lundi 24 août 2026

Vingt ans plus tard, je remonte à cheval !

Aujourd’hui, je vous emmène avec moi pour un retour un peu particulier… et surtout très attendu : après vingt ans sans monter à cheval, j’ai remis le pied à l’étrier ! Une reprise pleine de sensations, de souvenirs, d’émotion et surtout de plaisir. Alors, en selle : je vous raconte tout ! Il y a parfois des activités que l’on arrête sans vraiment avoir décidé de les abandonner. La vie avance, les études arrivent, les horaires changent, les distances deviennent compliquées… et un jour on réalise que vingt ans ont passé. C’est exactement ce qui m’est arrivé avec l’équitation. Et aujourd’hui, vingt ans après être monté à cheval pour la dernière fois, j’ai remis le pied à l’étrier. Si je devais résumer cette journée en un seul mot, je n’aurais même pas besoin de réfléchir : Plaisir. Une histoire commencée en 1999 J’ai commencé l’équitation vers 1999, alors que j’avais environ neuf ans. À l’origine, il y avait une raison assez particulière : travailler ma posture. J’ai toujours eu cette fâcheuse tendance à me tenir un peu trop penché vers l’avant, et l’équitation devait notamment m’aider à me redresser. Et ça avait plutôt bien fonctionné. Impossible aujourd’hui de me souvenir si, à neuf ans, j’étais immédiatement enthousiaste à l’idée de monter à cheval ou si j’y suis allé simplement parce qu’on me proposait cette activité. Une chose est certaine : j’ai très vite aimé ça. J’ai continué pendant plusieurs années, notamment à Essert-Pittet, près d’Yverdon, avec Véronique. Et Véronique, si jamais tu tombes un jour sur cet article, tu vas certainement te reconnaître ! Je me souviens aussi des chevaux. Il y eut notamment Hard Rock, puis Señorito, deux magnifiques chevaux blancs. Avec le temps, Señorito et moi avions appris à bien nous connaître. J’ai même eu la chance de découvrir avec lui quelque chose dont je garde encore aujourd’hui un souvenir extraordinaire : le galop. Difficile de décrire exactement ce que l’on ressent dans ces moments-là. Vingt ans après, le mot qui me vient est peut-être simplement liberté. Puis, en 2005, j’ai arrêté. Pas à cause d’une mauvaise expérience. Pas parce que je n’aimais plus les chevaux. Simplement parce que la vie en avait décidé ainsi. J’étais en formation, il fallait davantage se consacrer au scolaire, les horaires devenaient plus difficiles à faire coïncider et Pully–Essert-Pittet représentait quand même une certaine distance. L’équitation est progressivement sortie de mon quotidien. Pendant vingt ans, j’ai arrêté de monter à cheval. Mais je n’ai jamais cessé d’aimer les chevaux. Un cadeau de Noël qui rouvre une porte Et puis ma sœur a eu une idée. Elle savait que j’avais monté pendant plusieurs années et surtout que j’avais beaucoup aimé cela. À Noël dernier, elle m’a donc offert un bon pour aller monter au Manège du Chalet-à-Gobet, sur les hauts de Lausanne. Et ce vendredi 21 août 2026, le moment est enfin arrivé. Dehors, autant le dire franchement, il tombait des cordes ! Heureusement, la séance avait lieu dans le grand manège couvert. Il y faisait tout de même assez cru, mais franchement, à ce moment-là, la météo était bien secondaire. J’étais surtout heureux. Un peu tendu également, mais pour une raison très simple : je ne connaissais pas encore le cheval que j’allais monter. Ce cheval s’appelait Spice. Et je crois que nous avons assez rapidement compris tous les deux que ça allait bien se passer. Faire connaissance avec Spice Avant de monter, il y a d’abord le cheval. J’ai donc commencé par brosser Spice. Avec Mylène, qui m’accompagnait pour cette reprise et avec qui le contact a été immédiatement très sympathique, nous l’avons ensuite préparé et sellé. J’ai demandé de quelle couleur était Spice. On m’a répondu qu’il était d’un joli brun, couleur cannelle. Avec un nom pareil, finalement, ça lui va plutôt bien ! Il mesure environ 1,50 m au garrot et possède une belle présence. Il est assez imposant, mais ce qui m’a surtout marqué, c’est son caractère. Spice est affectueux, sensible, calme et apaisant. J’aime énormément les chevaux pour cela. Il y a quelque chose dans leur présence qui m’apporte du calme et de la sérénité. Et avec Spice, je l’ai immédiatement retrouvé. Pied à l’étrier… vingt ans après Puis est arrivé le moment de monter. Pas d’adaptation particulière : directement depuis le sol, un pied dans l’étrier et me voilà en selle, sans aide. Et là, première nouveauté. Pendant mes années d’équitation, j’avais surtout connu le matériel d’équitation anglaise. Cette fois, Spice était équipé western. La selle est différente. Elle est notamment conçue pour offrir une assise adaptée aux longues périodes à cheval et possède le fameux pommeau à l’avant. J’ai également trouvé les étriers particulièrement stables et l’ensemble très confortable. La bride et la manière d’utiliser les rênes différaient également de ce que j’avais connu autrefois. Mylène m’a donc expliqué comment travailler avec ce matériel. Et très vite, une évidence : vingt ans ou pas, ça ne s’oublie pas. C’est comme le vélo. Les réflexes sont revenus naturellement. Et puis Spice est parti au trot… Nous avons commencé au pas, puis nous sommes passés au trot. Et pas uniquement quelques foulées pour dire que j’avais trotté ! Trot normal, trot enlevé, puis trot en suspension. Je m’attendais peut-être à devoir rechercher mes mouvements pendant quelques instants. Eh bien non. Ils sont revenus immédiatement. Aucune correction n’a été nécessaire. Mon corps semblait se souvenir parfaitement de ce qu’il avait appris vingt ans auparavant. Et au trot, j’ai retrouvé exactement pourquoi j’aimais tellement l’équitation. Sentir les pas du cheval. Son rythme. Ses mouvements. Ses réactions. Sentir son corps travailler sous le mien et progressivement ne plus subir son mouvement, mais l’accompagner. Au trot enlevé, par exemple, il faut entrer dans le rythme. Les foulées se succèdent régulièrement et, très vite, on finit presque par compter inconsciemment. On sait quand se lever, quand redescendre, sans devoir réfléchir à chaque mouvement. Pendant un moment, il n’y avait plus grand-chose d’autre. Spice et moi. Cette sensation de presque ne faire plus qu’un avec le cheval était toujours là. Après vingt ans. Un cheval d’une finesse incroyable Une autre chose m’a beaucoup marqué chez Spice : sa finesse. Il n’est pas nécessaire de faire de grands gestes. Une petite indication avec les jambes ou les mains, une légère pression correctement donnée, et il comprend. Mylène me donnait les indications à la voix et gardait Spice à la longe, en prenant progressivement davantage de distance. Mais c’était bien moi qui travaillais avec lui. Et cette finesse m’a immédiatement rappelé quelque chose que je connais particulièrement bien : la barre d’un voilier. Lorsqu’on barre, on apprend rapidement que les grands mouvements ne servent à rien. Une petite action peut suffire. On ressent la réponse du bateau, on anticipe, on accompagne et on ajuste. Avec Spice, j’ai retrouvé quelque chose de très proche. Une indication. Une réaction. Une sensation. Puis éventuellement une correction. Avec évidemment une différence fondamentale : Spice est un être vivant, sensible, avec son caractère et ses propres réactions. Mais dans cette nécessité d’être fin, d’anticiper et de ressentir plutôt que de forcer, j’ai vraiment retrouvé quelque chose de la voile. Pendant quelques instants, j’étais au Texas ! Et forcément, avec une selle western, il fallait bien que mon imagination s’en mêle. Pendant quelques instants, j’ai oublié le Chalet-à-Gobet. Dans ma tête, j’étais au Texas, au milieu des grands espaces et des ranchs américains ! Bon… En réalité, nous étions toujours sur les hauts de Lausanne et dehors il pleuvait à verse. Mais laissez-moi rêver ! C’est aussi cela que j’aime dans certaines activités : elles peuvent vous emmener très loin sans que vous ayez besoin de partir quelque part. Et quand on est aveugle, comment fait-on ? Finalement, dans mon cas, assez simplement. Il faut évidemment un cheval calme et adapté, ainsi qu’une personne compétente pour donner les bonnes indications. Mylène me guidait à la voix et Spice restait à la longe pour cette reprise. Elle pouvait progressivement s’éloigner tandis que je travaillais avec lui. Et c’est à peu près tout. Je n’avais pas besoin que quelqu’un fasse les mouvements à ma place. Je ressentais Spice, son allure, ses changements de rythme et ses réactions à mes indications. Encore une fois, être aveugle demande parfois une adaptation. Mais l’adaptation n’est pas l’activité. Elle est simplement ce qui permet de pratiquer l’activité. J’ai également découvert une autre facette du travail de Mylène qui m’a beaucoup touché : elle accompagne aussi des personnes ayant d’autres atteintes à la santé, notamment des personnes en chaise roulante, afin de leur permettre elles aussi de goûter au plaisir de monter à cheval. Je ne connais évidemment pas les situations particulières de chacun ni les adaptations mises en place, et je ne vais donc pas parler à leur place. Mais le simple fait de savoir que l’on cherche à permettre à des personnes ayant des besoins très différents de profiter elles aussi de ce plaisir me touche beaucoup. Connaître son matériel Cette séance m’a également donné envie d’en apprendre davantage sur l’équitation western. Et là encore, je fais un parallèle avec la voile. Sur un bateau, j’aime savoir ce que j’utilise. Comprendre les voiles, les cordages, les réglages, le gréement et leurs effets permet de mieux comprendre le comportement du voilier. À cheval, j’ai envie de faire pareil. Connaître le cheval, évidemment, mais également comprendre la selle, la chabraque, la bride, les rênes, les étriers et la manière dont tout cela fonctionne. Je connaissais surtout le matériel anglais. Eh bien maintenant, j’ai de nouvelles choses à apprendre ! Et ça me plaît. Déjà terminé ? Je ne saurais même pas dire précisément combien de temps tout cela a duré. Une petite heure, probablement. Pour moi, c’est passé beaucoup trop vite. À la fin, nous avons ramené Spice à la place de pansage. Nous l’avons dessellé et je l’ai encore félicité, comme je le faisais pendant la séance lorsqu’il répondait correctement à ce que je lui demandais. Puis Mylène l’a ramené à son box. Et moi ? Je tremblais. Pas de peur. Je n’ai d’ailleurs pas eu peur une seule fois pendant cette reprise. C’était simplement l’émotion de retrouver, après vingt ans, des sensations merveilleuses que je pensais appartenir à mon passé. Ma sœur était là. Elle a pu assister à la séance et en filmer quelques petits moments. Je crois qu’elle a rapidement compris qu’elle avait plutôt bien choisi son cadeau ! Elle ne m’avait finalement pas seulement offert une séance à cheval. Elle venait de me permettre de rouvrir une porte fermée depuis vingt ans. Et maintenant ? Mylène m’a déjà parlé d’une possibilité qui me plaît beaucoup : lorsque le temps sera meilleur, pourquoi ne pas partir un jour en promenade en forêt avec Spice et elle ? Évidemment que l’idée me tente ! Et le galop ? Oui… Pourquoi pas un jour ? Mais chaque chose en son temps. Avec Señorito, autrefois, nous nous connaissions bien. Spice et moi venons seulement de nous rencontrer. Avant de penser au galop, j’ai envie d’apprendre à mieux le connaître, de découvrir davantage ses réactions et de construire cette confiance. Et si un jour les conditions sont réunies, retrouver cette sensation de liberté au galop serait évidemment magnifique. Pour l’instant, j’ai surtout envie de continuer à monter dès que l’occasion se présentera. Quelques heures après la séance, mon dos et mes genoux me rappellent quand même que vingt ans se sont écoulés ! Demain, quelques courbatures viendront probablement compléter le tableau. Mais franchement ? Je les prends volontiers. Si vous avez envie d’essayer… Si une personne aveugle, malvoyante ou ayant un autre handicap lit cet article et se dit : « Moi aussi, j’aimerais essayer, mais je ne sais pas si c’est pour moi… » je lui répondrais quelque chose de très simple : Si tu en as envie, essaie. Avec un encadrement compétent et les adaptations nécessaires lorsqu’il en faut, évidemment. Mais ne laisse pas une envie enfermée dans un tiroir simplement parce que tu ne sais pas encore si tu en es capable ou si l’activité va te plaire. Essaie d’abord. Si ça te plaît : génial ! Si ça ne te plaît finalement pas : ce n’est pas grave. Au moins, tu auras essayé avant de décider. Parce que parfois, certains plaisirs restent vingt ans dans un tiroir. Il suffit d’avoir l’occasion de le rouvrir pour découvrir qu’ils n’avaient jamais vraiment disparu. Et moi, si je devais encore résumer cette journée en un seul mot ? Toujours le même : PLAISIR. 🐴

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