dimanche 1 mars 2026

Payer quand on ne voit pas : la galère dont personne ne parle

Salut à tous, Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un sujet très concret, très quotidien… et pourtant presque jamais abordé : payer. On parle souvent d’accessibilité numérique, d’applications vocalisées, de smartphones adaptés. On parle parfois des transports. Mais payer ? Presque jamais. Dans un précédent article, j’expliquais à quel point retirer de l’argent liquide quand on est aveugle peut devenir un vrai parcours du combattant. Aujourd’hui, on va parler de l’étape suivante : le moment de sortir le portefeuille. Et là aussi… il y a beaucoup à dire. 💳 La carte bancaire : simple en théorie Sur le papier, payer par carte semble être la solution idéale. On pose la carte. On tape son code. C’est réglé. Sauf que dans la réalité, ce n’est pas toujours aussi simple. Les terminaux tactiles De plus en plus de commerçants utilisent des terminaux entièrement tactiles. 4 Ces appareils n’ont parfois aucune touche physique. Tout est lisse. Tout est plat. Pour une personne voyante, aucun problème. Pour une personne aveugle, c’est une autre histoire. Comment localiser les chiffres ? Comment être sûr de ne pas se tromper ? Comment savoir si le terminal est prêt ? On peut demander de l’aide au commerçant. Bien sûr. Mais cela implique souvent de dicter son code… ce qui pose un énorme problème de sécurité et d’intimité. Et non, donner son code à un inconnu n’est pas une solution acceptable. Le sans contact ? On pourrait penser que le paiement sans contact règle tout. Oui… mais seulement en dessous d’un certain montant. Au-delà, le code est demandé. Et on revient au problème initial. 💵 Le paiement en espèces : pas si simple non plus On pourrait croire que le cash est plus facile. Après tout, les billets ont des tailles différentes. Mais dans la pratique, ce n’est pas si évident. Les billets en euros 4 Les billets en euro ont effectivement des tailles différentes. Mais distinguer un 10 d’un 20 uniquement au toucher demande de l’habitude. Et dans le stress d’une caisse, avec du bruit autour, ce n’est pas toujours évident. Les billets en francs suisses 4 Les billets suisses sont mieux pensés, avec des différences tactiles plus marquées. Mais cela reste subtil. Il existe des petits lecteurs électroniques qui annoncent la valeur du billet. Problème : certains ne sont plus compatibles avec les nouvelles séries. Et encore faut-il penser à l’avoir sur soi… chargé. En plus, les billets peuvent être pliés, froissés, mélangés. Et à la caisse, on n’a pas toujours le temps de tout vérifier calmement. 📱 Le paiement par téléphone : la solution miracle ? Apple Pay, Google Pay, Samsung Pay… En théorie, c’est parfait. On approche le téléphone. Ça vibre. C’est payé. Mais là encore, tout dépend du terminal du commerçant. 4 Certains terminaux ne sont pas compatibles. Parfois le sans contact est désactivé. Parfois il faut quand même valider sur l’écran du terminal. Et si le commerçant ne connaît pas bien son appareil, cela peut vite devenir un moment gênant, où l’on a l’impression de déranger. La réalité : aveugle et argent, c’est compliqué Quand on ne voit pas : Payer par carte peut devenir stressant. Payer en espèces demande une organisation constante. Payer par téléphone dépend du matériel du commerçant. On doit sans cesse anticiper. Vérifier. Demander. S’adapter. Ce ne sont pas de « grands » problèmes. Mais ce sont des difficultés quotidiennes, répétées, invisibles pour les autres. Et c’est peut-être ça le plus frustrant : personne n’en parle vraiment. Et vous ? Si vous êtes concerné(e) par ces situations, que vous soyez aveugle, malvoyant(e), ou simplement sensible aux questions d’accessibilité… Comment ça se passe pour vous ? Carte ? Cash ? Téléphone ? Autre solution ? Je serais vraiment curieux de lire vos expériences. À très vite.

mardi 10 février 2026

Skier sans voir : guidage, ordres, voix… et même les remontées mécaniques

Salut à toutes et à tous, Aujourd’hui, on reparle de ski. Parce que non, je ne vous ai pas encore tout dit ! Dans un premier article 👉 https://blindpower.blogspot.com/2026/01/skier-sans-voir-comment-ca-se-passe-et.html je vous parlais des bases, de comment j’ai commencé, et de la découverte du ski quand on ne voit pas ou mal. Cette fois, on va entrer dans des choses plus techniques : le guidage, les mots, les ordres, la voix, et tout ce qu’elle peut transmettre comme informations utiles pendant une descente… et aussi parler des remontées mécaniques, parce que le ski, ce n’est clairement pas que la descente. Allez, entrons dans le vif du sujet. Skier quand on ne voit pas ou mal : le guide est indispensable Pour skier quand on ne voit pas ou mal, il faut un ou une guide. Ce n’est pas une option, c’est indispensable si on veut skier sans se mettre en danger. Le cas des personnes malvoyantes Dans le cas des personnes malvoyantes, le ou la guide est généralement devant, dans le champ de vision, plus ou moins loin selon le degré de vision. Il ou elle accompagne les virages avec des ordres simples comme : gauche droite en avant halt pour s’arrêter normalement Le mot “stop” est réservé aux situations de danger immédiat. Il arrive aussi que le guide se place à côté de la personne guidée et prenne le bâton juste sous la poignée, par exemple : sur un chemin étroit, dans un passage délicat, ou pour un schuss. Tout dépend : du degré de vision, du terrain, de la vitesse, et du niveau de la personne malvoyante. Le cas des skieurs aveugles Pour une personne aveugle, le guidage est différent. Le ou la guide se place derrière la personne guidée, et le guidage se fait entièrement à la voix. Le guide ne montre pas la piste : il accompagne, surveille la trajectoire, anticipe et corrige si nécessaire. Les ordres de base restent : gauche droite en avant halt pour demander un arrêt normal Le mot “stop” n’est utilisé qu’en cas de danger, lorsqu’un arrêt immédiat est nécessaire. Pour un skieur aveugle, le guidage est enrichi par des descriptions du terrain tout au long de la descente : cassure pour un changement de pente, raide, plus plat, dévers gauche ou dévers droite, piste étroite. La piste est ainsi racontée en permanence, ce qui permet de se la représenter mentalement. Une vraie langue : les ordres et la voix Le guidage à la voix n’est pas un flot de paroles. C’est une langue précise, rythmée, construite. La voix donne énormément d’informations : le rayon du virage, la vitesse souhaitée, l’urgence ou non d’une correction, la confiance. Un gauuuuche long ne veut pas dire la même chose qu’un gauche sec. La modulation permet de savoir exactement quoi faire, sans voir. Exemple concret : une séquence de descente guidée Pour vous donner une idée concrète, voici une séquence typique. On commence au bâton de guidage, puis on passe en libre si les conditions le permettent (piste large, régulière, peu de monde). — T’es prêt ? — Ouais ! — Ok, donne-moi le bâton gauche… on y va. Puis la descente : Cassure… je lâche… Gauuuuche… drrroiiiite… Gauuuuche… droiiite… Plus plat… Gauuuuuuche… Drrrrooiiiite… Gauuuuche… encore gauche… Grrrroiiiiite… Cassure… Droiiite… Gauuuuche… Bâton… laisse aller… Parfait, c’est plat… Gauche libre… Corrige à 1h… parfait… Cassure, plus étroit… Bâton, freine… on arrive au téléski. Pendant le libre, le guide continue à guider mentalement et reste toujours prêt à corriger ou reprendre si besoin. Non, les aveugles et malvoyants ne sont pas cantonnés aux pistes vertes Non, aveugle ou malvoyant ne veut pas dire pistes vertes ou bleues uniquement. Selon le niveau, l’expérience et la qualité du guidage, on peut skier : sur des bleues sportives, sur des rouges, et parfois même sur des noires. La difficulté ne dépend pas seulement de la pente, mais aussi : de la largeur, de la régularité, de l’état de la neige, et surtout du guidage et de la voix. Le ski, ce n’est pas que la descente : les remontées mécaniques On en parle peu, mais les remontées mécaniques sont souvent les moments les plus techniques. Les téléskis (pomalifts) Les téléskis demandent un guidage très précis. Le principe : le guide monte devant, demande au préposé de donner la perche le plus près possible derrière, le guide part en premier, puis le skieur. Pendant la montée : le guide vérifie que le skieur l’entend bien, surveille l’alignement, annonce ce qui arrive : au prochain pylône, ça monte plus, virage à droite, virage à gauche. Si nécessaire, on corrige légèrement à 1h ou 11h. À l’arrivée : soit le guide peut attraper la main ou le bras, soit tout se fait à la voix : 3… 2… 1… lâche à gauche ! L’objectif est toujours une sortie fluide et sécurisée. Le GRSA : un cadre essentiel Tout cela ne s’improvise pas. Le GRSA, fondé en 1969 par des pionniers, compte aujourd’hui plus de 200 membres actifs. Il organise : des camps, des week-ends, pour adultes et jeunes, partout en Suisse, tout au long de la saison. La semaine dernière encore, nous étions en camp à Champéry – Les Crosets. La formation des guides est sérieuse : 2 ans, environ 12 jours de guidage par saison, avec un vrai apprentissage du terrain, du langage et de la sécurité. 👉 Plus d’infos : https://www.grsa.ch Pour conclure Non, aveugle ne veut pas dire pistes vertes et bleues uniquement. Le guidage est une langue à part entière. La voix transmet énormément d’informations. Et le ski se vit dans toutes ses dimensions, descentes comme remontées. Je ne sais pas comment cela se pratique ailleurs (France, Québec, autres pays). Je serais très curieux de lire vos expériences et de découvrir d’autres pratiques. J’espère que cet article vous aura intéressés. Au plaisir de lire vos réactions !

mercredi 28 janvier 2026

Retirer de l’argent aujourd’hui : une vraie galère (et personne n’en parle)

Salut à toutes et à tous, Aujourd’hui, j’avais envie de parler d’un truc très simple en apparence… mais beaucoup moins dans la vraie vie : 👉 retirer de l’argent au bancomat ou au postomat. Parce que oui, on nous répète partout que “le paiement par carte, c’est plus simple”, que tout passe par les QR codes, les terminaux sans contact, le téléphone, la montre, le machin connecté. Au restaurant, dans les cafés, dans les transports, ça marche plutôt bien. Mais retirer du cash ? Aïe aïe aïe. Déjà, les automates ne se ressemblent jamais Premier problème : aucun appareil n’est identique. D’un bancomat à l’autre : l’endroit où insérer la carte change, la hauteur change, la disposition change, parfois c’est à gauche, parfois à droite, parfois en bas, parfois planqué derrière un rebord. 👉 Trouver la fente pour la carte devient déjà un premier challenge. Tu explores, tu tâtonnes, tu cherches… Bon, ça y est, tu l’as trouvée. Soulagement. Ah… c’est tactile 😐 Deuxième problème : l’écran tactile. Et là, grande question : Comment je fais, moi, avec ça ? Certains automates ont bien une sortie casque audio pour la synthèse vocale. Sur le papier, c’est parfait. Dans la réalité ? une fois sur deux, ça ne marche pas, ou ça démarre trop tard, ou la voix se coupe, ou elle ne se lance tout simplement pas. 👉 Résultat : aide extérieure obligatoire. Et franchement… Demander de l’aide à quelqu’un qu’on ne connaît pas, pour retirer de l’argent, ce n’est ni confortable, ni rassurant. On n’a pas envie de demander à n’importe qui. Et c’est normal. Le code PIN, ça va… mais après ? La composition du code, ça va encore : les touches sont en relief, on a nos repères, on sait faire. Mais si la synthèse vocale ne fonctionne pas, là… c’est le blocage total. Soit tu demandes de l’aide. Soit tu abandonnes. Et quand par miracle la voix fonctionne, il faut encore gérer la suite. Trouver l’argent… vite… très vite Là aussi, c’est jamais pareil : parfois le billet sort en bas, parfois sous l’écran, parfois à droite, parfois derrière une trappe qu’il faut tirer. Généralement, le billet sort en bas du panneau de commande. Mais attention : 👉 il faut le prendre dans le bon ordre, et surtout dans le bon timing. Parce que : la carte ressort, les billets sortent, et si tu tardes à retirer l’un des deux… ➡️ la machine avale le reste. Et là, bon courage pour récupérer ta carte. Tout ça pendant que : tu essaies de comprendre ce qui se passe, tu écoutes une voix parfois mal réglée, tu gères ton stress, et que 12 personnes impatientes attendent derrière toi. Conclusion : le paiement par carte, oui… le cash, non merci Au final, on en arrive à ça : le paiement par carte est beaucoup plus simple, tout reste dans le portefeuille, pas de manipulation compliquée, pas de stress, pas de dépendance à une aide extérieure. Résultat ? 👉 Je me retrouve souvent sans cash, pas par choix, mais parce que le retirer est devenu une galère monumentale à gérer. Et franchement, quand on vit ça régulièrement, on finit par se dire : “Tant pis, je ferai sans.” Et vous ? Si vous aussi : vous avez galéré avec un distributeur de billets, vous avez vécu des situations absurdes, stressantes, humiliantes parfois, 👉 parlez-en en commentaire. Ça me ferait vraiment plaisir de lire vos expériences, et surtout de montrer que le problème ne vient pas des personnes, mais bien de dispositifs mal pensés, mal accessibles, et rarement testés dans la vraie vie. Merci de m’avoir lu 🙏

mercredi 21 janvier 2026

Skier sans voir : comment ça se passe, et comment on fait

Salut à tous,
Aujourd'hui, on parle de ski. Oui : de ski sans voir.

Allons droit au but.

Dans ma famille, on skie depuis toujours. Même mes grands-parents
skiaient. Alors forcément, moi aussi.
Mais pour moi, ça n'a pas été simple au début. Aucune école de ski ne
voulait m'apprendre. Personne ne voulait enseigner le ski à une
personne aveugle.
Alors mes parents ont décidé de le faire eux-mêmes.

Au début, je skiais avec un harnais. J'étais relié soit à ma mère,
soit à mon père, avec des cordes, et j'avais un triski pour éviter de
croiser les lattes.
Quand on tirait à droite, je tournais à droite. Quand on tirait à
gauche, je tournais à gauche. C'est comme ça que j'ai appris à tourner
et à freiner.

Petit à petit, on a enlevé le harnais. Avec la peur que j'avais de la
vitesse, je suivais toujours l'un de mes parents qui était devant moi
et qui criait :
« gauche », « droite », « tout droit », « ralentis ».
C'étaient les ordres de base.

J'ai skié longtemps comme ça. Vers 2008, j'ai compris que skier devant
était beaucoup plus sécurisant pour moi, mais en famille je restais
toujours derrière.

Je fais partie depuis 2001 du GRSA, le Groupement Romand des Skieurs
Aveugles et Malvoyants.
Pendant le Covid, j'ai invité un copain guide à venir skier avec moi,
et il m'a fait découvrir le kit moto pour le ski. Et là, ça a tout
changé.

Maintenant, en famille, je skie devant. J'ai le kit moto pour parler
avec mon guide si besoin, et c'est vraiment super utile.
Il y a d'ailleurs un article qui en parle ici :
https://blindpower.blogspot.com/2024/09/mon-equipement-radio-pour-le-ski.html

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Une journée de ski, concrètement

Je range toujours mes affaires de ski dans les mêmes endroits, pour
les retrouver facilement.
Quand on est prêts, on monte à pied depuis le chalet jusqu'au garage
pour mettre les chaussures de ski.

Une fois assis sur le banc, je mets les pieds près du sèche-chaussures
et je cherche les miennes au toucher.
Après ça, on prend les skis, les bâtons, le casque avec le micro
(sinon c'est la galère), et on va prendre les cabines.

Dans la cabine, on allume la radio, on vérifie qu'on s'entend bien.
Une fois en haut, on chausse les skis.

On commence toujours tranquillement, puis on accélère au fil de la
journée et des pistes.

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Mon niveau

Je dirais que j'ai un excellent niveau pour un skieur aveugle, mais je
ne skie pas pour me vanter.
Je préfère les pistes engagées et plutôt larges, pour pouvoir attaquer.
Par contre, si je peux éviter le dévers, je le fais.

Je skie surtout aux 4 Vallées, dans le secteur de La Tzoumaz. Je
connais les pistes par cœur.

Parmi mes préférées, il y a celle qu'on appelait le Saxon.
Il y a le télésiège du Saxon, un grand mur, puis un premier plat.
Après, un petit mur avec un léger dévers, puis un long plat.
Ensuite ça repart avec des mouvements de terrain, et les bords sont
assez larges pour jouer avec la piste.
La prairie qui mène à un autre télésiège est aussi super sympa.

Par contre, les plats, c'est une horreur pour moi, parce qu'on
n'entend plus rien.
J'ai fait tester la radio à ma mère une fois : elle skiait devant moi,
mais ça n'allait pas.
Alors je lui ai dit :
— Passe derrière moi.
— T'es sûr ?
— Oui, essaye.

Et en bas du télésiège, elle m'a dit :
— Ah oui… c'est pas mal, c'est même mieux.

Moi, j'ai aussi un faible pour les remontées archaïques : les vieilles
assiettes Poma, les vieilles cabines, les vieux télésièges… tout ce
qui fait du bruit.

Aujourd'hui, je peux faire des choses comme le Mont Fort, mais il faut
que ce soit bon et parfaitement accessible.
Le vallon d'Arbi, je peux le faire, mais je n'aime pas du tout.
Tortin, par contre, aucun problème, je me fais plaisir dessus.
Et une autre piste que j'adore, c'est la piste de l'Ours à Veysonnaz.

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Pour conclure

Oui, il est possible de skier sans la vue.

Mais petit message aux autres skieurs :
Ne passez pas entre nous trop près.
Lundi, j'ai cru que je me tuais parce que des gens skiaient comme des
bananes, trop vite, et passaient juste devant mes skis.

Voilà pour mon message.
À vous maintenant : réagissez, posez des questions si vous en avez.

mardi 20 janvier 2026

Le braille : une écriture essentielle qu’il ne faut pas laisser disparaître

🟢 Introduction Salut à tous, Aujourd’hui, j’aimerais vous parler du braille. On en parle de moins en moins, et pourtant il est en voie de disparition. Et c’est vraiment dommage, parce qu’il permet énormément de choses et qu’il reste fondamental pour beaucoup de personnes aveugles ou très malvoyantes. Mais d’abord, c’est quoi exactement le braille ? 🔵 C’est quoi le braille ? Le braille est une écriture en relief qui permet aux personnes aveugles et très malvoyantes de lire et d’écrire avec le toucher. On ne le lit pas avec les yeux, mais avec le bout des doigts. Chaque caractère est formé de petits points en relief, disposés de façon précise. Cette écriture a été inventée par Louis Braille. Il est né en 1809 et est devenu aveugle très jeune, à la suite d’un accident. À seulement 12 ans, il met au point un système inspiré d’un code militaire utilisé pour lire dans le noir sans lumière. Ce système, au départ, utilisait 12 points, mais il l’a simplifié pour créer le braille tel qu’on le connaît aujourd’hui. 🟣 Comment fonctionne le braille ? Le braille classique est basé sur une cellule de 6 points, répartis en deux colonnes de trois points : • colonne de gauche : points 1, 2, 3 • colonne de droite : points 4, 5, 6 En combinant ces six points, on peut créer toutes les lettres, les chiffres, les signes de ponctuation, et même des notations musicales, mathématiques ou scientifiques. 🟠 Comment écrivait-on le braille avant ? Au départ, on utilisait une tablette et un poinçon. On prenait une feuille de papier très épais, et on perçait les points avec le poinçon. Les caractères se formaient en miroir : il fallait donc écrire de droite à gauche pour que, une fois la feuille retournée, le braille soit lisible de gauche à droite avec les doigts. Ensuite est arrivée la machine Perkins. C’est une machine mécanique, comme une machine à écrire pour le braille. Elle possède six touches principales, correspondant aux six points du braille. En appuyant sur une ou plusieurs touches en même temps, on forme une lettre ou un signe. 🟡 Le braille et l’informatique Avec l’informatique, on a développé le braille à 8 points. On a ajouté deux points supplémentaires : – le point 7 sous le point 3 – le point 8 sous le point 6 Cela permet plus de combinaisons : majuscules, caractères spéciaux, informatique, programmation… Le braille s’adapte ainsi aux ordinateurs, aux plages braille et aux outils numériques. 🔴 Pourquoi le braille est moins utilisé aujourd’hui ? Avec la dictée vocale, les lecteurs d’écran et les assistants vocaux, beaucoup de personnes aveugles utilisent surtout l’audio. Les raisons principales : – la facilité de la voix – le braille est long et difficile à apprendre – quand la cécité arrive tard, l’envie d’apprendre manque parfois – manque de formation et de moyens Oui, le braille est difficile. Il demande du temps, de la patience et beaucoup d’entraînement. 🟤 Pourquoi le braille reste indispensable ? Le braille permet : – de lire et écrire seul – de travailler et d’étudier – de lire les boîtes de médicaments – de se repérer dans les gares, ascenseurs, bâtiments publics – d’avoir accès à l’information sans dépendre uniquement de l’audio Dans beaucoup de pays, la présence du braille dans les lieux publics est une obligation légale. ⚪ Mon expérience Personnellement, je n’aime pas lire de longs livres en braille. Mais je l’utilise pour le quotidien : repérer des lieux, lire des indications, reconnaître des objets, comprendre sans demander. Le braille, ce n’est pas une vieille écriture inutile. C’est une clé pour l’autonomie, la liberté et la dignité. 🟩 À vous la parole ! Et vous : Utilisez-vous le braille ? Pour quoi faire ? Lire, écrire, travailler, vous repérer, autre chose ? Dites-le en commentaire, je suis vraiment curieux de vous lire.

vendredi 9 janvier 2026

Voilà 2026

Salut à toutes et à tous, Avant toute chose, je tiens à exprimer tout mon soutien aux victimes de Crans-Montana, ainsi qu’à leurs familles et à leurs proches. C’était important pour moi de le dire, simplement. Voilà, nous y sommes : 2026. Une année de plus, c’est fait. Le temps avance, parfois vite, parfois lourdement, mais il avance. Ce billet est pour moi une manière de revenir sur les thèmes qui ont traversé ce blog, et surtout de vous remercier. Merci de me lire, même sans commenter. La lecture silencieuse compte autant que les mots écrits en retour. Ici, on a parlé de beaucoup de choses : de cécité, de voile, de radio, de cuisine, du lac, et de bien d’autres sujets encore. Rassurez-vous : on continue. Ce que je souhaite pour cette nouvelle année Pour 2026, j’aimerais avant tout plus de moments partagés. Avec la famille, les amis, en vrai, ou à la radio. À la maison, sur l’eau, sur les pistes de ski. Parce que les moments passés avec nos proches sont tellement importants. Ils nous ressourcent, nous recentrent, et nous rappellent ce qui compte vraiment. Je souhaite aussi que les rêves aient leur place. Rêver est essentiel. Rêver permet parfois de se retrouver, de tenir, de continuer. À plus grande échelle, j’aimerais voir moins de haine, moins de guerres, moins de conflits. Et puis, je souhaite que vos projets puissent se concrétiser. Un projet qui arrive à son terme, c’est une vraie satisfaction. Ça fait du bien, simplement. Pour terminer, je vous souhaite à toutes et à tous une bonne, une très bonne année 2026. Que vos rêves, vos projets et vos envies puissent, autant que possible, aller jusqu’au bout. Bonne année à vous, ainsi qu’à vos proches. Et merci de continuer à venir me lire, et à partager vos expériences.

Payer quand on ne voit pas : la galère dont personne ne parle

Salut à tous, Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un sujet très concret, très quotidien… et pourtant presque jamais abordé : payer. On par...