mardi 6 octobre 2026

De la carte perforée au smartphone : l’étonnante histoire de nos systèmes

Salut à toutes et à tous ! Windows, macOS, Linux, Android, iOS… Nous utilisons ces noms tous les jours ou presque. On allume un ordinateur, on ouvre Word, un navigateur Internet, un logiciel de messagerie ou n’importe quelle autre application et, généralement, on ne se demande pas trop ce qui se passe derrière. Et pourtant, sans système d’exploitation, notre ordinateur ne ferait pas grand-chose. Mais au fait, d’où viennent-ils, tous ces systèmes ? Windows n’est pas apparu un beau matin avec un menu Démarrer. Linux n’est pas aussi vieux que les premières énormes machines IBM. Le Macintosh n’a pas toujours fonctionné sous un système appelé macOS. Et même DOS n’est certainement pas le commencement de l’histoire. Je préfère d’ailleurs vous prévenir tout de suite : en préparant cet article, j’en ai appris moi aussi ! CP/M, par exemple, je connaissais à peine le nom. Unix, je savais vaguement ce que c’était et connaissais surtout ses liens avec Linux ou les systèmes actuels d’Apple. Quant à certains des premiers systèmes d’exploitation, je serais bien incapable de prétendre que je connaissais leur histoire avant de commencer mes recherches. Alors remontons un peu le temps. Pas trop quand même, sinon nous allons nous retrouver avec douze pages consacrées aux cartes perforées avant même d’avoir rencontré Windows ! Avant Windows, avant DOS… avant presque tout Les premiers ordinateurs n’avaient évidemment rien du portable posé aujourd’hui sur notre bureau. On parle de machines énormes, extrêmement coûteuses, utilisées par des entreprises, des administrations, des universités ou des centres de recherche. On ne s’asseyait pas forcément devant avec un clavier, une souris et un écran pour leur demander tranquillement d’ouvrir un document. Les cartes perforées et le traitement par lots faisaient partie de ce monde. Je n’ai évidemment jamais travaillé avec une carte perforée. J’aimerais d’ailleurs bien en avoir une entre les mains un jour, ne serait-ce que pour toucher concrètement un morceau de cette histoire informatique. Parce que franchement, quand je pense à la facilité avec laquelle nous enregistrons aujourd’hui des gigaoctets sur une petite clé USB, je me dis que travailler avec des paquets de cartes devait être une sacrée affaire ! Dans les années 1950 apparaissent les premiers véritables systèmes d’exploitation. Leur rôle est encore très éloigné de notre Windows ou de notre macOS moderne, mais une idée fondamentale commence à s’imposer : il faut du logiciel pour organiser le travail de la machine, gérer ses ressources et permettre aux programmes de fonctionner. Petit à petit, le système d’exploitation devient donc l’intermédiaire entre le matériel, les programmes et l’utilisateur. Pour le dire très simplement : votre ordinateur contient du matériel, mais il faut quelque chose pour lui expliquer comment utiliser ce matériel et permettre ensuite à Word, Firefox, Office, Lotus ou n’importe quel autre logiciel de fonctionner. C’est notamment le rôle du système d’exploitation. Unix : un ancêtre qui aura une sacrée descendance En 1969 apparaît Unix aux Bell Labs, notamment grâce au travail de Ken Thompson et Dennis Ritchie. Quelques années plus tard, Unix est largement réécrit dans le langage C, ce qui facilite son adaptation à différentes machines. À l’époque où j’ai commencé l’informatique, Unix n’était absolument pas un système que je connaissais vraiment. Son nom m’est devenu plus familier beaucoup plus tard, notamment en m’intéressant à Linux et à macOS. Pourtant, son influence est gigantesque. Unix donnera naissance à différentes familles de systèmes et influencera profondément l’informatique moderne. Gardez donc Unix dans un coin de votre tête. Nous allons le retrouver. CP/M : celui que je connaissais à peine Dans les années 1970, les micro-ordinateurs commencent à changer le paysage. Parmi les systèmes importants de cette époque se trouve CP/M, développé par Gary Kildall et Digital Research. Et là, je dois être franc : avant de préparer cet article, CP/M, pour moi, c’était pratiquement un nom croisé une ou deux fois. Pourtant, il est important pour comprendre ce qui arrive ensuite. CP/M devient très présent sur les micro-ordinateurs de la fin des années 1970. Puis apparaît 86-DOS, développé par Tim Paterson chez Seattle Computer Products et fortement inspiré de l’environnement de CP/M. Microsoft entre alors dans l’histoire. Lorsque IBM prépare son IBM PC, lancé en 1981, Microsoft fournit le système qui deviendra PC DOS sur les machines IBM et MS-DOS dans le monde des compatibles. Attention toutefois à un raccourci fréquent : IBM n’a pas inventé à lui seul l’ordinateur personnel. Il existait déjà des micro-ordinateurs et des ordinateurs personnels auparavant. En revanche, l’IBM PC va jouer un rôle considérable dans la diffusion et la standardisation de ce que nous appellerons le PC. Et DOS va devenir un nom incontournable. DOS : quelques lettres et beaucoup de commandes DOS n’est d’ailleurs pas un seul et unique produit. On trouvera MS-DOS chez Microsoft, PC DOS chez IBM, plus tard DR-DOS et encore d’autres variantes. Aujourd’hui, il existe même FreeDOS. Je n’ai jamais utilisé FreeDOS. En revanche, contrairement à ce que l’on pourrait croire en regardant mon parcours, j’ai bien utilisé DOS. Pas comme système principal à la maison, mais à l’école. Au CPHV, je me souviens notamment de programmes fonctionnant sous DOS. Il n’y avait pas de synthèse vocale pour moi dans ces programmes. Je me rappelle encore de certaines commandes. On tapait par exemple : CO et cela lançait un programme de calcul oral avec différents choix numérotés. Il y avait également : PENDU qui lançait, vous l’aurez deviné, le jeu du pendu. Ce sont de petits souvenirs, mais ils permettent de comprendre quelque chose : avant de cliquer sur des icônes, on disait beaucoup plus directement à l’ordinateur ce qu’il devait lancer en tapant des commandes. Et contrairement à une idée que l’on pourrait avoir, la ligne de commande n’est évidemment pas née avec DOS. Elle existait bien avant lui et elle existe toujours aujourd’hui. Pendant ce temps, chez Apple… Mon premier véritable contact avec l’informatique s’est justement beaucoup fait du côté d’Apple. Dans ma famille, le Mac était presque le sacro-saint ordinateur. Un ordinateur ? Un Mac, point barre ! Windows appartenait presque au camp adverse. J’ai donc utilisé très jeune d’anciens Macintosh à l’école et ailleurs. À l’époque, on ne parlait pas encore de « macOS » comme aujourd’hui. Les premiers Macintosh utilisaient ce qu’Apple appelait notamment System ou System Software. Je me souviens surtout de l’utilisation au clavier. Pomme-O pour ouvrir. Pomme-S pour enregistrer. Pomme-P pour imprimer. Pomme-A, Pomme-W… La touche Pomme est devenue depuis la touche Commande, mais beaucoup de ces raccourcis sont toujours là. Et petite particularité dont j’ai déjà parlé sur ce blog : certains anciens claviers Apple que j’ai connus avaient leurs repères tactiles sur D et K, contrairement aux F et J que nous connaissons aujourd’hui. Les systèmes Apple vont évoluer : System 6, System 7, puis le nom Mac OS finira par s’imposer officiellement. Arriveront notamment Mac OS 8 puis Mac OS 9. Nous avons eu des Power Mac dans mon entourage, notamment à l’époque des PowerPC. Je me rappelle aussi de la fameuse souris ronde surnommée « palet de hockey ». Une souris dont le design aura, disons… marqué les esprits ! Et Windows arrive dans le paysage Microsoft lance Windows 1.0 en 1985. À l’origine, Windows fonctionne au-dessus de MS-DOS. Il apporte notamment une interface graphique avec fenêtres et menus. Suivront Windows 2, Windows 3.x, puis Windows 95, qui constitue une étape majeure dans l’histoire du PC grand public. Windows 98 arrive ensuite. Et c’est là que mon histoire personnelle rejoint véritablement celle de Windows. J’avais déjà connu les interfaces graphiques sur Macintosh. Les fenêtres et les menus n’étaient donc pas une idée complètement étrangère pour moi. Mais vers 2000, j’ai commencé à utiliser sérieusement Windows 98 avec JAWS 3.5. JAWS, pour ceux qui ne connaissent pas, est un lecteur d’écran permettant notamment à une personne aveugle d’utiliser Windows grâce à une synthèse vocale et à une ligne braille. J’ai appris Windows, Word et progressivement Internet. Puis Windows XP est arrivé. Dans mon parcours personnel, je suis passé directement de Windows 98 à XP. Windows Me et Windows 2000 ne font donc pas vraiment partie de mon histoire d’utilisateur. Enfin mon ordinateur ! Vers 2002, j’ai reçu mon premier véritable PC personnel. Je ne vais pas vous donner ici sa référence exacte, parce que près d’un quart de siècle plus tard je risque de mélanger deux ou trois caractéristiques. Mais je me souviens d’un disque dur d’environ 30 Go, de quelques centaines de mégaoctets de mémoire vive et d’une puissance qui ferait probablement sourire n’importe quel smartphone actuel. Et pourtant, pour moi, c’était une révolution. Parce que pour la première fois, j’avais réellement accès à cette fabuleuse machine. J’avais Windows, JAWS, une synthèse vocale et surtout ma première ligne braille personnelle : une ALVA Traveller 544. Je me souviens encore de ce qu’elle affichait lorsqu’elle attendait la connexion : « ALVA Satellite. Waiting for connection… » Rien que cette phrase me ramène à toute une époque. La révolution n’était finalement pas seulement d’avoir un ordinateur plus puissant. C’était d’avoir enfin complètement accès à sa puissance. Je pouvais créer mes documents, explorer le système et commencer à découvrir Internet beaucoup plus librement. Internet… quand il fallait encore se connecter à Internet Aujourd’hui, Internet est pratiquement omniprésent. Notre ordinateur démarre et il est connecté. Notre téléphone est connecté. Les applications se synchronisent. Les mises à jour arrivent. Nos fichiers peuvent être dans le cloud. Mais je me rappelle très bien de l’époque où Internet passait encore par le réseau téléphonique. Les prises RJ11, l’ISDN/RNIS, puis les différentes évolutions… Pendant longtemps, je me suis connecté de cette manière. Vers 2005, une amie aujourd’hui disparue m’avait offert une carte Wi-Fi D-Link pour mon ordinateur. Et là, il avait fallu installer la chose ! Le Wi-Fi n’était pas encore nécessairement intégré d’office dans tous les portables comme aujourd’hui. Lorsque je suis ensuite passé à un Maxdata, celui-ci possédait déjà une solution Wi-Fi Intel intégrée. Cela paraît complètement banal aujourd’hui. À l’époque, ça ne l’était pas autant. Et voilà encore une chose importante : le système d’exploitation peut savoir gérer le Wi-Fi, mais encore faut-il que la machine possède le matériel nécessaire et les pilotes permettant au système de communiquer avec lui. Matériel, firmware, pilotes, système, applications… Il commence à y avoir du monde sous le capot ! Justement : allons voir sous le capot C’est notamment à l’École des Arches, à Lausanne, vers 2008-2009, que j’ai réellement commencé à comprendre ce qui se passait derrière l’utilisation quotidienne d’un ordinateur. Installation, maintenance, réseau, configuration… C’est là que j’ai commencé, comme j’aime le dire, à voir sous le capot. Aveugle, oui… mais je vois autrement ! Avant cela, j’avais déjà une bonne expérience comme utilisateur. Là, je découvrais davantage les mécanismes. Par exemple, lorsque vous appuyez sur le bouton de votre PC, Windows ne surgit pas immédiatement par magie. Le firmware de la machine, historiquement le BIOS sur les PC et aujourd’hui généralement l’UEFI, initialise le matériel et prépare le démarrage. Ensuite intervient le mécanisme permettant de trouver et lancer le système. J’ai ainsi découvert des notions comme le MBR ou le bootloader. Je simplifie volontairement, parce que sinon nous allons finir par démonter l’ordinateur vis par vis et personne n’arrivera vivant à la fin de cet article ! Mais retenez simplement ceci : Avant même que Windows ou Linux commence à parler, il s’est déjà passé pas mal de choses. Mon aventure avec Linux Et nous voilà justement arrivés à Linux. Aux petits malins qui pensaient que Linux existait déjà au temps où les ordinateurs occupaient une pièce entière : patience, mesdames et messieurs, nous y voilà seulement ! Le projet GNU commence dans les années 1980 autour de Richard Stallman. Puis, en 1991, Linus Torvalds commence le développement du noyau Linux. Le noyau n’est pas à lui seul tout le système que l’utilisateur manipule. Autour de lui viennent de nombreux outils et composants, notamment issus du projet GNU, ainsi que des environnements graphiques et des applications. C’est ainsi qu’apparaissent les différentes distributions GNU/Linux : Debian, Ubuntu, Fedora et bien d’autres. Moi, j’ai testé Ubuntu. Sur mon Maxdata, j’avais d’abord essayé le système grâce à un Live CD. Cela permettait de démarrer Linux depuis le CD sans nécessairement l’installer immédiatement sur le disque dur. Puis je me suis dit : allons-y ! Je l’ai installé. Et là, j’ai découvert entre autres que Linux n’organisait pas les disques comme Windows. Sous Windows, nous avons nos bonnes vieilles lettres : A:, C:, D:, etc. Sous Linux, on raisonne autrement, avec une arborescence dont la racine est représentée par « / », et des systèmes de fichiers montés dans cette arborescence. J’ai également installé Ubuntu en multiboot avec Windows. Au démarrage, GRUB servait de bootloader et me permettait de choisir le système à lancer. Enfin… « permettait » est un grand mot. Parce que GRUB, chez moi, ne parlait pas ! Il fallait donc mémoriser les mouvements de flèches pour savoir quel système sélectionner. Le système pouvait parler grâce à Orca, mais encore fallait-il réussir à le démarrer ! J’utilisais GNOME avec Orca comme lecteur d’écran. Et mon expérience personnelle ? Compliquée. Très compliquée. Je n’avais personne pour réellement m’apprendre Linux et beaucoup de mes automatismes Windows ne fonctionnaient plus. Même la touche Windows que j’utilisais naturellement pour ouvrir le menu Démarrer ne faisait évidemment pas ce que j’attendais. J’ai cherché, expérimenté, bricolé… Puis le disque du Maxdata a fini par rendre l’âme. Et là, pour reprendre une formulation québécoise : « Crissez-moé ça aux vidanges, c’t’assez, cette maudite affaire-là ! » Fin de mon aventure Ubuntu. Cela ne signifie évidemment pas que Linux est mauvais ou inaccessible. Cela signifie simplement que, dans mon cas et à cette époque, sans véritable formation, je l’ai trouvé beaucoup trop compliqué pour avoir envie de continuer. Et le plus amusant, c’est que même sans Linux sur mon ordinateur, j’en utilise probablement indirectement tous les jours. On trouve Linux dans énormément de serveurs, d’équipements réseau et de systèmes embarqués. Android lui-même utilise le noyau Linux. Comme quoi, on peut virer Ubuntu de son ordinateur et continuer à croiser Linux absolument partout ! Windows continue son chemin Pendant ce temps, Windows a évidemment continué d’évoluer. J’ai utilisé Windows XP pendant longtemps avec différentes versions de JAWS. Je me rappelle notamment JAWS 4.02, JAWS 5 puis JAWS 7.10. À l’ORIF de Pomy, j’ai également eu l’occasion de faire un peu plus que simplement ouvrir Word. Je me souviens notamment d’un PC sur lequel j’avais des droits administrateur. Il fallait installer le Service Pack 3 de Windows XP. Plutôt que de foutimasser pendant des heures avec Windows Update, l’informaticien m’avait passé un CD contenant le Service Pack. Environ trois heures plus tard, l’installation était faite. J’ai aussi connu l’époque où certains logiciels avaient besoin de leur CD-ROM. BiblioRom, notamment, me rappelle cette période. À l’École des Arches, nous utilisions également VMware pour créer des machines virtuelles. Une machine virtuelle permet, pour simplifier, de faire fonctionner un ordinateur virtuel à l’intérieur d’un ordinateur réel. J’avais notamment tenté d’y installer Windows Server 2003. L’installation n’a jamais abouti. Mais au moins, j’aurai essayé ! Et cela m’avait permis de comprendre qu’un système d’exploitation n’était pas forcément attaché directement à une seule machine physique. XP, 7, 10, 11… Après Windows XP, je suis personnellement passé à Windows 7. Puis directement de Windows 7 à Windows 10. Je n’ai donc pratiquement pas vécu Windows 8 et 8.1 comme utilisateur. Ce qui produit parfois des souvenirs amusants. Par exemple, je me rappelle avoir découvert le ruban dans l’Explorateur avec Windows 10. En préparant cet article, j’ai vérifié : Microsoft avait en réalité introduit ce ruban dans l’Explorateur avec Windows 8. Simplement, Windows 8 était passé par là sans moi ! Windows 10 m’a accompagné jusqu’en 2025, puis je suis passé à Windows 11. Avec JAWS et mon utilisation principalement au clavier, le passage à Windows 11 ne m’a pas paru être une révolution gigantesque. Il y a toutefois quelque chose auquel je suis particulièrement sensible : les sons. Windows XP avait pour moi une identité sonore très reconnaissable, avec des sons que je décrirais volontiers comme plus musicaux, parfois presque pianistiques. Windows 11 me fait davantage penser, par certains sons, à une ambiance de gare ou d’aéroport. C’est évidemment une impression personnelle. Mais lorsqu’on ne voit pas l’écran, l’identité sonore d’un système prend parfois une importance que l’on ne soupçonne pas. Et le Mac dans tout ça ? Pendant mes années Windows XP, le Mac n’avait pas complètement disparu de ma vie. Comme j’avais appris à utiliser les anciens Macintosh, il pouvait encore m’arriver d’en utiliser un ponctuellement. Mais pour mon autonomie informatique quotidienne, Windows avec JAWS était devenu essentiel. Pendant ce temps, Apple préparait pourtant un énorme changement. Mac OS 9 appartient encore à l’ancienne famille des systèmes Macintosh. Mac OS X, commercialisé à partir de 2001, constitue une rupture beaucoup plus profonde que son nom pourrait le laisser croire. Ses fondations reposent notamment sur Darwin et un héritage Unix. Vous vous souvenez d’Unix, tout à l’heure ? Le revoilà ! L’histoire informatique adore faire revenir ses personnages quelques décennies plus tard. VoiceOver change la donne À l’origine, Mac OS X ne représentait pas pour moi une solution réellement utilisable au quotidien. Puis Apple a intégré VoiceOver. VoiceOver apparaît sur Mac avec Mac OS X Tiger 10.4. À ses débuts, son utilisation et ses possibilités linguistiques n’étaient évidemment pas celles que nous connaissons aujourd’hui. Pour moi, le Mac est réellement redevenu intéressant plus tard. Vers 2011, alors que mon Dell Latitude E6400 avait des problèmes et que j’avais besoin d’une machine, j’ai acheté un MacBook Pro 13 pouces. Au départ, c’était presque pour faire deux ou trois trucs. Puis j’ai commencé à explorer VoiceOver. Son fonctionnement m’a d’abord dérouté, notamment cette notion d’interaction avec les éléments. Mais j’ai passé des heures à explorer les réglages, les fonctions et les possibilités. Et progressivement, Windows et Mac ont commencé à cohabiter chez moi. Il ne s’agissait pas de décider que l’un était merveilleux et l’autre affreux. Les deux avaient leurs avantages. Sous Windows, JAWS restait et reste encore aujourd’hui un outil essentiel pour moi. Sur Mac, VoiceOver avait un avantage considérable : il faisait directement partie du système. Je pouvais connecter une ligne braille, activer VoiceOver et commencer à travailler. Dropbox a ensuite facilité le passage d’une machine à l’autre : commencer un document sur le Mac, le reprendre sur Windows, ou inversement. J’ai utilisé Pages, Numbers et Keynote, puis Microsoft Office est progressivement devenu réellement utilisable avec VoiceOver, ce qui simplifiait énormément les échanges de documents entre mes différentes machines. PowerPC, Intel, ARM : même Mac, autre moteur Apple a également changé plusieurs fois complètement l’architecture matérielle de ses ordinateurs. Les anciens Macintosh utilisaient notamment les processeurs Motorola 68k. Puis sont arrivés les PowerPC, avec les Power Mac et les générations G3, G4 et G5. Apple est ensuite passé aux processeurs Intel à partir de 2006. Et plus récemment, nouvelle transition vers les puces Apple reposant sur l’architecture ARM. Ces changements sont techniquement énormes. Pour l’utilisateur, ils peuvent pourtant sembler beaucoup moins spectaculaires. On ouvre toujours ses fichiers. On lance toujours ses applications. Commande-O ouvre toujours un document. Sous le capot, pourtant, le moteur a complètement changé. Mon Mac actuel, un MacBook Néo, utilise par exemple une puce Apple A18 Pro reposant sur l’architecture ARM. Et voilà comment une famille de processeurs dont on associe facilement les origines modernes aux appareils mobiles finit également dans un Mac. Du téléphone au smartphone Les systèmes d’exploitation ne se limitent évidemment plus depuis longtemps aux ordinateurs. Mon premier véritable smartphone a été un Nokia N70 sous Symbian. J’avais eu des téléphones auparavant, notamment un Nokia 6210, mais je le laisse volontairement de côté ici : nous n’étions pas encore dans le même monde du smartphone. Sur le N70, pour rendre le téléphone accessible, j’utilisais Mobile Speak, un lecteur d’écran qu’il fallait acheter séparément. Cela ressemblait finalement assez à la logique que je connaissais sous Windows : système d’un côté, technologie d’accès ajoutée ensuite. Puis j’ai eu mon premier iPhone : un iPhone 4. Il a été suivi d’un iPhone 4S, puis d’un iPhone 6, d’un iPhone 8, d’un iPhone SE et aujourd’hui d’un iPhone 16e. Avec l’iPhone, VoiceOver faisait directement partie d’iOS. Et là encore, le changement de philosophie était important pour moi. Le lecteur d’écran n’était plus quelque chose qu’il fallait acheter séparément et installer pour rendre l’appareil utilisable. Il était déjà là. J’ai également essayé Android et TalkBack. Je n’ai jamais réellement accroché, probablement aussi parce que je connais beaucoup moins bien Android. Si je devais aujourd’hui passer sérieusement sur Android, il faudrait pratiquement que quelqu’un m’apprenne le système depuis le début. Encore une fois, cela ne signifie pas qu’Android est mauvais ou inaccessible. Simplement, ce n’est pas mon environnement habituel. Et derrière Android, nous retrouvons encore… Linux ! Décidément, celui-là se cache partout. Des systèmes là où on ne les voit même pas Quand on dit « système d’exploitation », on pense facilement Windows, macOS, Linux, Android ou iOS. Mais il y en a ailleurs. Les serveurs qui hébergent nos services en ligne ont besoin de systèmes. Les NAS possèdent leur propre environnement logiciel. Les routeurs et box Internet peuvent utiliser des systèmes spécialisés, très souvent basés sur Linux. Les distributeurs automatiques de billets et quantité d’autres appareils utilisent également des systèmes informatiques que l’utilisateur ne voit pratiquement jamais. À l’École des Arches, j’avais notamment appris à regarder ce qui se passait derrière une simple connexion réseau. Une adresse comme : 192.168.1.1 peut par exemple donner accès à l’interface d’administration d’un routeur, selon sa configuration. Derrière la petite boîte qui « donne Internet », il y a donc beaucoup plus de choses qu’on ne l’imagine. En revanche, attention à ne pas tomber dans l’excès inverse. Tout appareil électronique n’exécute pas nécessairement Linux, Windows ou un système d’exploitation comparable à celui d’un PC. Une radio CB ou une VHF peut très bien utiliser de l’électronique, un microcontrôleur et du firmware spécialisé sans avoir un véritable système d’exploitation généraliste derrière. Et heureusement ! J’imagine assez mal ma VHF annoncer : « Veuillez patienter. Windows Radio installe la mise à jour 26H2. N’éteignez pas votre appareil. 27 %. » En plein appel de détresse, ça serait légèrement fâcheux ! Et l’accessibilité dans tout ça ? Pour moi, impossible de raconter l’histoire des systèmes d’exploitation sans parler de leur accessibilité. Parce que l’existence d’un système ne signifie pas automatiquement que je peux l’utiliser. Lorsque j’ai commencé sérieusement sous Windows, JAWS était indispensable pour moi. Aujourd’hui, Windows intègre Narrateur et il existe également NVDA, gratuit et libre. J’ai essayé NVDA sans réellement accrocher. Narrateur a énormément évolué et peut être utile, mais dans mon utilisation quotidienne, JAWS reste indispensable. Chez Apple, mon expérience est différente puisque VoiceOver est directement intégré à macOS et iOS et constitue mon lecteur d’écran quotidien sur ces appareils. L’accessibilité des systèmes a donc énormément progressé. Mais cela ne signifie pas que toutes les solutions spécialisées sont devenues inutiles. Et surtout, un système peut être techniquement accessible tout en comportant encore des applications, des sites ou des interfaces qui ne le sont pas correctement. L’histoire continue. De A: au cloud Quand je repense à tout cela, certains détails me font sourire. J’ai connu les grandes disquettes 5¼ pouces sur Commodore à l’école enfantine, même si je ne m’en servais pas réellement pour jouer. J’ai surtout travaillé avec les disquettes 3½ pouces. Dans une boîte de dialogue Ouvrir, on allait chercher le lecteur A:. Aujourd’hui encore, le disque principal d’un PC Windows s’appelle généralement C:, héritage d’une époque où A: et B: étaient réservés aux lecteurs de disquettes. Puis sont arrivés les CD-ROM, les clés USB, les disques de plusieurs téraoctets et le stockage dans le cloud. Nous sommes passés d’une époque où l’on pouvait transporter quelques fichiers sur une disquette à une époque où des milliers de photos et de documents peuvent se synchroniser automatiquement entre plusieurs appareils. Et malgré tout cela, j’appuie encore sur Ctrl-O sous Windows ou Commande-O sur Mac pour ouvrir un fichier. Tout change. Et certaines choses restent étonnamment longtemps. Finalement, d’où viennent nos systèmes ? De très loin ! Ils viennent d’une histoire faite de grosses machines, de cartes perforées, de traitement par lots, de terminaux, de lignes de commande, de micro-ordinateurs, de DOS, d’Unix, de CP/M, de Macintosh, de Windows, de Linux et de quantité d’autres systèmes que je n’ai même pas cités. Ils viennent aussi d’idées qui se sont croisées, séparées, reprises et transformées pendant des décennies. Unix influence encore une partie considérable de l’informatique moderne. DOS a marqué profondément le PC. Les premiers systèmes Macintosh ont contribué à populariser une autre manière d’interagir avec l’ordinateur. Windows a évolué jusqu’à devenir très différent de ses premières versions. Linux, arrivé bien plus tard que certains ne l’imaginent, s’est retrouvé partout, des serveurs aux smartphones Android. Mac OS X a rompu avec l’ancien Mac OS tout en permettant au Mac de poursuivre son histoire sur de nouvelles fondations. Et les smartphones ont fini par mettre dans nos poches des machines dont les capacités auraient semblé invraisemblables lorsque je découvrais mes premières disquettes. Quant à moi, je serai passé des anciens Macintosh à Windows 98 avec JAWS, puis XP, aux premières connexions Internet par téléphone, à mon ALVA Traveller, au Wi-Fi, à Ubuntu et son GRUB muet, à Windows 7, 10 et 11, au retour vers le Mac avec VoiceOver, puis de Symbian et Mobile Speak à l’iPhone. Et j’en oublie certainement. C’est peut-être d’ailleurs ce que je retiens le plus en préparant cet article. J’utilise des ordinateurs depuis des années. J’en ai installé, dépanné, parfois juré dessus, parfois appris à regarder sous leur capot. Et malgré cela, il y avait encore toute une partie de leur histoire que je ne connaissais pas. Alors la prochaine fois que vous allumerez votre ordinateur ou votre smartphone, pensez-y une seconde. Avant que votre bureau apparaisse, avant que votre lecteur d’écran commence à parler, avant que vous ouvriez votre navigateur, il y a derrière ce geste banal plusieurs décennies d’histoire informatique. Et dire qu’au départ, il y avait notamment des paquets de cartes trouées ! Mazette, on en a fait du chemin. Et vous ? Quel a été votre premier système d’exploitation ? Avez-vous connu DOS, les anciens Macintosh, Windows 3.1, Windows 95, les disquettes ou les premiers Linux ? Et y a-t-il un système que vous regrettez… ou au contraire un que vous êtes très heureux d’avoir envoyé aux vidanges ? N’hésitez pas à partager vos souvenirs dans les commentaires. À bientôt pour un nouvel article ! Aveugle mais capable !

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De la carte perforée au smartphone : l’étonnante histoire de nos systèmes

Salut à toutes et à tous ! Windows, macOS, Linux, Android, iOS… Nous utilisons ces noms tous les jours ou presque. On allume un ordinateur...