'une sortie particulièrement mémorable.
Nous étions partis avec le propriétaire du bateau, son fils et un ami.
Ce jour-là, une bise soufflait à décorner les bœufs.
Nous avions pris un ris et envoyé le tourmentin, que beaucoup appellent aujourd'hui le solent.
Malgré cette voilure réduite, nous filions au largue à 9,5 nœuds.
Je m'en souviens encore.
Il fallait anticiper.
Communiquer.
Régler.
Faire confiance au bateau.
Mais aussi faire confiance à l'équipage.
Parce qu'un équipage, ce n'est pas simplement plusieurs personnes présentes sur le même bateau.
C'est un groupe qui avance ensemble.
Lorsque nous sommes rentrés au port ce soir-là, nous étions complètement rincés.
Fatigués.
Mais heureux.
Et c'est peut-être cela, ma définition d'une journée idéale sur le Léman.
Pas une journée parfaite.
Pas une journée de carte postale.
Simplement une journée où l'on navigue avec les copains, où chacun apporte sa contribution, où l'on profite du vent lorsqu'il est là et où l'on rentre avec des souvenirs plein la tête.
Parce qu'au fond, chaque sortie est différente.
Et c'est peut-être pour cela qu'elles sont toutes inoubliables.
vendredi 12 juin 2026
Aveugle, mais capable : quand l'accessibilité maritime reste à quai
Salut à tous,
Il y a des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur. Celui-ci en fait partie.
Depuis quelque temps, je m'intéresse de plus en plus au SRC (Short Range Certificate), la certification permettant d'utiliser correctement une radio VHF marine avec ASN (appel sélectif numérique). En France, l'équivalent est le CRR.
Au départ, tout a commencé simplement. Comme beaucoup de passionnés de navigation, j'ai regardé des vidéos, lu des informations et cherché à comprendre le fonctionnement des procédures radio maritimes.
Mayday.
Pan-Pan.
Sécurité.
Ces mots sont connus de nombreux navigateurs. Mais derrière ces mots se cachent des procédures précises, des équipements modernes et une responsabilité importante.
En avançant dans mes recherches, une question s'est imposée à moi :
Comment une personne aveugle peut-elle accéder à ces outils de sécurité ?
Je ne parle pas de théorie.
La théorie, je peux l'apprendre.
Je peux comprendre les procédures.
Je peux mémoriser les messages.
Je peux apprendre la réglementation.
Le problème n'est pas là.
Le problème apparaît lorsque l'on passe de la théorie à la pratique.
Aujourd'hui, les radios marines modernes équipées de l'ASN reposent largement sur des écrans et des menus visuels. Pour déclencher certaines fonctions, consulter certaines informations ou parcourir certains réglages, il faut voir ce qui s'affiche.
J'ai donc commencé à chercher.
J'ai posé des questions dans des groupes de navigateurs du Léman.
On m'a orienté vers l'OFCOM.
J'ai pris contact avec eux.
La personne chargée des examens a fait preuve d'une grande gentillesse et a pris le temps de répondre à mes questions. Elle m'a expliqué les possibilités existantes et les conditions dans lesquelles un candidat aveugle pourrait envisager de passer l'examen.
Je l'en remercie sincèrement.
Malheureusement, une autre difficulté est rapidement apparue.
Encore faut-il disposer d'un appareil accessible.
Et c'est là que les choses se compliquent.
J'ai cherché.
J'ai regardé différents modèles.
Je me suis renseigné auprès de plusieurs personnes.
J'ai exploré plusieurs pistes.
Mais à ce jour, je n'ai pas trouvé de radio marine ASN clairement conçue pour être utilisée par une personne aveugle grâce à une synthèse vocale ou à un véritable système accessible.
C'est frustrant.
Non pas parce que l'on me refuse l'accès à l'examen.
Non pas parce que l'on me refuse le droit d'apprendre.
Mais parce qu'au bout du chemin, l'outil semble manquer.
Pourtant, mon objectif n'est pas d'obtenir un passe-droit.
Je ne demande pas un examen plus facile.
Je ne demande pas que l'on baisse les exigences.
Je demande simplement la possibilité de démontrer les mêmes compétences que les autres.
Et surtout, je considère cette formation comme un apport réel à la sécurité.
Car je navigue.
Je navigue sur le Léman.
J'ai également navigué en mer.
Je sais qu'une radio n'est pas un gadget.
Lors d'une escale mouvementée à Port-Vendres, avec la houle et le mauvais temps, j'ai une nouvelle fois constaté l'importance de pouvoir rester informé et communiquer efficacement.
La radio fait partie des outils de sécurité du navigateur.
On ne l'emporte pas parce qu'on prévoit un problème.
On l'emporte parce qu'un problème peut survenir.
Et surtout, la sécurité à bord, c'est l'affaire de tous.
Alors oui, je me pose une question.
Si une personne aveugle est capable d'apprendre les procédures, de comprendre les règles et d'utiliser la radio dans un cadre adapté, pourquoi est-il encore si difficile de trouver les outils lui permettant d'aller jusqu'au bout de la démarche ?
Ce constat me fait parfois sourire lorsque j'entends certains grands discours sur l'inclusion.
L'inclusion ne se mesure pas au nombre de conférences organisées.
L'accessibilité ne se mesure pas au nombre de slogans affichés.
Elle se mesure aux possibilités réelles offertes sur le terrain.
Et aujourd'hui, dans ce domaine précis, il reste encore du chemin à parcourir.
Je suis probablement loin d'être le seul à m'être posé ces questions.
Je suis peut-être simplement l'un de ceux qui ont décidé de continuer à chercher.
Car je suis convaincu d'une chose :
Une personne aveugle n'est pas une personne incapable.
Nous sommes présents dans les associations.
Nous sommes présents sur les pontons.
Nous sommes présents sur les lacs.
Nous sommes présents en mer.
Nous sommes présents derrière des radios.
Nous apprenons.
Nous pratiquons.
Nous participons.
Et nous aimerions simplement que les équipements évoluent eux aussi.
À tous les fabricants, organismes de formation et concepteurs d'équipements maritimes, j'aimerais adresser un message simple :
N'oubliez pas que vos utilisateurs ne sont pas tous voyants.
Les personnes en situation de handicap naviguent elles aussi.
Elles apprennent elles aussi.
Elles se forment elles aussi.
Et elles aimeraient pouvoir utiliser les mêmes outils de sécurité sans rencontrer de barrières inutiles.
Si cet article peut servir à quelque chose, j'espère qu'il contribuera à une prise de conscience.
Peut-être qu'un jour, un autre navigateur aveugle tombera sur ces lignes.
Et peut-être qu'il se dira :
« Je ne suis pas seul. »
« C'est possible. »
« Je vais essayer moi aussi. »
Parce qu'au fond, c'est cela que j'aimerais transmettre.
Aveugle, oui.
Mais capable.
dimanche 7 juin 2026
📻 Peut-on naviguer avec la petite antenne ? Essai VHF sur le Léman
Salut à tous,
Aujourd'hui, j'avais envie de partager avec vous un petit retour d'expérience radio réalisé récemment sur le Léman.
La question de départ était simple :
Peut-on réellement naviguer avec la petite antenne d'origine d'une VHF portable, ou faut-il absolument utiliser une grande antenne pour obtenir des communications correctes ?
Pour tenter d'y voir plus clair, nous avons réalisé plusieurs essais avec ma fidèle Vertex VX-180, qui m'accompagne depuis de nombreuses années lors de mes navigations et activités sur le lac.
L'idée était également de vérifier une grande antenne VHF que je possède et de confirmer qu'elle était bien adaptée à cette bande de fréquences.
Premier constat : oui, cette grande antenne fonctionne parfaitement en VHF.
Lors des essais, j'ai notamment pu établir un contact avec Romano 152 du côté de Rivaz alors que je me trouvais à Pully. La communication n'était pas parfaite, avec un peu de friture par moments, mais elle restait parfaitement compréhensible et exploitable.
Nous avons également réalisé plusieurs autres essais avec différents correspondants autour du lac afin de comparer le comportement des deux antennes.
La surprise, c'est que la petite antenne d'origine s'est finalement très bien défendue.
J'avais déjà eu l'occasion, quelques mois auparavant, de contacter Marc, Romano 154, du côté de Saint-Saphorin avec cette même antenne. Comme quoi, malgré sa petite taille, elle est loin d'être inutile.
En revanche, lorsqu'on compare directement les deux antennes, on constate rapidement que la grande antenne apporte un réel avantage en matière de portée et de confort d'écoute.
Cela ne signifie pas pour autant que je vais abandonner la petite antenne.
Bien au contraire.
Lorsque je navigue, ma radio est généralement portée à la ceinture, avec l'antenne vers l'avant. Le micro déporté est fixé au col de mon pull ou sur mon gilet lorsque j'en porte un. Cette configuration est pratique, confortable et me permet de communiquer rapidement sans avoir à manipuler constamment la radio.
Dans ces conditions, la petite antenne reste à mes yeux la solution la plus adaptée à la navigation quotidienne.
Elle est compacte, légère, discrète et ne gêne pas les mouvements à bord.
La grande antenne, elle, est particulièrement intéressante pour des essais, depuis un point fixe ou lorsque l'on souhaite obtenir les meilleures performances possibles.
Pendant nos tests, les échanges restaient simples et efficaces :
« 152 de 156, réponds. »
Quelques secondes plus tard, la réponse arrivait :
« 156 de 152, je te reçois. »
Puis chacun donnait son ressenti sur la qualité de réception : très bon, correct, un peu de souffle ou quelques parasites. Pas besoin de compliquer davantage les choses.
Je précise que ces essais ont été réalisés dans le cadre des activités des Amis du Lac. Les équipements utilisés sont du matériel professionnel exploité dans le cadre de la concession dont dispose l'association. Je suis habilité à participer à ces communications dans ce contexte précis. Il ne s'agit évidemment pas d'émettre librement sur des fréquences auxquelles je n'aurais pas accès.
Au final, cette expérience m'a surtout confirmé qu'une antenne n'est jamais un simple accessoire.
La petite antenne d'origine reste une excellente compagne de navigation et remplit très bien son rôle dans de nombreuses situations.
La grande antenne apporte quant à elle un vrai gain lorsque l'on cherche à maximiser les performances de sa VHF.
Ce retour d'expérience n'a pas la prétention d'être un test scientifique. C'est simplement le récit d'essais réalisés sur le terrain, dans des conditions réelles d'utilisation.
Et comme souvent, c'est sur le terrain que l'on apprend le plus.
Et vous ?
Utilisez-vous une VHF portable en navigation ? Avez-vous déjà comparé plusieurs antennes ?
N'hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires.
À bientôt sur le lac... ou sur les ondes ! ⚓📻🌊
mardi 19 mai 2026
🚢 Le rêve un peu fou d’un vapeur à moi
Salut à tous,
Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler d’un rêve un peu particulier. Un rêve un peu fou peut-être… mais un rêve qui me suit depuis longtemps.
Celui d’avoir un jour mon propre vapeur.
Oui, un vrai bateau à vapeur.
Pas forcément un immense navire de luxe. Non. Plutôt un superbe petit vapeur du Léman, élégant, vivant, avec sa cheminée, son sifflet, sa machine qui souffle doucement et ses bielles qui bougent lentement au rythme de l’eau.
Un bateau qui prend son temps.
Je crois que c’est aussi ça qui me fascine le plus avec les vieux vapeurs : ils ne vont pas vite… et ils n’ont pas besoin d’aller vite.
Ils avancent tranquillement, avec dignité, presque avec sagesse.
Depuis tout petit, les vapeurs du Léman me font rêver. Leurs sifflets graves, leurs machines, leurs vibrations, leurs échappements… tout cela m’a toujours fasciné. Et parmi eux, il y en a un qui a une place particulière dans mon cœur : le Montreux.
Ce bateau est incroyable.
Il a connu plusieurs vies : vapeur au charbon avec sa belle fumée noire et grasse, puis transformé en diesel-électrique pendant des décennies, avant de retrouver la vapeur en 2001. Une véritable renaissance.
Et surtout, j’ai eu l’immense chance de descendre dans sa salle des machines.
Ça, je crois que je ne l’oublierai jamais.
La première chose qui me fascine sur un vapeur, c’est justement la machine. Contrairement aux moteurs modernes souvent cachés, ici tout vit devant nous. Ça bouge, ça souffle, ça travaille. On entend les bielles, les pistons, les échappements. La machine semble presque vivante.
Chaque vapeur a sa personnalité.
Et sur le Montreux, j’ai même eu la chance de pouvoir manœuvrer cette superbe machine. Le mécanicien me l’avait proposé. Franchement, ça compte énormément parmi mes plus beaux souvenirs de navigation.
Je me souviens aussi d’un détail amusant : il faisait moins chaud dans le Montreux que dans La Suisse, alors que les deux chauffent au fuel. Comme quoi, chaque bateau a vraiment son ambiance propre.
Si un jour j’avais mon propre vapeur, je crois qu’il ressemblerait à ça :
Un bateau d’environ seize mètres, avec une coque en bois clair peinte en bleu doux, une superstructure blanche, une magnifique machine compound oblique deux cylindres style Sulzer du début des années 1900, une cheminée bleu ciel avec une coiffe noire… et bien sûr un superbe sifflet trois tons.
Évidemment, il ferait “ancien”, mais avec une technique moderne et fiable.
Et surtout, je voudrais qu’il vive.
Je l’imagine sur le Léman tôt le matin, chauffé au charbon, avec une belle fumée noire qui monte dans le ciel bleu. Des navigations tranquilles, sous le signe de la fumée. Pas de vitesse. Pas de stress. Juste le bruit de la machine, l’eau, le souffle du vapeur et le calme.
Ou encore le soir, au coucher du soleil.
Je crois qu’au fond, les vieux vapeurs ont quelque chose que notre époque moderne a un peu perdu : ils obligent à ralentir.
Et honnêtement… ça fait du bien.
Ce rêve, je ne le garde pas seulement pour moi. J’aimerais partager ça avec des amis, avec la famille, avec des passionnés ou même avec des curieux. Faire découvrir cette ambiance unique à des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une salle des machines.
Parce qu’au fond, le rêve n’a pas de frontière.
Qu’on soit aveugle ou voyant, marin ou non, passionné ou simple curieux… on peut tous rêver devant un vieux vapeur qui traverse lentement le Léman dans la brume.
Et aujourd’hui, j’avais simplement envie de vous inviter à ce rêve avec moi 🙂
Et vous ?
Y a-t-il un rêve un peu fou qui vous accompagne depuis longtemps ? Un vieux bateau, un train, une voiture ancienne, un lieu, une machine, une passion ou simplement une ambiance qui vous fait encore rêver aujourd’hui ?
N’hésitez pas à partager vos rêves et vos souvenirs dans les commentaires 🙂
vendredi 8 mai 2026
⚓ Le langage secret des bateaux
Salut à tous,
Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler d’un sujet un peu particulier, entre mer, histoire, sons… et mystère.
Quand on entend une corne de bateau ou un grand sifflet grave résonner sur un lac ou dans un port, beaucoup de gens pensent que c’est juste “pour faire joli”, pour l’ambiance ou pour faire un peu de bruit.
Et pourtant, derrière ces sons se cache un véritable langage.
Un langage ancien, codifié, international, utilisé partout dans le monde maritime.
Et moi, ce langage m’a toujours fasciné.
Depuis tout petit, les vapeurs du Léman et leurs sifflets ont fait partie de ma vie. Je me souviens encore du Rhône avec son célèbre sifflet à deux tons, unique et reconnaissable entre mille. À force d’écouter, on finit presque par reconnaître les bateaux “à leur voix”.
Quand on est enfant, ces sons peuvent impressionner. Je me rappelle qu’à 7 ou 8 ans, certains grands coups de sifflet me faisaient presque peur. Il faut dire qu’un grand vapeur qui fait résonner un signal grave et profond sur le lac, ça prend littéralement aux tripes.
Puis, avec le temps, cette impression devient fascination.
Parce qu’au fond, ces bateaux parlent.
Pas avec des mots, évidemment, mais avec des signaux sonores régis par le code maritime international. Bien avant les moteurs, avant même la vapeur, les marins communiquaient déjà grâce à des systèmes de signaux et aux pavillons du code international.
Aujourd’hui encore, ce langage existe.
Et il raconte énormément de choses.
Un long coup peut indiquer qu’un bateau part en avant.
Trois coups courts : qu’il recule.
Un coup court suivi d’un long : qu’il croise sur tribord.
Dans le brouillard ou la brume, certains signaux répétés permettent aussi d’indiquer sa présence aux autres navires.
Et il existe encore bien d’autres signaux que je ne connais pas tous, notamment pour les remorqueurs ou certaines manœuvres particulières.
Ce qui est fascinant, c’est que la plupart des gens entendent ces sons… sans vraiment les écouter.
Alors qu’en réalité, ils transportent :
* des informations,
* des intentions,
* des avertissements,
* et parfois même une certaine émotion.
Quand un grand sifflet grave résonne au loin dans la brume, il y a quelque chose de presque intemporel.
Ça évoque les grands départs d’autrefois, l’aventure, les traversées, l’inconnu.
Parce qu’à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe, partir ne voulait pas toujours dire revenir.
Et je crois que c’est aussi pour ça que ces sons me touchent autant.
En 2011, lors d’un voyage aux États-Unis et au Canada, j’avais aussi remarqué quelque chose qui m’avait surpris : là-bas, certains officiers combinaient plusieurs signaux à la suite, alors qu’en Europe ils sont souvent séparés. Ce détail m’avait marqué, simplement parce que j’écoutais attentivement.
Au fond, l’être humain connaît souvent uniquement ce qu’il a besoin de connaître.
Moi, j’ai grandi près du lac, et ces sons ont toujours éveillé ma curiosité.
Je n’aurai probablement jamais le permis bateau.
Mais au moins, je sais décrypter une partie du langage des navires.
Et honnêtement, je trouve ça magnifique qu’un simple coup de sifflet puisse encore faire rêver en 2026.
Et vous ?
Est-ce qu’il y a des sons qui vous transportent immédiatement ailleurs ?
Une corne de bateau, un train, une vieille locomotive, une cloche, une sirène dans le brouillard…
Je serais curieux de lire vos souvenirs et vos réactions 🙂
dimanche 7 septembre 2025
🌊 Dix jours en mer sur le Pegasus avec la Barre Blanche : aventure, houle et sangria ! 🌊
Salut à tous,
Aujourd’hui, je vous raconte une expérience qui restera gravée dans ma mémoire : dix jours en mer à bord du Pegasus, un superbe ketch de 11 mètres, pour un périple organisé avec la Barre Blanche.
Ce fut dix jours faits de belles navigations, de houle, de galères, de fous rires… et de quelques litres de sangria ! 🍹
⚓ Qu’est-ce qu’un ketch ?
Pour ceux qui ne connaissent pas, un ketch, c’est un voilier équipé de deux mâts :
le mât principal, avec la grand-voile,
et un mât arrière, plus petit, qui porte une voile appelée artimon.
Ce type de gréement a beaucoup de charme, mais demande de la finesse à la barre.
Avec l’artimon, le bateau peut avoir tendance à "grimper aux arbres", c’est-à-dire lofer violemment (partir brusquement face au vent).
Pour éviter ça, il faut corriger en permanence et en douceur, sans jamais donner de gros coups de barre.
Sinon, on se retrouve à compenser tout le temps… et là, c’est l’épuisement assuré. ⚓
🚍 Le départ… mouvementé !
Tout commence pour moi dans la précipitation.
Je suis encore à La Tzoumaz avec ma famille quand je réalise que le groupe est déjà parti de Genève en bus avec la Barre Blanche.
Et là je me dis :
"Eh merde… qu’est-ce que j’ai foutu ! Bordel, quel con je fais !"
Panique totale.
Je trouve une solution en dernière minute : prendre un FlixBus pour Montpellier.
Je suis seul dans le bus, ambiance plutôt calme, mais je suis tendu comme une corde, avec la peur de louper mon arrêt et de rater le départ.
À la frontière, contrôle à Bardonnex :
tout le monde descend pour le chien antidrogue, sauf moi qui reste dans le bus avec ma canne blanche.
Franchement, une chance, parce que mon plus grand stress, c’était que le bus reparte sans moi.
Arrivé à Montpellier, un jeune couple qui continuait vers Barcelone m’aide à descendre mes affaires.
Et là, gros soulagement : Nicolas est là, qui m’attend déjà…
mais évidemment, il en profite pour me chambrer un peu. 😅
Hop, direction Port-Camargue au Grau-du-Roi.
🍷 Premier soir à bord : apéro improvisé
À notre arrivée, je découvre enfin le Pegasus, ce beau ketch de 11 m qui allait devenir notre maison flottante.
Comme je suis le dernier à rejoindre l’équipage, j’hérite naturellement de la petite cabine arrière. Mais honnêtement, je m’en fiche : je suis juste heureux d’être là.
Petit problème : plus de liquide vaisselle à bord.
On file donc au petit Utile du port de Port-Camargue pour en acheter.
Et là, je me dis que c’est le bon moment pour me faire pardonner d’être arrivé en décalé :
j’en profite pour prendre deux bouteilles de rosé, une Petit Gris et une Merlot. 🍷🍷
Le soir, apéro avec ces deux bouteilles, repas convivial, rires et bonne humeur.
On dort à quai cette première nuit, prêts pour le grand départ du lendemain matin.
Ambiance : excellente !
🌬️ Jour 1 – Cap sur Gruissan
Le lendemain, c’est parti !
Mais pas un souffle de vent : seulement 2 nœuds, impossible de faire avancer un ketch de 11 mètres et 9 tonnes.
On hisse quand même grand-voile et artimon, juste pour l’honneur, mais c’est le moteur et le pilote automatique qui font tout le boulot.
À bord, ambiance détendue et tranquille, tout le monde discute et prend ses marques.
Après 8 heures de navigation, on arrive à Gruissan, où l’accueil du port est au top.
Petit repas simple à bord (on avait déjà englouti des pâtes au pesto pendant la traversée), puis sortie pour boire une bière et manger une glace.
Une première étape parfaite pour se mettre dans le bain. 🍺🍦
🌊 Jour 2 – Gruissan → Port-Vendres
Cette fois, le vent se lève et la houle aussi.
Le Pegasus avance sous grand-voile et artimon, mais ça secoue sévère.
Le seau devient le meilleur ami de l’équipage pour ceux qui ont le mal de mer… 🤢
Encore 8 heures de nav, mais dans des conditions bien plus sportives.
À l’arrivée, complètement cuits, on s’attache à une bouée derrière Port-Vendres pour la nuit.
Et là, cauchemar : ça bouge encore de partout.
Les sacs valdinguent, les coffres claquent, impossible de fermer l’œil.
Une nuit d’horreur ! 😵💫
🌧️ Jour 3 – Fuite vers Puerto La Selva
Le lendemain, tentative de s’arrêter à Banyuls, mais impossible : ponton flottant impraticable.
Pas le choix, on continue la route.
Et comme si ce n’était pas assez, la pluie s’invite à la fête. 🌧️
Tout le monde sort ses coupe-vent et serre les dents.
Enfin, on atteint Puerto La Selva, premier port après la frontière espagnole.
Enorme soulagement !
On peut enfin se poser, se sécher, et surtout savourer sangria et tapas avant une bonne nuit réparatrice. 🍹🍴
🥶 Jour 4 – Mouillage près de Cadaqués
Direction un mouillage à une demi-heure à pied de Cadaqués.
Sur le papier, c’était idyllique… sauf que la météo a encore décidé de nous jouer des tours.
Pendant la marche, alternance de grosses averses et de moments secs. 🌧️☀️
Visite rapide de Cadaqués sous la bruine, puis refuge bien mérité dans un bar :
sangria blanche,
tapas,
olives.
Parfait pour oublier la météo capricieuse. 🍹🫒
Retour de nuit au bateau avec ma lampe frontale pour se diriger.
Petit point sécurité : on n’avait pas mis le feu de mouillage (pas bien !).
Heureusement, aucun souci cette fois, et on passe une excellente nuit.
☀️ Jour 5 – Enfin le soleil : cap sur L’Escala
Réveil, petit-déj, puis départ direction L’Escala.
Et là, miracle : grand soleil et vent parfait ! 🌞
On navigue sous génois et artimon, et c’est moi qui barre pendant un long moment.
Putain, quel plaisir !
Le Pegasus file, je sens chaque réaction sous mes mains… un moment magique.
Petit oubli : personne n’a pensé à la crème solaire.
Résultat : "Et merde pour ma pomme !" 😖
Visage cramé, surtout le nez et les joues.
Arrivés au mouillage, on part en ville pour manger un morceau et… sangria obligatoire pour fêter ça. 🍹
🌬️ Jour 6 – Tramontane en approche !
Après deux jours tranquilles à L’Escala, on voit que la tramontane va se lever.
Décision stratégique : se planquer dans la baie de Roses pour éviter le gros coup de vent en pleine mer.
Bien nous en a pris !
Le vent arrive brutalement, et il faut enrouler le génois en urgence, grosse frayeur : on a failli l’abîmer. 😬
Ensuite, navigation toutes voiles dehors, mais avec des ris dans la grand-voile et l’artimon.
Malgré ça, le bateau grimpe aux arbres et demande une barre ultra-fine pour rester maîtrisé.
Un moment d’adrénaline pure.
🥾 Jour 7 – Rando costaude à Roses
On reste une journée entière dans la baie pour souffler et profiter.
Au programme : une randonnée bien couillue, pas une balade pépère !
Toute l’après-midi y passe, et on revient crevés mais ravis au bateau.
⛵ Jour 8 – Retour en France, 100 % voile
Le lendemain, départ purement à la voile, pas une goutte de fuel, pas un bruit de moteur.
Le rêve pour tout marin. 🌊
Le Pegasus glisse en silence, navigation paisible et parfaite.
On termine la journée par un mouillage derrière Port-Vendres, dans 3,50 m d’eau, stable et calme.
Une vraie bonne nuit reposante.
🚿 Jour 9 – Gruissan, la douche bénie
Nouvelle escale à Gruissan.
Moment mythique : la douche ! 🚿
Après tant de jours de sel et de fatigue, sentir l’eau chaude couler…
"Ah non de dieu, qu’est-ce que ça fait du bien !"
Puis repas en ville, bière fraîche, et dodo pour attaquer le dernier jour.
⚓ Jour 10 – Retour à Port-Camargue
Départ à 8h15 pour la dernière étape.
Huit heures de navigation, alternant moteur, pilote automatique et voile selon le vent.
À l’arrivée à Port-Camargue, il est 21h passées.
On est cuits, vidés, mais heureux. 😌
🚍 Le retour en Suisse
Le lendemain matin, petit-déj, puis grand nettoyage du bateau.
Ça prend du temps, mais ça fait partie du rituel.
Puis repas final avec une bière avant de reprendre le bus pour la Suisse.
Petit arrêt en route pour acheter quelques produits locaux.
On m’offre même un melon, que j’offrirai plus tard à mes amis venus me chercher à Meyrin. 🍈
On termine par un repas ensemble, puis retour à Pully, où mes amis m’aident à ouvrir et ranger mes sacs.
Fin officielle de ce périple incroyable.
⚓ Bilan
Dix jours de navigation, c’est :
du soleil et de la pluie,
du calme plat et des coups de vent,
des rires, des galères, des bières et des litres de sangria. 🍹
Naviguer sur un ketch, c’est exigeant.
L’artimon demande une barre fine pour éviter de "grimper aux arbres".
Mais c’est aussi une expérience unique qui rapproche de la mer et de soi-même.
💬 À vous la parole !
Et vous, avez-vous déjà navigué sur un ketch ou vécu une aventure en mer qui vous a marqué ?
Racontez-moi vos expériences en commentaire, posez vos questions,
et partagez vos impressions : la discussion est ouverte ! ⚓
Une seule certitude : je repartirai dès que possible ! 🌊❤️
dimanche 24 août 2025
🌊 La mer quand on ne la voit pas
Odeurs et sons
La mer, pour moi, ça commence par une odeur. L’odeur du sel, des algues, de la posidonie réchauffée par le soleil. Elle a mille nuances : parfois douce et apaisante, parfois piquante et forte. C’est souvent ce qui me dit en premier : « tu es arrivé au bord de l’océan ».
Puis viennent les sons. En Atlantique, les vagues roulent et se brisent avec puissance ; en Méditerranée, elles sont plus discrètes. J’aime écouter les goélands qui crient, ou le vent qui fait chanter les drisses et les câbles des voiliers. Ce sont mes musiques de mer.
À bord
Marcher sur une plage, c’est déjà voyager : le sable chaud et doux sous mes pieds, que je préfère aux galets, même si j’aime le bruit particulier qu’ils font sous l’eau. Mais c’est à bord d’un voilier que je me sens vraiment libre.
Je ressens la gîte, le roulis, les vibrations. Je fais corps avec le bateau. À la barre, c’est du plaisir, mais je préfère encore les écoutes, les winchs, le piano. Tant que je peux bosser avec l’équipage, je suis heureux. À bord, il n’y a plus de handicap, seulement un équipier parmi les autres.
Souvenirs marquants
Un souvenir reste gravé : une navigation entre Groix et Houat. J’étais à la barre, le voilier filait à 12 nœuds plein largue, sous un soleil magnifique, sur une mer d’huile, avec un vent parfait. Ce jour-là, j’avais l’impression de voler.
Anecdotes de marin
Les anecdotes, il y en a toujours. Comme la première fois que j’ai viré au guindeau : j’avais mal sécurisé le couvercle de la baille à mouillage… Résultat, je me le suis pris en pleine tête. Nom de bleu, je ne l’ai pas oublié !
Et puis il y a le mal de mer. Pas la peur, non. Mais la nausée, oui. Là, même entouré, on se sent seul. Je ne le souhaite à personne.
Après dix jours en mer, je reviens cuit. Tout ce que je veux, c’est manger et dormir. Et si possible manger de la viande, parce qu’après dix jours végés, j’en rêve 😅. Mais malgré la fatigue, je reviens plus calme, plus serein, parfois même plus fort.
Les petites habitudes
À bord, on boit beaucoup d’eau. Mais un coup de blanc, un verre de rouge ou une bière, ça fait plaisir. Et surtout, il faut toujours avoir du Coca au frigo : c’est le remède des marins contre le mal de mer.
Les manœuvres
J’aime barrer, mais ce que je préfère, ce sont les manœuvres d’équipe. En particulier l’envoi et l’affalage du spi : il faut être parfaitement coordonnés, chacun à sa place. C’est ce travail collectif qui me fait vibrer.
Les surprises en mer
La mer réserve aussi des cadeaux. Comme ces dauphins, en arrivant vers Groix et en repartant. Des dauphins communs, mais aussi des petits dauphins bleus et blancs, comme on me l’a décrit. Un souvenir unique, un moment de grâce.
La vie de nuit et au port
La nuit à bord, ce sont les craquements du bois, le clapot de l’eau, le souffle du vent. Quand je dors bien en mer… ah nom de bleu, c’est un sommeil profond, bercé par le bateau lui-même.
Au port, mon bruit préféré reste l’effervescence du départ : les voix des équipages, les cordages qu’on prépare, les voiles qu’on grée. C’est la vie qui s’anime avant de retrouver le large.
Les rêves de vieux gréements
Et puis il y a mes rêves. Ceux de vieux gréements à voiles carrées : misaine, hunier, perroquet, cacatois, grand-voile, artimon, perroquets de fougue, perruche et cacatois de perruche. Le rêve de monter aux mâts pour carguer ou déployer les voiles, de brasser les vergues comme les marins d’autrefois.
Je rêve aussi de phares, de vapeurs, de navires anciens. Bref, de tout cet imaginaire maritime qui m’habite depuis toujours.
En un mot : liberté
Si je devais résumer la mer en un mot, ce serait : liberté. Parce qu’elle apporte le calme, la sérénité, l’énergie, mais rappelle aussi qu’elle sera toujours plus forte que nous.
👉 Et vous, qu’est-ce que la mer évoque pour vous ?
Est-ce pour vous aussi un souvenir, un rêve, une odeur, une musique, une envie de voyage ? Racontez-moi en commentaire, je serais ravi de lire vos réactions et vos propres expériences de mer.
jeudi 17 octobre 2024
Mon voyage en Bretagne Sud avec La Barre Blanche : Rêves et Réalités en Mer
Bonjour à tous !
Aujourd'hui, je vous emmène avec moi sur les vagues de la Bretagne Sud, où j'ai réalisé deux de mes grands rêves : naviguer en mer et découvrir la Bretagne. Comme vous le savez peut-être, je suis aveugle, mais cela ne m'empêche pas de vivre pleinement mes passions, notamment celle de la navigation.
Je fais partie de l'association La Barre Blanche, basée à Meyrin, dans le canton de Genève, qui permet à des personnes aveugles de naviguer, et pas seulement sur le lac Léman. Ce voyage dont je vais vous parler est une première pour nous : 10 jours de navigation en mer au départ de Lorient. À noter que toutes nos navigations se sont faites de jour, sans aucune navigation de nuit.
Départ vers l'aventure
Nous sommes partis à mi-juillet dans un minibus de Meyrin, direction Lorient, pour environ 10 heures de route. Le voyage a commencé très tôt, vers 6 heures du matin. Nous étions huit à bord, dont trois personnes aveugles. Pendant le trajet, nous avons échangé des recettes à tester à bord, comme un duo de courgettes et d'aubergines cuites en salade avec une vinaigrette maison. En arrivant à Lorient, l'excitation montait : déchargement des affaires, installation à bord du Zingaro, un magnifique voilier de 44 pieds. Après quelques courses pour le repas du soir (des galettes, bien sûr !), nous avons passé notre première nuit à quai.
Première navigation vers l'île de Groix
Après un petit déjeuner gourmand avec des viennoiseries, nous avons fait le marché de Lorient pour nous ravitailler en fruits et légumes. Je vous l'avoue, à bord, nos repas étaient exclusivement végétariens. Vers 14h, nous avons enfin quitté le port. Je peux vous dire que la sortie de Lorient est assez longue ! Après une bonne demi-heure, nous avons hissé la grand-voile et déroulé partiellement le génois. Le vent était bien présent, alors nous avons pris deux ris pour éviter de trop gîter. Nous avons navigué à pleine vitesse pendant trois ou quatre heures avant de mouiller devant la plage des Sables Rouges, sur l'île de Groix. Le coucher de soleil était tout simplement sublime !
Après un repas tranquille, une tisane pour la digestion, et quelques jeux et musique, nous avons passé notre première nuit au mouillage. Au réveil, après le petit déjeuner, nous avons pris l'annexe pour visiter l'île. Même si l'eau était froide, c'était une belle expérience. De retour à bord, un repas s’imposait avant un après-midi de repos, entre sieste, lecture, et écoute de musique.
Cap sur Houat, à 12 nœuds, toutes voiles dehors !
Deux jours plus tard, nous avons levé l'ancre pour l'île de Houat, avec moi à la barre. Le vent était en notre faveur, et nous avons filé à 12 nœuds pendant deux bonnes heures, toutes voiles dehors ! Une sensation incroyable, même après plus de 15 ans d'expérience en voile. Après cette session intense, nous avons mouillé devant Houat pour un après-midi de détente. Une visite de l’île s’est imposée, puis le soir, nous avons dégusté un bon repas en écoutant de la musique.
Belle-Île-en-Mer et la traversée magique
Notre prochain objectif : Belle-Île-en-Mer. La traversée était splendide, même si nous avons dû attendre près de 50 minutes avant de pouvoir entrer dans le port du Palais. Nous avons passé la soirée à découvrir l’ambiance festive du port avant de prendre un verre bien mérité. Le lendemain, nous avions réservé dans un restaurant pour le déjeuner, mais qu'est-ce qu'il a plu ce jour-là ! Nous avons passé la journée à visiter l’île, sous la pluie malheureusement, avant de retourner à bord pour un dîner tout simple.
Une mer agitée vers Hoedic
En quittant Belle-Île pour l'île de Hoedic, les choses se sont vraiment corsées pour moi. J'ai découvert ce que signifie avoir le véritable mal de mer, celui qui vous met à l'épreuve. J'étais littéralement plié en deux, vomissant tripes et boyaux à chaque vague, devenant très ami avec le saut de cockpit. Je me sentais misérable, isolé malgré la présence de l’équipage autour de moi. Heureusement, un Coca, une demi-bière et un cookie m'ont permis de reprendre le dessus. Une fois à Hoedic, une petite balade sur l'île et un rayon de soleil ont fait des miracles pour me redonner des forces.
Fin de l’aventure : la Trinité et Quiberon
Nous avons ensuite mis le cap sur La Trinité-sur-Mer, où je me suis fait plaisir avec quelques souvenirs, notamment un pull marin traditionnel. Là-bas, un repas de fruits de mer, avec deux douzaines d'huîtres, a clos cette belle escale. Le lendemain, nous avons visité les alignements de Carnac, impressionnants avec leurs mystérieux menhirs. Puis, nous avons navigué jusqu’à Quiberon pour une nuit au mouillage.
Retour à Lorient et en Suisse
Notre dernière escale avant le retour fut l’île de Groix. Sous une pluie battante, j’ai malheureusement eu mon deuxième mal de mer, un moment difficile, mais cela fait partie de l’aventure. Finalement, nous sommes retournés à Lorient, où nous avons pris notre dernier repas à bord en naviguant avant de rejoindre la base nautique pour un dernier dîner au port. Le lendemain matin, très tôt, nous avons pris la route pour la Suisse, après ce merveilleux voyage de 10 jours en mer.
Ce voyage m'a permis de réaliser deux rêves : naviguer en mer et découvrir la Bretagne. Je tiens à remercier particulièrement Nicolas et Nadia pour cette expérience incroyable, où j'ai appris tellement de choses. Je peux vous assurer que la navigation en mer est bien plus intense que sur le lac Léman !
mardi 8 octobre 2024
Ma Passion pour la Voile : Naviguer, C'est Vivre
Bonjour à tous,
Aujourd'hui, je vous parle d'une autre de mes passions : la voile. Contrairement à ce que certains pourraient penser, il n'y a pas que la radio dans ma vie. Depuis 2009, je suis aussi un navigateur passionné. Cela fait maintenant 15 ans que la mer et le vent sont devenus mes compagnons de voyage. C'est une activité qui m'apporte énormément, tant sur le plan personnel que relationnel.
Mes Débuts en Voile
Tout a commencé en Corse, où j'ai pris mes premiers cours de voile sur une plage ensoleillée. À cette époque, je ne connaissais rien à ce monde fascinant. Mais rapidement, j'ai senti que cette activité me parlait, presque instinctivement. J'ai compris que j'aimais ça, que le vent dans les voiles, les mouvements du bateau sur l'eau, les manœuvres, tout cela me procurait un sentiment unique. C'est tout naturellement que, de retour en Suisse, j'ai voulu continuer. Et c'est ainsi que je me suis retrouvé à naviguer sur le lac Léman.
Pourquoi J'aime la Voile
La voile, c'est bien plus qu'un sport pour moi. C'est une véritable sensation de liberté. Sur l'eau, je n'ai plus l'impression d'avoir un handicap. Je suis en communion avec la nature, guidé par le vent et les éléments. Chaque sortie me fait ressentir une paix intérieure incroyable. C'est aussi une aventure humaine : j'aime partager ces moments avec mes amis navigateurs. La voile, c'est avant tout une expérience collective, où chaque membre d'équipage a un rôle à jouer, une responsabilité.
Je navigue souvent avec la même équipe depuis maintenant 12 ans. Nous utilisons toujours le même bateau, ce qui me facilite grandement la tâche. J'ai appris à connaître chaque winch, chaque cordage, chaque recoin du navire. Cette familiarité me permet d'être pleinement autonome à bord, même sans pouvoir voir. Je n'ai pas besoin d'étiquettes en braille pour me repérer, je reconnais chaque cordage à sa texture et à son emplacement. Cela devient presque instinctif.
Mon Post à Bord : Pianiste
Au sein de mon équipage, j'occupe un poste essentiel, celui de "pianiste". Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce terme, le pianiste est celui qui s'occupe de la montée et de la tension des voiles. En d'autres termes, c'est moi qui hisse les voiles et ajuste les drisses (les cordages qui permettent de les hisser). Je suis aussi responsable du tangon, une barre horizontale utilisée pour maintenir le spinnaker (une voile spécifique pour les vents portants). Enfin, à la fin de la navigation, c'est moi qui affale les voiles. Ce poste exige une grande coordination, une parfaite connaissance du bateau et de son équipement, ainsi qu'une bonne communication avec le reste de l'équipage.
J'aime ce rôle car il me permet de rester constamment actif. Je suis toujours en mouvement, toujours impliqué dans la manœuvre du bateau. Chaque réglage que je fais a un impact direct sur la performance du voilier, ce qui ajoute une belle dose de responsabilité et d'excitation.
Gros Bateaux vs Petits Dériveurs
Bien que j'apprécie tous les types de voiliers, j'ai une nette préférence pour les gros bateaux. Les petits dériveurs, bien qu'amusants, sont beaucoup plus compliqués à barrer. Ils réagissent plus rapidement aux moindres mouvements, ce qui demande une concentration et une précision extrême. Les gros bateaux, en revanche, me donnent une sensation de stabilité et me permettent d'être plus à l'aise dans les manœuvres. De plus, ils offrent plus de place pour l'équipage, ce qui renforce l'esprit d'équipe et le plaisir de naviguer ensemble.
Naviguer en Mer avec "La Barre Blanche"
Si la majorité de mes sorties se font sur le lac Léman, j'ai aussi eu la chance de naviguer en mer grâce à l'association "La Barre Blanche". Cette association offre aux personnes aveugles ou malvoyantes la possibilité de découvrir la voile en mer. C'est une expérience incroyable que de sentir les vagues et l'immensité de l'océan tout autour de soi. En mer, les sensations sont encore plus fortes : le vent souffle plus puissamment, les vagues sont plus imposantes, et l'horizon semble infini.
Naviguer en mer est une aventure en soi. Contrairement à un lac, où les conditions sont relativement stables, la mer est imprévisible. Les changements de météo, les courants marins, tout cela fait que chaque sortie est différente. C'est ce qui rend la voile en mer si excitante, mais aussi si exigeante. Je vous en parlerai plus en détail dans un prochain article.
La Voile : Un Sport Inclusif
En tant que personne aveugle, la voile me permet de dépasser les limitations que mon handicap pourrait poser dans d'autres contextes. À bord, il n'y a plus de notion de handicap. Je suis un membre de l'équipage à part entière, avec des responsabilités et des tâches à accomplir. Ce qui compte, ce n'est pas ce que je peux ou ne peux pas voir, mais ce que je sais faire. C'est cette inclusion et cette autonomie que j'aime tant dans la voile.
La voile m'apporte un véritable équilibre dans ma vie. C'est un moment où je peux m'évader, me déconnecter de la routine, et me concentrer sur l'instant présent. Que ce soit lors d'une régate ou d'une sortie tranquille avec des amis, je me sens libre et vivant. C'est une passion que je partage avec enthousiasme et que je continuerai à pratiquer aussi longtemps que possible.
mardi 1 octobre 2024
L'Importance de la Radio VHF en Mer
Bonjour à tous,
Aujourd'hui, nous allons parler d’un sujet crucial pour tout navigateur : l'importance d'avoir une radio VHF à bord. Contrairement à la CB, la VHF (Very High Frequency) est spécifiquement conçue pour les communications en mer et est indispensable pour garantir votre sécurité. Que vous naviguiez à bord d’un voilier ou d’un bateau à moteur, la VHF est un outil incontournable. Voici pourquoi vous devriez toujours avoir une radio VHF (voire deux) à bord.
### 1. Demander une Place dans un Port
Lorsque vous arrivez dans un port ou une marina, la VHF est votre principal moyen de communication pour demander une place d'amarrage. Vous contactez les autorités portuaires sur un canal dédié et vous obtenez rapidement des instructions pour l’accostage. Cela permet de faciliter votre arrivée et d'éviter tout malentendu ou encombrement.
### 2. Contacter les Autres Bateaux
Que ce soit pour coordonner des manœuvres, éviter une collision, ou simplement échanger des informations avec les bateaux à proximité, la VHF vous permet de communiquer directement avec les autres navires. Cette communication est particulièrement précieuse dans des conditions de faible visibilité, comme le brouillard ou la nuit.
### 3. Émettre un Message de Sécurité
La VHF vous permet également d'émettre des messages de sécurité, comme signaler un obstacle flottant ou un bateau en difficulté. Les canaux de sécurité sont prioritaires pour la diffusion d'informations importantes, assurant ainsi la sécurité de tous les navires dans les environs.
### 4. Faire une Demande d'Assistance
En cas de panne moteur, d’avarie ou de toute autre situation nécessitant de l’aide, la VHF est là pour que vous puissiez appeler à l’assistance. Vous pouvez contacter les services de secours maritimes, d’autres navires ou même un remorqueur local. Le temps de réponse est souvent plus rapide qu'avec d'autres moyens de communication.
### 5. Recevoir un Bulletin Météo
Les conditions météorologiques en mer peuvent changer rapidement. Grâce à la VHF, vous pouvez recevoir des bulletins météo actualisés, diffusés régulièrement sur certains canaux. Ces informations sont cruciales pour prendre des décisions éclairées et garantir une navigation en toute sécurité.
### 6. Émettre un Message de Détresse
C’est probablement la fonction la plus importante de la VHF : en cas d’urgence grave, comme un naufrage ou un incendie à bord, vous pouvez émettre un appel de détresse (Mayday). Ce type de message est prioritaire sur tous les autres et déclenche une réaction immédiate des services de secours. Avoir une VHF à portée vous assure une communication rapide avec les équipes de sauvetage, même en haute mer.
### Pourquoi Deux Radios VHF ?
Il est souvent recommandé d'avoir à bord une radio VHF fixe et une portable. La radio fixe a une meilleure portée et est plus puissante, tandis que la portable, légère et facile à transporter, est idéale pour les situations d’urgence, notamment si vous devez évacuer le bateau.
### Conclusion
Avoir une radio VHF à bord est indispensable pour toute navigation en mer, que ce soit pour la sécurité, les communications, ou même pour recevoir les prévisions météo. Si vous préparez un voyage en mer, assurez-vous que votre VHF fonctionne correctement et que vous maîtrisez son utilisation.
Pour plus d’informations sur la VHF marine et son utilisation, voici un lien utile vers un guide complet ici https://www.google.ch/search?q=guide+complet+d%27utilisation+de+la+VHF+marine&sca_esv=a982c7140206c012&sca_upv=1&sxsrf=ADLYWIKMf59Vo3aawrD4TPCiiUw2JikHzw%3A1727795834109&source=hp&ei=ehL8ZpyrAsfj7_UP7qGQmA0&iflsig=AL9hbdgAAAAAZvwgiqyZZ82cAGNA7oikMDqtXVlhtrNi&ved=0ahUKEwic0LqHve2IAxXH8bsIHe4QBNMQ4dUDCBg&uact=5&oq=guide+complet+d%27utilisation+de+la+VHF+marine&gs_lp=Egdnd3Mtd2l6IixndWlkZSBjb21wbGV0IGQndXRpbGlzYXRpb24gZGUgbGEgVkhGIG1hcmluZTIIEAAYgAQYogQyCBAAGIAEGKIEMggQABiABBiiBDIIEAAYgAQYogQyCBAAGIAEGKIESKDyAVDa3AFYtesBcAF4AJABAJgBcaAB3AWqAQM2LjK4AQPIAQD4AQGYAgmgAvMFqAIKwgIHECMYJxjqAsICBxAjGLACGCfCAggQABiiBBiJBcICChAhGKABGMMEGArCAgQQIRgKmAMFkgcDNi4zoAfDJg&sclient=gws-wiz.
Bonne navigation à tous, et n’oubliez pas : votre sécurité en mer commence par une bonne communication !
dimanche 29 septembre 2024
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