jeudi 25 juin 2026

Ma journée idéale sur le Léman

Salut à tous, Si je devais décrire ma journée idéale sur le Léman, je serais incapable de choisir une seule recette. Parce qu'au fond, aucune sortie ne ressemble à la précédente. Bien sûr, j'ai un faible pour l'aube. Il y a quelque chose de particulier dans le port qui s'éveille doucement. Un nouveau jour commence, avec ses découvertes, ses surprises et cette impression que tout est encore possible. Mais j'aime aussi les fins de matinée, les après-midi bien établis et les couchers de soleil. Chaque moment a son charme. La journée commence toujours de la même manière : saluer les copains. Parce qu'un bateau n'est pas seulement une coque, un mât et des voiles. C'est aussi un équipage. Des voix familières, des habitudes, des plaisanteries et des souvenirs qui se construisent au fil des sorties. On monte à bord. J'allume ma fidèle Vertex et j'écoute. Je n'appelle pas tout de suite. En radio, on vérifie d'abord que le canal est libre. C'est une question de respect, mais aussi une bonne habitude. Puis viennent les gestes qui annoncent le départ. On enfile les gants. Le moteur démarre. On largue les aussières. On dérabante la grand-voile. On prépare les drisses. On ouvre les taquets du piano. Et surtout, on se répartit les tâches. Parce qu'on ne navigue pas seul. On ne hisse pas un ris tout seul. On ne prépare pas une manœuvre importante tout seul. On ne fait pas avancer correctement un bateau chacun dans son coin. À bord, chacun apporte quelque chose. L'un prépare une manœuvre. L'autre surveille un réglage. Un troisième prépare la suite. On s'annonce ce que l'on fait. On s'écoute. On se fait confiance. Et quand tout fonctionne bien, cela ressemble presque à une chorégraphie. Si je peux choisir notre destination, alors direction Lavaux. Bien sûr, le paysage est magnifique. Mais il y a aussi une raison plus pratique : c'est souvent là que l'on trouve de beaux thermiques. À bord, il y a toujours une bouteille d'eau. C'est indispensable. Et puis, lorsque les manœuvres sont terminées et que les conditions le permettent, un bon verre partagé entre copains fait aussi partie des plaisirs de la navigation. Après tout, lorsqu'on a travaillé pour la bonne marche du bateau, qu'on a réglé les voiles, surveillé le vent et profité d'une belle journée sur l'eau, partager un moment ensemble fait partie du voyage. Sur le Léman, les repas prennent souvent la forme d'un pique-nique. En mer, je prends davantage le temps de faire de vrais repas. Mais sur le lac, avec des thermiques parfois capricieux, on apprend vite à profiter du vent lorsqu'il est là. Le sandwich peut attendre quelques minutes. Le vent, lui, ne prévient pas toujours avant de changer. Je me souviens d'ailleurs d'une sortie particulièrement mémorable. Nous étions partis avec le propriétaire du bateau, son fils et un ami. Ce jour-là, une bise soufflait à décorner les bœufs. Nous avions pris un ris et envoyé le tourmentin, que beaucoup appellent aujourd'hui le solent. Malgré cette voilure réduite, nous filions au largue à 9,5 nœuds. Je m'en souviens encore. Il fallait anticiper. Communiquer. Régler. Faire confiance au bateau. Mais aussi faire confiance à l'équipage. Parce qu'un équipage, ce n'est pas simplement plusieurs personnes présentes sur le même bateau. C'est un groupe qui avance ensemble. Lorsque nous sommes rentrés au port ce soir-là, nous étions complètement rincés. Fatigués. Mais heureux. Et c'est peut-être cela, ma définition d'une journée idéale sur le Léman. Pas une journée parfaite. Pas une journée de carte postale. Simplement une journée où l'on navigue avec les copains, où chacun apporte sa contribution, où l'on profite du vent lorsqu'il est là et où l'on rentre avec des souvenirs plein la tête. Parce qu'au fond, chaque sortie est différente. Et c'est peut-être pour cela qu'elles sont toutes inoubliables.

vendredi 12 juin 2026

Aveugle, mais capable : quand l'accessibilité maritime reste à quai

Salut à tous, Il y a des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur. Celui-ci en fait partie. Depuis quelque temps, je m'intéresse de plus en plus au SRC (Short Range Certificate), la certification permettant d'utiliser correctement une radio VHF marine avec ASN (appel sélectif numérique). En France, l'équivalent est le CRR. Au départ, tout a commencé simplement. Comme beaucoup de passionnés de navigation, j'ai regardé des vidéos, lu des informations et cherché à comprendre le fonctionnement des procédures radio maritimes. Mayday. Pan-Pan. Sécurité. Ces mots sont connus de nombreux navigateurs. Mais derrière ces mots se cachent des procédures précises, des équipements modernes et une responsabilité importante. En avançant dans mes recherches, une question s'est imposée à moi : Comment une personne aveugle peut-elle accéder à ces outils de sécurité ? Je ne parle pas de théorie. La théorie, je peux l'apprendre. Je peux comprendre les procédures. Je peux mémoriser les messages. Je peux apprendre la réglementation. Le problème n'est pas là. Le problème apparaît lorsque l'on passe de la théorie à la pratique. Aujourd'hui, les radios marines modernes équipées de l'ASN reposent largement sur des écrans et des menus visuels. Pour déclencher certaines fonctions, consulter certaines informations ou parcourir certains réglages, il faut voir ce qui s'affiche. J'ai donc commencé à chercher. J'ai posé des questions dans des groupes de navigateurs du Léman. On m'a orienté vers l'OFCOM. J'ai pris contact avec eux. La personne chargée des examens a fait preuve d'une grande gentillesse et a pris le temps de répondre à mes questions. Elle m'a expliqué les possibilités existantes et les conditions dans lesquelles un candidat aveugle pourrait envisager de passer l'examen. Je l'en remercie sincèrement. Malheureusement, une autre difficulté est rapidement apparue. Encore faut-il disposer d'un appareil accessible. Et c'est là que les choses se compliquent. J'ai cherché. J'ai regardé différents modèles. Je me suis renseigné auprès de plusieurs personnes. J'ai exploré plusieurs pistes. Mais à ce jour, je n'ai pas trouvé de radio marine ASN clairement conçue pour être utilisée par une personne aveugle grâce à une synthèse vocale ou à un véritable système accessible. C'est frustrant. Non pas parce que l'on me refuse l'accès à l'examen. Non pas parce que l'on me refuse le droit d'apprendre. Mais parce qu'au bout du chemin, l'outil semble manquer. Pourtant, mon objectif n'est pas d'obtenir un passe-droit. Je ne demande pas un examen plus facile. Je ne demande pas que l'on baisse les exigences. Je demande simplement la possibilité de démontrer les mêmes compétences que les autres. Et surtout, je considère cette formation comme un apport réel à la sécurité. Car je navigue. Je navigue sur le Léman. J'ai également navigué en mer. Je sais qu'une radio n'est pas un gadget. Lors d'une escale mouvementée à Port-Vendres, avec la houle et le mauvais temps, j'ai une nouvelle fois constaté l'importance de pouvoir rester informé et communiquer efficacement. La radio fait partie des outils de sécurité du navigateur. On ne l'emporte pas parce qu'on prévoit un problème. On l'emporte parce qu'un problème peut survenir. Et surtout, la sécurité à bord, c'est l'affaire de tous. Alors oui, je me pose une question. Si une personne aveugle est capable d'apprendre les procédures, de comprendre les règles et d'utiliser la radio dans un cadre adapté, pourquoi est-il encore si difficile de trouver les outils lui permettant d'aller jusqu'au bout de la démarche ? Ce constat me fait parfois sourire lorsque j'entends certains grands discours sur l'inclusion. L'inclusion ne se mesure pas au nombre de conférences organisées. L'accessibilité ne se mesure pas au nombre de slogans affichés. Elle se mesure aux possibilités réelles offertes sur le terrain. Et aujourd'hui, dans ce domaine précis, il reste encore du chemin à parcourir. Je suis probablement loin d'être le seul à m'être posé ces questions. Je suis peut-être simplement l'un de ceux qui ont décidé de continuer à chercher. Car je suis convaincu d'une chose : Une personne aveugle n'est pas une personne incapable. Nous sommes présents dans les associations. Nous sommes présents sur les pontons. Nous sommes présents sur les lacs. Nous sommes présents en mer. Nous sommes présents derrière des radios. Nous apprenons. Nous pratiquons. Nous participons. Et nous aimerions simplement que les équipements évoluent eux aussi. À tous les fabricants, organismes de formation et concepteurs d'équipements maritimes, j'aimerais adresser un message simple : N'oubliez pas que vos utilisateurs ne sont pas tous voyants. Les personnes en situation de handicap naviguent elles aussi. Elles apprennent elles aussi. Elles se forment elles aussi. Et elles aimeraient pouvoir utiliser les mêmes outils de sécurité sans rencontrer de barrières inutiles. Si cet article peut servir à quelque chose, j'espère qu'il contribuera à une prise de conscience. Peut-être qu'un jour, un autre navigateur aveugle tombera sur ces lignes. Et peut-être qu'il se dira : « Je ne suis pas seul. » « C'est possible. » « Je vais essayer moi aussi. » Parce qu'au fond, c'est cela que j'aimerais transmettre. Aveugle, oui. Mais capable.

dimanche 7 juin 2026

📻 Peut-on naviguer avec la petite antenne ? Essai VHF sur le Léman

Salut à tous, Aujourd'hui, j'avais envie de partager avec vous un petit retour d'expérience radio réalisé récemment sur le Léman. La question de départ était simple : Peut-on réellement naviguer avec la petite antenne d'origine d'une VHF portable, ou faut-il absolument utiliser une grande antenne pour obtenir des communications correctes ? Pour tenter d'y voir plus clair, nous avons réalisé plusieurs essais avec ma fidèle Vertex VX-180, qui m'accompagne depuis de nombreuses années lors de mes navigations et activités sur le lac. L'idée était également de vérifier une grande antenne VHF que je possède et de confirmer qu'elle était bien adaptée à cette bande de fréquences. Premier constat : oui, cette grande antenne fonctionne parfaitement en VHF. Lors des essais, j'ai notamment pu établir un contact avec Romano 152 du côté de Rivaz alors que je me trouvais à Pully. La communication n'était pas parfaite, avec un peu de friture par moments, mais elle restait parfaitement compréhensible et exploitable. Nous avons également réalisé plusieurs autres essais avec différents correspondants autour du lac afin de comparer le comportement des deux antennes. La surprise, c'est que la petite antenne d'origine s'est finalement très bien défendue. J'avais déjà eu l'occasion, quelques mois auparavant, de contacter Marc, Romano 154, du côté de Saint-Saphorin avec cette même antenne. Comme quoi, malgré sa petite taille, elle est loin d'être inutile. En revanche, lorsqu'on compare directement les deux antennes, on constate rapidement que la grande antenne apporte un réel avantage en matière de portée et de confort d'écoute. Cela ne signifie pas pour autant que je vais abandonner la petite antenne. Bien au contraire. Lorsque je navigue, ma radio est généralement portée à la ceinture, avec l'antenne vers l'avant. Le micro déporté est fixé au col de mon pull ou sur mon gilet lorsque j'en porte un. Cette configuration est pratique, confortable et me permet de communiquer rapidement sans avoir à manipuler constamment la radio. Dans ces conditions, la petite antenne reste à mes yeux la solution la plus adaptée à la navigation quotidienne. Elle est compacte, légère, discrète et ne gêne pas les mouvements à bord. La grande antenne, elle, est particulièrement intéressante pour des essais, depuis un point fixe ou lorsque l'on souhaite obtenir les meilleures performances possibles. Pendant nos tests, les échanges restaient simples et efficaces : « 152 de 156, réponds. » Quelques secondes plus tard, la réponse arrivait : « 156 de 152, je te reçois. » Puis chacun donnait son ressenti sur la qualité de réception : très bon, correct, un peu de souffle ou quelques parasites. Pas besoin de compliquer davantage les choses. Je précise que ces essais ont été réalisés dans le cadre des activités des Amis du Lac. Les équipements utilisés sont du matériel professionnel exploité dans le cadre de la concession dont dispose l'association. Je suis habilité à participer à ces communications dans ce contexte précis. Il ne s'agit évidemment pas d'émettre librement sur des fréquences auxquelles je n'aurais pas accès. Au final, cette expérience m'a surtout confirmé qu'une antenne n'est jamais un simple accessoire. La petite antenne d'origine reste une excellente compagne de navigation et remplit très bien son rôle dans de nombreuses situations. La grande antenne apporte quant à elle un vrai gain lorsque l'on cherche à maximiser les performances de sa VHF. Ce retour d'expérience n'a pas la prétention d'être un test scientifique. C'est simplement le récit d'essais réalisés sur le terrain, dans des conditions réelles d'utilisation. Et comme souvent, c'est sur le terrain que l'on apprend le plus. Et vous ? Utilisez-vous une VHF portable en navigation ? Avez-vous déjà comparé plusieurs antennes ? N'hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires. À bientôt sur le lac... ou sur les ondes ! ⚓📻🌊

Ma journée idéale sur le Léman

Salut à tous, Si je devais décrire ma journée idéale sur le Léman, je serais incapable de choisir une seule recette. Parce qu'au fond, ...