Je m'appelle Maximilien et je suis aveugle de naissance. Ma cécité ne m'empêche pas de vivre pleinement mes passions. Je suis massothérapeute et j'adore le sport : ski alpin, voile, marche, vélo en tandem. Je suis aussi passionné par la radio (CB, PMR 446) et la musique, avec des goûts variés allant du blues au rock'n'roll en passant par la chanson française. À travers ce blog, je partage mes aventures et mes découvertes.
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dimanche 18 octobre 2026
CB, PMR446, fréquences professionnelles : non de non, arrêtez de tout mélanger !
Il y a des jours où, en parcourant les groupes Facebook consacrés à la radiocommunication, je me demande sérieusement ce qui se passe dans le petit monde de la radio.
Entre ceux qui annoncent la mort de la CB, ceux qui ne jurent que par la puissance, ceux qui confondent toutes les bandes de fréquences et ceux qui viennent vous expliquer ce que vous avez le droit de faire sans même connaître votre situation, il y a parfois de quoi s'arracher les cheveux !
Comme diraient nos amis québécois : « J'suis tanné de ça ! Arrêtez donc de niaiser ! »
Alors aujourd'hui, j'ai envie de pousser un petit coup de gueule. Mais aussi, et surtout, d'expliquer quelques choses qui méritent de l'être.
Parce que la radio, ce n'est pas uniquement appuyer sur un bouton et parler dans un micro. C'est aussi comprendre son matériel, connaître les règles et respecter les autres utilisateurs.
La CB est morte ? Mais où êtes-vous donc passés ?
Je vois régulièrement passer des publications du genre :
« Il n'y a plus personne sur les 40 canaux ! »
« La CB, c'est terminé ! »
« Je crois que je vais tout arrêter ! »
Bon sang de bois, les gars ! Avant d'enterrer la CB, faudrait peut-être commencer par écouter les canaux réglementaires !
Parce que ce qui me fait doucement rigoler, c'est que certains de ceux qui se plaignent de ne plus entendre personne passent justement une bonne partie de leur temps sur les canaux supérieurs.
Alors forcément, si tout le monde déserte les 40 canaux habituels, il ne faut pas s'étonner qu'ils paraissent moins fréquentés !
Pour rappel, la CB classique dispose de 40 canaux allant de 26,965 à 27,405 MHz.
De mon côté, j'ai fait le choix de rester sur ces canaux. Mon President McKinley n'est pas débridé, et cela me convient parfaitement.
Est-ce que cela m'empêche de faire des contacts intéressants ? Absolument pas !
Quatre watts, et bonjour l'Autriche !
Le 14 juin 2025, j'ai raconté sur BlindPower un contact qui m'avait particulièrement marqué : un QSO entre Pully, en Suisse, et Vienne, en Autriche.
Le tout sur le canal 4 FM, avec mon President McKinley, mon antenne Boomerang et seulement 4 W !
Eh oui, messieurs !
Pas besoin d'un amplificateur capable de chauffer la cuisine pour réussir un beau contact DX.
Attention, je ne prétends pas qu'on peut joindre l'Autriche tous les matins avec 4 W. Les conditions de propagation jouent un rôle essentiel. L'antenne, son installation, l'environnement et la qualité de la réception comptent également.
Mais c'est justement ce que j'aimerais faire comprendre à ceux qui ne raisonnent qu'en watts.
La puissance peut aider dans certaines situations, évidemment. Mais elle ne fait pas tout.
Et surtout, une station qui arrive chez moi avec 80, 100 ou 200 W ne m'entendra pas nécessairement mieux lorsque je lui répondrai avec mes 4 W.
La radio fonctionne dans les deux sens !
Alors, s'il vous plaît, calmez-vous avec les amplificateurs, les fameux « tontons » et les chauffe-plats !
Sur les canaux partagés, laissez aussi une chance à ceux qui respectent les puissances réglementaires.
En CB, les limites usuelles sont de 4 W en AM et FM, et de 12 W PEP en BLU. Et non, posséder une licence radioamateur ne donne pas automatiquement le droit d'utiliser un émetteur décamétrique radioamateur modifié sur la bande CB.
Ce sont des cadres différents, qu'il ne faudrait pas confondre.
Le PMR446 : un demi-watt qui réserve des surprises
Passons maintenant au PMR446.
Là aussi, j'en vois de belles !
Certains arrivent avec des appareils programmables, des antennes non conformes, des puissances de 5, 8, voire 10 W, et parfois même des relais. Le tout en expliquant fièrement leurs installations dans les groupes.
Mais enfin, messieurs, le PMR446 n'est pas un terrain de jeu où toutes les modifications sont permises !
Il s'agit d'un service de radiocommunication accessible au public avec des appareils conformes, dont la puissance maximale est de 0,5 W de puissance apparente rayonnée et dont l'antenne doit respecter les exigences applicables.
Et savez-vous quoi ? Avec ce petit demi-watt, on peut déjà sacrément s'amuser !
J'en ai fait l'expérience avec mon Midland G9 Pro.
Depuis Pully, j'ai réalisé un contact avec mon ami Olivier, Oscar Bravo 76, qui se trouvait sur le toit de la station d'épuration de Vionnaz.
Près de 30 kilomètres !
Avec 0,5 W !
Alors oui, l'emplacement était favorable, le trajet radio bien dégagé, et les conditions s'y prêtaient. En UHF, le relief, les bâtiments et les obstacles peuvent considérablement réduire la portée.
Mais c'est précisément la preuve qu'avant de chercher davantage de puissance, il faut déjà comprendre comment les ondes se propagent.
Je ne suis pas contre les appareils performants. Je suis contre le fait de présenter des utilisations non conformes comme si elles étaient parfaitement normales.
Et je pense surtout aux débutants qui lisent ces publications.
Ce n'est pas parce que quelqu'un utilise un Baofeng programmable sur le PMR446, ou annonce fièrement ses 10 W, que cela devient légal. Il faut vérifier la conformité du matériel et les conditions d'utilisation.
En Suisse, une infraction à la réglementation des radiocommunications peut coûter cher. Alors autant éviter de donner de mauvaises idées aux nouveaux venus.
PMR446, réseaux professionnels et radioamateurs : ce n'est pas la même chose !
Voilà maintenant un autre sujet qui commence sérieusement à m'agacer.
Certains voient un portatif VHF ou UHF et s'empressent de vous annoncer :
« Attention, ce sont des fréquences professionnelles, tu n'as pas le droit ! »
Ou encore :
« Ce n'est pas du PMR446, donc c'est interdit ! »
Mais enfin, renseignez-vous avant de distribuer les amendes imaginaires !
Le terme PMR, pour Private Mobile Radio, désigne plus largement des systèmes de radiocommunication mobile privée, notamment utilisés dans le monde professionnel.
Le PMR446, lui, correspond à un usage bien défini, ouvert au public avec des appareils répondant à des conditions techniques particulières.
Quant aux radioamateurs, ils disposent de leur propre service radio, avec leurs bandes VHF, UHF et autres, ainsi que leurs qualifications et règles spécifiques.
Ce n'est pas parce que plusieurs appareils se ressemblent qu'ils relèvent du même régime !
Et il existe également des réseaux exploités par des associations dans le cadre de concessions ou d'autorisations spécifiques.
C'est justement le cas que je connais avec les Amis du Lac.
Les Amis du Lac : non, je n'utilise pas n'importe quelle fréquence !
Je possède notamment une Vertex VX-180, que j'utilise dans le cadre des activités des Amis du Lac.
Et régulièrement, lorsqu'on parle de ce genre d'appareil, il se trouve quelqu'un pour m'expliquer :
« Mais c'est de la VHF marine, c'est interdit en Suisse ! »
Ou :
« Ce sont des fréquences professionnelles, tu n'as pas le droit de les utiliser ! »
Merci, mais avant de juger, encore faudrait-il savoir de quoi on parle !
Les Amis du Lac disposent d'un cadre d'autorisation auprès de l'OFCOM pour leurs radiocommunications. Les membres habilités peuvent utiliser les fréquences prévues dans ce cadre, selon les conditions applicables.
Cela ne signifie évidemment pas que je peux émettre sur toutes les fréquences professionnelles, de secours ou maritimes qui me passent par la tête.
Je ne prétends pas avoir accès aux réseaux de la police, des pompiers ou de l'armée.
Mais il existe une différence fondamentale entre un usage non autorisé et un usage couvert par une concession.
Et il faut aussi distinguer l'écoute de l'émission, qui ne relèvent pas nécessairement des mêmes règles. Les conditions applicables aux communications de secours, à la REGA ou à la VHF marine doivent être examinées séparément.
Ce que je demande est pourtant simple : avant d'accuser quelqu'un, commencez par lui demander dans quel cadre il utilise sa radio !
Personnellement, je suis toujours prêt à expliquer ce que nous faisons.
Mais devoir constamment me justifier devant des personnes qui ont déjà décidé que j'étais dans l'illégalité, franchement, ça finit par me fatiguer.
La radio, ce n'est pas un téléphone !
Il y a aussi un point sur lequel je tiens beaucoup à insister : la manière de communiquer.
Lorsque je suis à terre, il m'arrive de jouer un peu le rôle de station centrale pour les Amis du Lac.
Prenons un exemple tout simple avec Romano 114, qui annonce sa destination.
— Romano 114 en direction de Clarens pour pique-nique et baignade, répond.
— Bien compris de Romano 156, direction Clarens pour pique-nique et baignade, répond.
— C'est juste, Romano 114, terminé.
Voilà !
Le bateau annonce sa destination et son activité. Je confirme que j'ai correctement compris. Il valide et termine la communication.
Trois interventions, une information transmise et aucune ambiguïté.
Est-ce un peu professionnel ? Peut-être. Mais sur un réseau destiné à la coordination, cette discipline est utile.
Écouter des échanges bien conduits peut d'ailleurs être formateur. On apprend à formuler un message, à le répéter correctement, à confirmer une information et à rester concis.
La radio n'est pas une conversation téléphonique où l'on peut monopoliser tranquillement la ligne sans penser aux autres.
On écoute, on parle clairement, on respecte les procédures du réseau utilisé et on laisse de la place aux autres stations.
Les codes Q et les expressions conventionnelles peuvent parfois raccourcir les échanges entre personnes qui les connaissent. Mais inutile d'en faire une collection pour impressionner les débutants : une phrase simple et comprise par tout le monde vaut mieux qu'un code mal utilisé.
Vous n'entendez personne ? Vérifiez déjà votre installation !
Autre remarque que je vois régulièrement :
« Je n'entends rien, donc il n'y a personne ! »
Ah bon ?
Ce n'est pas forcément aussi simple !
En CB, commencez par vérifier les réglages de votre poste, le squelch, le mode utilisé, l'antenne et son installation.
Regardez aussi où vous vous trouvez. Un bâtiment, une montagne, une installation mal dégagée ou des conditions de propagation défavorables peuvent modifier considérablement la réception.
En PMR446, il existe un piège supplémentaire : les codes CTCSS et DCS.
Certains utilisateurs pensent qu'ils créent des canaux privés. Ce n'est pas le cas !
Ils permettent surtout de filtrer les transmissions qui ouvrent le haut-parleur. Si vous avez activé un code et que l'autre station n'utilise pas le même, vous risquez de ne rien entendre alors qu'elle émet sur le canal.
De notre côté, en Suisse romande, nous utilisons volontiers le canal 12, car nous trouvons le canal 8 souvent encombré.
Et nous préférons généralement désactiver les filtres CTCSS et DCS pour ne pas masquer les communications présentes sur le canal.
Ce n'est pas une obligation pour tout le monde. C'est simplement une manière de procéder qui nous convient.
Mais avant de conclure que les ondes sont désertes, prenez donc le temps de vérifier votre matériel !
Aux débutants : posez vos questions !
Maintenant, j'aimerais m'adresser à celles et ceux qui découvrent la radio.
Vous avez acheté votre premier poste CB ou votre premier PMR446 ? Vous ne comprenez pas encore tous les réglages ? Vous avez peur de dire une bêtise au micro ?
Eh bien, posez vos questions !
Même celles qui vous paraissent les plus élémentaires.
Aucune question n'est idiote lorsqu'on cherche sincèrement à apprendre.
Si vous ne savez pas à quoi sert le squelch, demandez. Si vous ne comprenez pas les codes CTCSS et DCS, demandez. Si vous ne savez pas comment lancer un appel, demandez aussi !
Il faut expérimenter, écouter, essayer et être patient.
On ne devient pas un opérateur expérimenté en deux jours.
Je préfère largement aider un débutant qui cherche à comprendre que discuter pendant des heures avec quelqu'un qui connaît les règles et revendique fièrement le fait de ne pas les respecter.
Parce que, oui, il y a une énorme différence entre commettre une erreur par ignorance et choisir délibérément de faire n'importe quoi.
Et les administrateurs des groupes, dans tout ça ?
Je ne demande pas aux administrateurs de groupes Facebook de faire la police des ondes à longueur de journée.
Mais lorsqu'un membre présente une installation non conforme ou conseille à un débutant d'utiliser une puissance interdite, un rappel de la réglementation ne serait franchement pas de trop.
Cela ne fera probablement pas disparaître les mauvaises pratiques.
Mais au moins, les nouveaux venus pourront faire la différence entre ce qui est techniquement possible et ce qui est autorisé.
Quitte à fâcher quelques habitués !
La liberté de discuter de radiocommunication ne devrait pas signifier qu'on laisse circuler n'importe quel conseil sans jamais le remettre en question.
Et si on retrouvait simplement le plaisir de la radio ?
Je vais terminer avec une chose qui me paraît essentielle.
Je ne suis pas contre les radioamateurs. Je ne suis pas contre les cibistes qui aiment expérimenter. Je ne suis pas contre les gens qui possèdent du matériel coûteux, ni contre ceux qui souhaitent améliorer leur station.
Bien au contraire !
La radio est une passion formidable. Elle permet de faire des rencontres, de découvrir la technique, de communiquer à distance et parfois de vivre des moments franchement étonnants.
Je me souviendrai longtemps de mon contact avec Vienne en CB, comme de celui avec Olivier entre Pully et Vionnaz en PMR446.
Ce sont ces moments-là qui me plaisent.
Pas la course à celui qui possède le plus gros amplificateur.
Pas les concours de celui qui sait tout mieux que les autres.
Et encore moins les accusations lancées sans même prendre le temps de comprendre.
Alors, messieurs les donneurs de leçons, un petit effort !
Respectez les fréquences, les puissances et les autres utilisateurs. N'oubliez pas que les réglementations peuvent varier d'un pays à l'autre et d'un service radio à l'autre.
Et surtout, laissez les débutants apprendre tranquillement !
Quant à ceux qui annoncent régulièrement la mort de la CB, j'ai une petite suggestion : revenez donc écouter les 40 canaux avant de décréter qu'ils sont déserts !
Parce que nous sommes encore quelques-uns à y être, et à y faire de très beaux contacts.
La radio, ce n'est pas une affaire de watts à tout prix. C'est une affaire de propagation, de technique, de patience, de respect et, avant tout, de communication.
Non de non !
Et comme diraient nos amis québécois : arrêtez donc de niaiser, et faites de la radio !
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CB, PMR446, fréquences professionnelles : non de non, arrêtez de tout mélanger !
Il y a des jours où, en parcourant les groupes Facebook consacrés à la radiocommunication, je me demande sérieusement ce qui se passe dans l...
Bonjour Max, comme d habitude interessant de te lire! Je viens de rentrer de deux semaines de navigation avec du beau temps . On etait a Geneve pour qq jours. La on est de retour au Bouveret. Pour info, j ai eu un contact sur la fréquence des amis du lac de Nyon a La Tour de Peilz! Amitiés. Romano 154. Marc
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