Je m'appelle Maximilien et je suis aveugle de naissance. Ma cécité ne m'empêche pas de vivre pleinement mes passions. Je suis massothérapeute et j'adore le sport : ski alpin, voile, marche, vélo en tandem. Je suis aussi passionné par la radio (CB, PMR 446) et la musique, avec des goûts variés allant du blues au rock'n'roll en passant par la chanson française. À travers ce blog, je partage mes aventures et mes découvertes.
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jeudi 25 juin 2026
Ma journée idéale sur le Léman
Salut à tous,
Si je devais décrire ma journée idéale sur le Léman, je serais incapable de choisir une seule recette. Parce qu'au fond, aucune sortie ne ressemble à la précédente.
Bien sûr, j'ai un faible pour l'aube.
Il y a quelque chose de particulier dans le port qui s'éveille doucement. Un nouveau jour commence, avec ses découvertes, ses surprises et cette impression que tout est encore possible.
Mais j'aime aussi les fins de matinée, les après-midi bien établis et les couchers de soleil. Chaque moment a son charme.
La journée commence toujours de la même manière : saluer les copains.
Parce qu'un bateau n'est pas seulement une coque, un mât et des voiles. C'est aussi un équipage. Des voix familières, des habitudes, des plaisanteries et des souvenirs qui se construisent au fil des sorties.
On monte à bord.
J'allume ma fidèle Vertex et j'écoute.
Je n'appelle pas tout de suite. En radio, on vérifie d'abord que le canal est libre. C'est une question de respect, mais aussi une bonne habitude.
Puis viennent les gestes qui annoncent le départ.
On enfile les gants.
Le moteur démarre.
On largue les aussières.
On dérabante la grand-voile.
On prépare les drisses.
On ouvre les taquets du piano.
Et surtout, on se répartit les tâches.
Parce qu'on ne navigue pas seul.
On ne hisse pas un ris tout seul.
On ne prépare pas une manœuvre importante tout seul.
On ne fait pas avancer correctement un bateau chacun dans son coin.
À bord, chacun apporte quelque chose.
L'un prépare une manœuvre.
L'autre surveille un réglage.
Un troisième prépare la suite.
On s'annonce ce que l'on fait.
On s'écoute.
On se fait confiance.
Et quand tout fonctionne bien, cela ressemble presque à une chorégraphie.
Si je peux choisir notre destination, alors direction Lavaux.
Bien sûr, le paysage est magnifique.
Mais il y a aussi une raison plus pratique : c'est souvent là que l'on trouve de beaux thermiques.
À bord, il y a toujours une bouteille d'eau. C'est indispensable.
Et puis, lorsque les manœuvres sont terminées et que les conditions le permettent, un bon verre partagé entre copains fait aussi partie des plaisirs de la navigation.
Après tout, lorsqu'on a travaillé pour la bonne marche du bateau, qu'on a réglé les voiles, surveillé le vent et profité d'une belle journée sur l'eau, partager un moment ensemble fait partie du voyage.
Sur le Léman, les repas prennent souvent la forme d'un pique-nique.
En mer, je prends davantage le temps de faire de vrais repas.
Mais sur le lac, avec des thermiques parfois capricieux, on apprend vite à profiter du vent lorsqu'il est là.
Le sandwich peut attendre quelques minutes.
Le vent, lui, ne prévient pas toujours avant de changer.
Je me souviens d'ailleurs d'une sortie particulièrement mémorable.
Nous étions partis avec le propriétaire du bateau, son fils et un ami.
Ce jour-là, une bise soufflait à décorner les bœufs.
Nous avions pris un ris et envoyé le tourmentin, que beaucoup appellent aujourd'hui le solent.
Malgré cette voilure réduite, nous filions au largue à 9,5 nœuds.
Je m'en souviens encore.
Il fallait anticiper.
Communiquer.
Régler.
Faire confiance au bateau.
Mais aussi faire confiance à l'équipage.
Parce qu'un équipage, ce n'est pas simplement plusieurs personnes présentes sur le même bateau.
C'est un groupe qui avance ensemble.
Lorsque nous sommes rentrés au port ce soir-là, nous étions complètement rincés.
Fatigués.
Mais heureux.
Et c'est peut-être cela, ma définition d'une journée idéale sur le Léman.
Pas une journée parfaite.
Pas une journée de carte postale.
Simplement une journée où l'on navigue avec les copains, où chacun apporte sa contribution, où l'on profite du vent lorsqu'il est là et où l'on rentre avec des souvenirs plein la tête.
Parce qu'au fond, chaque sortie est différente.
Et c'est peut-être pour cela qu'elles sont toutes inoubliables.
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